Se retirer; se mettre à l’écart (momentanément)
Dans Lc 5,16, le verbe est au cœur d’un contraste narratif : plus Jésus est recherché, plus il choisit des moments de retrait. La structure est simple : (1) afflux des foules (v.15), (2) retrait de Jésus (v.16), (3) prière. Le grec met en valeur un mouvement répété (« il se retirait ») : ce n’est pas un acte exceptionnel mais une habitude. Le mot décrit une décision concrète qui protège la mission : Jésus ne laisse pas la foule dicter le programme. Il relie implicitement puissance et dépendance : guérisons et proclamation ne se vivent pas sans communion. Ainsi, le verbe sert la logique du récit : l’autorité de Jésus s’exerce, mais elle reste soumise au Père.
L’arrière-plan biblique associe le « désert » à un lieu de rencontre avec Dieu : dépouillement, écoute, dépendance. Le retrait n’est pas une fuite du monde mais un retour vers la source : Dieu conduit son serviteur, comme il a conduit Israël au désert. Cette logique protège contre une lecture « performance » : l’œuvre de Dieu se nourrit de la présence de Dieu. Dans l’AT, les prophètes se retirent parfois pour recevoir parole et direction, puis reviennent parler/agisser. Le geste de Jésus s’inscrit dans cette manière biblique : l’action publique vient d’une communion cachée. L’image sémitique du désert rappelle aussi la priorité du cœur : se tenir devant Dieu avant de répondre aux hommes.
On peut entendre « se retirer » comme une démission, une lassitude ou un mépris des besoins. Luc montre l’inverse : Jésus se retire justement au moment où la pression augmente. Clarification : le texte présente un rythme sain, où la prière n’est pas un supplément mais un pivot. Le retrait est temporaire et orienté : « il priait ». Ce n’est pas une technique de bien-être, mais une dépendance réelle du Père. Le passage corrige deux contresens occidentaux : (1) croire que l’efficacité exige d’être toujours disponible, (2) opposer action et prière. Ici, la prière rend l’action juste et durable.
Verbe de retrait : se retirer / se mettre à l’écart (pour solitude, repos, prière), sans notion d’abandon définitif.
Dans Lc 5,16, Jésus ne « fuit » pas les gens : il se met à l’écart pour prier. Le retrait souligne que son ministère est conduit par la communion avec le Père, pas par l’urgence de la foule.
Ne pas confondre « se retirer » (retrait provisoire) avec « abandonner » (rupture). Dans Lc 5,16, le retrait n’est pas du mépris des personnes, mais une priorité donnée à la prière.
Dans Luc, marque un retrait volontaire vers un lieu à l’écart (souvent lié à repos, prière, ou organisation de la mission).
rester; demeurer; s’exposer; s’attarder dans la foule
s’écarter; se retirer; se mettre à l’écart; s’isoler (momentanément)
Ne pas confondre avec des verbes d’abandon/désertion (laisser tomber), ni avec une retraite définitive. Ici : retrait temporaire au désert pour prier.
se retirer
Lc 5,16; Lc 9,10
G5298
hupochoreo — « hoop-okh-o-reh-o » (approx.)
hupochoreo
Ici le co-texte précise le sens : « dans les déserts, et priait » (Lc 5,16). Le verbe ne peut pas être réduit à « reculer » ou à une fuite : il décrit un mouvement volontaire vers l’écart, motivé par la prière. Parmi les options (« retourner en arrière » / « se retirer »), le complément de lieu (« déserts ») + l’action (« priait ») contraignent le sens : retrait vers la solitude. Le passage montre aussi que ce retrait coexiste avec un ministère public intense, donc il s’agit d’un rythme, non d’un abandon. On laisse donc le passage définir l’intention : prière et orientation de la mission, sans surinterpréter psychologiquement.
Registre spatial et relationnel : quitter la foule et se déplacer vers un lieu à l’écart. Dans Lc 5, le retrait sert la prière et préserve la mission de Jésus de la pression immédiate des demandes.