Repères automatiques — Ec 7,25; Ec 7,27; Ec 9,10
H2808
Recherche réfléchie d’un compte ou d’une explication, par examen des éléments.
L’Ecclésiaste parle souvent à partir d’une recherche vécue : observer, éprouver et tenter de comprendre ce qui arrive aux hommes. Cheshbon prend place dans ce mouvement. L’auteur dit chercher à connaître, puis examiner les choses une à une pour parvenir à un compte ou à une explication (Ecclésiaste 7.25,27). Le mot donne ainsi à la pensée une forme active. Comprendre n’est pas seulement posséder une idée ; c’est aussi regarder les éléments et essayer de les mettre en relation. Le livre laisse paraître les limites de cette recherche, sans que ces limites effacent sa réalité. Ecclésiaste 9.10 inscrit le compte et la réflexion parmi les activités de la vie présente, en les opposant à ce qui n’est plus possible dans le séjour des morts décrit. Le mot appartient donc à l’expérience humaine du discernement et du travail de l’esprit. La recherche avance par l’observation et la mise en relation des choses ; elle appartient à cette vie humaine dont le livre interroge le sens.
Cheshbon désigne une démarche de compte ou de réflexion qui cherche à établir ce qui peut être compris. Le mot garde un lien avec l’examen des éléments : on considère, on rapproche, on cherche un résultat. Dans Ecclésiaste 7.25,27, cette recherche accompagne le désir de connaître et l’examen d’une chose après l’autre. Le mot ne se réduit donc pas au calcul d’argent, même si l’idée de compte aide à sentir son fonctionnement. Il peut concerner la manière de comprendre les réalités humaines. Ecclésiaste 9.10 le place parmi les activités qui n’ont plus cours dans le séjour des morts évoqué par le passage. Le sens principal demeure celui d’un travail de réflexion ou de bilan. La phrase indique ensuite son objet et ses limites. Cette précision évite de faire du terme une « Raison » abstraite : il s’agit d’une recherche exercée, d’un compte que l’on tente d’établir dans l’expérience de la vie.
Le français « raison » peut désigner une faculté, une cause ou une justification. Pour cheshbon, « compte », « réflexion » ou « raisonnement » permettent de mieux garder l’idée d’une recherche qui examine des éléments. Le mot ne suppose pas un système philosophique complet. Ecclésiaste 7.27 donne un repère parlant : regarder une chose après l’autre afin de parvenir à une compréhension. Ce mouvement ressemble à l’établissement d’un bilan, mais il concerne ici les questions de la vie, et non seulement des chiffres. Le lecteur peut donc conserver le lien entre compter et réfléchir sans les confondre. Dans Ecclésiaste 9.10, le mot prend place parmi les activités humaines que le passage situe dans la vie présente. Cette variation confirme une portée assez générale de travail réfléchi. Elle n’autorise pas pour autant à remplacer chaque emploi par « intelligence » : le terme met l’accent sur l’examen ou le compte recherché, plutôt que sur la seule capacité d’une personne.
Le registre est celui de la recherche de compréhension. L’examen des éléments rapproche le compte et le raisonnement.
réflexion ; raisonnement
Garder le sens compte / raisonnement à partir de l’objet, des acteurs et de l’action effectivement décrits. Ne pas imposer une notion philosophique moderne de la Raison.
Ne pas imposer une notion philosophique moderne de la Raison.
H2809, nom propre Heshbon.
Nom hébreu masculin ; les trois emplois relient compte, examen et réflexion.