Remplir.
γεμίζω signifie remplir, rendre plein ou compléter un espace qui peut recevoir quelque chose. Le verbe décrit une action concrète : un contenu entre dans un contenant, une maison, une mesure ou un lieu, jusqu’à produire l’état de plénitude. Dans Lc 14,23, l’objet n’est pas un récipient matériel mais la maison du maître : « afin que ma maison soit remplie ». Le co-texte de la parabole oriente donc le mot vers l’idée d’un lieu occupé par des invités. Il ne faut pas le transformer en métaphore vague sans observer l’objectif de la phrase. Le maître veut que les places vides soient prises; le remplissage correspond à l’entrée effective des personnes appelées. γεμίζω met ainsi en relation un manque initial et un résultat recherché : il reste de la place, puis la maison doit être pleine. La logique du verbe est celle d’un mouvement vers la complétude. Dans cette scène, il soutient la progression de l’invitation : premiers refus, nouveaux invités, puis insistance pour que la maison ne demeure pas vide. Le mot souligne donc le but du maître plus que l’état psychologique des invités.
Dans l’univers biblique, remplir une maison ou un lieu peut évoquer l’abondance, l’achèvement d’un dessein et la présence d’un peuple rassemblé. Le langage du remplissage n’est pas seulement quantitatif; il indique souvent qu’un espace atteint la fonction pour laquelle il est prévu. Une maison vide n’accomplit pas le but d’un festin; une maison remplie manifeste que l’invitation a produit son effet. En Lc 14,23, γεμίζω s’inscrit dans le cadre du banquet : le maître ne veut pas seulement offrir de la nourriture, il veut une maison remplie de convives. L’arrière-plan biblique des repas, de l’accueil et du rassemblement aide à entendre cette plénitude comme un accomplissement narratif. Le mot ne désigne pas ici un remplissage intérieur ou mystique. Il parle du lieu du festin, ouvert après le refus des premiers invités. La pensée biblique attache aussi de l’importance à la maison comme espace de relation, de table et d’hospitalité. Remplir la maison signifie donc que les places disponibles sont occupées par ceux que le maître fait entrer. La nuance vient du co-texte : le remplissage est le résultat voulu de l’invitation élargie.
Pour un lecteur moderne, « remplir » peut être compris comme une simple donnée numérique : atteindre une capacité maximale. Dans Lc 14,23, γεμίζω est plus précis parce qu’il se trouve dans une parabole de festin. La maison n’est pas remplie d’objets, mais de personnes invitées et amenées à entrer. Le mot garde cependant son sens concret : rendre plein un lieu qui avait encore de la place. Le contresens serait de spiritualiser immédiatement le verbe en parlant d’un sentiment intérieur ou d’une expérience personnelle. Ici, le complément « ma maison » fixe le sens : il s’agit de l’espace du banquet. Un autre contresens serait de détacher le mot de la progression du récit. Le maître a déjà reçu des refus; il a déjà fait entrer pauvres, infirmes, aveugles et boiteux; il reste encore de la place. γεμίζω exprime alors le but de l’ordre suivant : faire entrer d’autres personnes afin que la maison soit pleine. La clarification principale est donc contextuelle. Le mot parle d’un résultat visible dans le récit : les places vides sont occupées. Il sert à montrer la volonté du maître que le festin ne reste pas partiellement déserté malgré les excuses des premiers invités.
Dans le texte, remplir désigne l’action de rendre plein un récipient ou un lieu, le sens étant précisé par l’objet concerné.
Action de remplir un récipient/lieu; le sens se précise par l’objet dans la péricope de Marc où il apparaît.
Sur-interpréter en sens spirituel sans indice; oublier le complément (de quoi?).
Décrit le fait de rendre plein un récipient/lieu; souvent très concret.
vider; vider complètement
remplir; combler; rendre plein
πληρόω (accomplir / remplir) : peut être plus figuré (accomplissement). γέμω/γεμίζω vise souvent le remplissage concret.
remplir
Mc 15,36 (si présent selon vos données); Ap 8,5 (exemple d’usage)
G1072
gemizō
Option A : remplir un récipient ou un objet concret. Option B : remplir un lieu par la présence de personnes. En Lc 14,23, le complément « ma maison » et le cadre du grand festin imposent l’option B. L’indice textuel principal est aussi la phrase précédente : « il y a encore de la place », ce qui montre que le remplissage concerne les places du banquet. Ne pas spiritualiser le verbe sans indice; il sert ici la logique narrative de l’invitation élargie.
- Remplir = rendre plein; la nuance exacte dépend de l’objet (éponge, récipient, etc.). - Souvent geste préparatoire avant une action (donner/asperger/jeter).
Registre concret (contenants) : action de remplir un récipient/lieu. Dans les récits, sert souvent à décrire un geste préparatoire avant une action (jeter, apporter, etc.).