Rupture; déchirure; brèche
ῥῆγμα désigne une déchirure/rupture : une ouverture créée par un objet qui se rompt. Dans les paraboles (Mt 9; Mc 2), la logique est causale : tissu neuf sur vieux → traction → déchirure plus grande; vin nouveau dans vieilles outres → rupture. Le mot sert donc à exprimer une conséquence : l’incompatibilité produit une perte aggravée. Le grec rend la scène très concrète : ce n’est pas “un problème”, c’est une déchirure visible, un dommage irréversible. Ainsi, ῥῆγμα est un terme de sagesse pratique au service d’un enseignement : on ne mélange pas l’ancien cadre et la nouveauté du Royaume sans rupture. Le mot fonctionne comme avertissement : une mauvaise combinaison détruit les deux (vêtement + pièce / vin + outre). La logique est : incompatibilité → tension → rupture → perte. ῥῆγμα rend donc sensible la gravité : on perd plus en essayant de “rafistoler” sans discernement.
La pensée biblique utilise des images concrètes pour enseigner la sagesse : vêtements, vin, outres. L’arrière-plan d’alliance connaît aussi la tension ancien/nouveau : Dieu promet un cœur nouveau, une alliance renouvelée. La “déchirure” devient alors image d’incompatibilité : on ne peut pas simplement coller la nouveauté de Dieu sur un cadre ancien sans transformation. L’image dominante est celle du rafistolage qui échoue : on veut garder l’ancien intact tout en ajoutant le nouveau, et cela casse. Dans la logique prophétique, la transformation est nécessaire : Dieu ne fait pas un patch cosmétique; il renouvelle. ῥῆγμα sert donc à faire sentir l’urgence : si l’on refuse le renouvellement, on produit une rupture et une perte. Cela aide à lire Jésus comme celui qui apporte la nouveauté du Royaume, demandant des “outres neuves” (cœurs et structures renouvelés).
On peut entendre “ruine” comme une hyperbole. Le mot ῥῆγμα décrit une rupture concrète : un objet se déchire, et on perd. Clarification : Jésus l’emploie pour enseigner une incompatibilité : essayer de maintenir l’ancien cadre tout en y ajoutant la nouveauté du Royaume produit une perte plus grande. Le contresens serait de réduire cela à un conseil de couture; c’est une parabole sur la réception de la nouveauté de Dieu. Le mot aide donc à comprendre l’avertissement : un compromis mal compris casse tout. Il invite à un renouvellement réel (outres neuves) plutôt qu’à un rafistolage. Ainsi, ῥῆγμα est l’image d’un dommage qui révèle une incohérence plus profonde.
Nom : rupture/déchirure, brèche. Désigne une fissure ou une déchirure; dans les paraboles (outres), exprime la rupture qui fait tout perdre.
Mt 9,16; Mc 2,21 : ῥῆγμα signifie déchirure/rupture, utilisée dans l’image de l’incompatibilité ancien/nouveau (déchirure aggravée).
Ne pas le réduire à un concept abstrait : c’est un dommage concret (ça se déchire/ça se rompt). Ne pas oublier le lien avec la parabole : l’image sert la question ancien/nouveau, pas seulement la couture. Ne pas confondre avec σχίσμα (division/déchirure, souvent communautaire) : ici, l’accent est sur la rupture matérielle.
Terme lié aux images de Jésus sur l’ancien et le nouveau : une “déchirure”/rupture qui aggrave la perte quand on mélange des éléments incompatibles.
intégrité; solidité; réparation
brèche; fissure; déchirure; rupture
σχίσμα (déchirure/division) ; ῥήγνυμι (rompre, verbe) ; σχίζω (fendre).
ruine
Mt 9,16; Mc 2,21
G4485
rhēgma — « règ-ma » (approx.)
rhegma
Registre matériel et de dommage : brèche, fissure, déchirure (rupture d’un objet). Dans le NT, apparaît notamment dans l’image des outres : un contenant qui se rompt, entraînant une perte réelle.