Sans intelligence; sans compréhension (discernement)
L’adjectif ἀσύνετος vise un défaut de discernement : ne pas saisir la relation entre l’enseignement entendu et sa portée. Dans Mt 15,16 et Mc 7,18, Jésus constate l’incompréhension et conduit vers le point central (le cœur) : rester au niveau du mécanisme (ce qui entre/sort) au lieu de suivre le raisonnement (ce qui souille vient de l’intérieur). Le mot est un diagnostic pédagogique et ciblé : “vous n’avez pas encore intégré”, non une humiliation globale. La formule interrogative (“êtes-vous encore…?”) montre qu’il s’agit d’un apprentissage en cours : la compréhension demandée est progressive, et la question sert de levier pour déplacer l’attention. Enfin, ἀσύνετος marque ici un écart entre écoute et interprétation : les disciples ont entendu la parole, mais n’en ont pas encore saisi l’architecture logique (du dehors vers le dedans).
Dans l’AT, comprendre est lié au cœur (lev) : un cœur intelligent reçoit la sagesse et marche dans les voies de Dieu. L’incompréhension n’est pas seulement intellectuelle : elle peut révéler une résistance à laisser la Parole reconfigurer les catégories de pureté/impureté. Jésus appelle à une sagesse qui va au fond (cœur) et rejoint la finalité de la loi : un peuple au cœur pur, pas une religion externe. La pensée sémitique rappelle aussi que l’impureté biblique n’est pas un simple état “technique” : elle touche la relation à Dieu et à l’autre; c’est pourquoi Jésus insiste sur les sources intérieures. Ainsi, l’adjectif met le projecteur sur l’alliance vécue : comprendre, c’est laisser Dieu former un cœur vrai, pas seulement maîtriser des règles.
Aujourd’hui “sans intelligence” peut sonner comme une insulte (QI). Ici, c’est une incompréhension spirituelle : l’écart entre entendre des mots et saisir ce que Dieu révèle. Jésus confronte une lecture superficielle pour ouvrir une maturité : relire la pureté et le péché à partir du cœur. On peut être instruit et rester ἀσύνετος si l’on refuse le déplacement intérieur que l’Évangile demande. Clarification supplémentaire : le texte n’encourage pas le mépris de soi, mais la lucidité; il invite à passer d’une foi “réglementaire” à une foi “transformante”. Et il offre un critère moderne de discernement : ce qui compte n’est pas seulement ce que l’on consomme ou pratique extérieurement, mais ce qui sort du cœur et façonne réellement les relations.
Sans intelligence / sans compréhension : manque de discernement (souvent spirituel ou moral), malgré une information reçue. (Mt 15,16)
Dans Mt 15,16, Jésus reprend les disciples : ils ont entendu l’enseignement et vu les faits, mais ne saisissent pas encore la logique spirituelle de ses paroles. Le terme vise une incompréhension persistante, pas un simple manque d’instruction.
Ne pas confondre avec un manque d’instruction scolaire : il s’agit souvent d’un manque de compréhension spirituelle (endurcissement, aveuglement).
Mt 15,16; Mc 7,18 : reproche de Jésus aux disciples (“encore sans intelligence ?”). Rm 1,21 : cœur sans intelligence obscurci. Rm 10,19 : “nation sans intelligence” (citation).
sage; intelligent; perspicace
sans intelligence; dépourvu de compréhension; insensé (selon contexte)
anoētos (insensé) : proche; sophos (sage) : opposé.
sans intelligence
Mt 15,16; Mc 7,18; Rm 1,21; Rm 10,19
G0801
a- (négation) + sunetos (intelligent) (selon lueur)
as-oon'-ay-tos
asunetos
Ici (Mt 15,16), le mot est contraint par le co-texte : Jésus vient d’expliquer que la souillure vient du cœur (15,10–20) et demande si les disciples comprennent encore pas. Le sens retenu n’est pas “bête” au sens scolaire, mais “ne pas saisir / ne pas discerner” ce que Jésus vient de dire. Option A : manque de compréhension intellectuelle; Option B : manque de discernement spirituel — le reproche de Jésus et la logique du passage font pencher vers B.
Registre pédagogique / discernement : le mot décrit une incapacité à comprendre la logique d’un enseignement malgré l’écoute. Dans Mt 15, il se situe dans un registre spirituel/moral (compréhension du cœur et de la pureté), pas scolaire. Le contraste implicite est avec la compréhension humble qui “saisit” l’intention de Jésus.