Grec : Σαμαρίτης (Samareitēs) = « Samaritain ».
Σαμαρίτης désigne une identité sociale/religieuse. Dans Lc 10, la logique de la parabole dépend du choc : un prêtre puis un lévite passent, mais un Samaritain s’arrête, voit, est ému, agit. Le mot sert donc à créer un renversement : celui que l’on attendrait “hors du cercle” devient l’exemple de l’amour du prochain. Le grec utilise l’étiquette pour mettre à nu les catégories : proximité religieuse ≠ compassion; compassion ≠ appartenance sociale. Ainsi, Σαμαρίτης fonctionne comme pivot rhétorique : il force le lecteur à redéfinir “prochain”. Dans Jn 4 et Lc 17, l’identité Samaritaine souligne aussi la barrière : dialogue surprenant, gratitude inattendue. Le mot sert donc l’argument du Royaume : la grâce traverse les frontières, et le vrai culte se voit dans la foi et la miséricorde. Il rend visible le conflit culturel, puis montre la victoire de la compassion.
L’arrière-plan biblique connaît le thème de l’étranger et du proche : la Torah commande d’aimer l’étranger, et les prophètes dénoncent une religiosité sans justice. La parabole du Samaritain s’inscrit dans cette logique : la compassion est le signe de l’alliance vécue. Le “Samaritain” représente l’autre, celui qu’on exclut; le récit montre que Dieu regarde le cœur, pas l’étiquette. L’image dominante est celle du shalom rendu à un blessé : on soigne, on restaure, on paie. Cela résonne avec la justice biblique (mishpat/hesed) : agir pour le faible. Ainsi, le mot met en scène un renversement prophétique : ceux qui ont le rôle religieux peuvent manquer l’essentiel, tandis que l’étranger fait la volonté de Dieu. Cela prépare une compréhension du Royaume : Dieu rassemble au-delà des frontières, et la miséricorde révèle la vraie fidélité.
On emploie aujourd’hui “bon Samaritain” comme un simple synonyme de “personne gentille”. Le récit biblique est plus tranchant : un Samaritain (groupe en tension) devient l’exemple, ce qui renverse les catégories sociales et religieuses. Clarification : Jésus ne fait pas de politique ethnique; il montre que l’amour du prochain traverse les frontières et révèle le cœur. Le contresens serait de transformer cela en morale vague sans le choc du contexte. Le mot aide à percevoir la provocation : Dieu valorise la compassion plutôt que le statut. Il souligne aussi l’ouverture du Royaume : la grâce et la justice se manifestent là où on ne les attend pas. Ainsi, “Samaritain” devient une invitation à redéfinir le prochain et à imiter la miséricorde.
Nom : Samaritain, personne de Samarie (groupe voisin, en tension avec les Juifs). Dans l’Évangile, sert souvent à mettre en avant un renversement : un “étranger” devient modèle de compassion (Lc 10).
Selon le passage, Σαμαρίτης désigne un Samaritain (habitant de Samarie), souvent utilisé dans les récits pour souligner une barrière sociale et un renversement (compassion/foi inattendue).
Ne pas réduire à un stéréotype : le texte utilise la figure du Samaritain pour un renversement moral, pas pour nourrir un mépris. Ne pas faire d’histoire longue : rester sur le point du passage (barrière sociale + renversement). Ne pas oublier le contraste (prêtre/lévite vs Samaritain) quand c’est la parabole de Lc 10.
Figure d’un “étranger” qui devient modèle de compassion/foi (Lc 10; Lc 17) et révèle l’ouverture du Royaume.
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Samaritain
Σαμάρεια (Samarie, région) ; Ἰουδαῖος (Juif) : identités relationnelles dans le récit.
Samaritain
Lc 10,33; Lc 17,16; Jn 4,9
G4541
Samareitēs — « sa-ma-ré-i-tès » (approx.)
Samareites
Registre ethnique/religieux et relationnel : identité d’un groupe en tension historique avec les Juifs. Dans les récits de Jésus, l’étiquette “Samaritain” sert souvent à révéler le cœur (compassion vs religiosité) et à casser les frontières de proximité.