Importer; se soucier; “ça te concerne”.
μέλει exprime l’idée de “importer / compter pour / se soucier”, et dans Mc 4,38 la question “cela ne te fait-il rien ?” sert de reproche : les disciples interprètent le silence de Jésus comme indifférence. Le mot met en scène un jugement du cœur : ils évaluent l’amour à partir de l’urgence. Dans Mc 12,14, la formule “tu ne te soucies de personne” est au contraire un compliment stratégique (flatterie) pour piéger Jésus; le mot sert à construire une image d’impartialité. La logique de μέλει est donc relationnelle : il révèle ce que l’on pense de l’attention de l’autre, soit en plainte, soit en manipulation. Il oblige à distinguer “se soucier” (vraie compassion) et “donner l’impression de se soucier” (jeu rhétorique).
La Bible hébraïque parle du “souci” en termes de cœur partagé : ce qui pèse, ce qui détourne de la confiance. Les Psaumes opposent le tumulte intérieur à la paix donnée par Dieu : “remets ton sort à l’Éternel”. Dans la tempête (Mc 4), la question “cela ne t’importe pas ?” ressemble aux lamentations de l’AT (“jusqu’à quand ?”), où l’on interpelle Dieu en période de danger. L’arrière-plan sémitique montre que ce langage peut être une prière maladroite : un appel lancé dans la peur. Il révèle la tension entre la foi (Dieu veille) et l’expérience (nous périssons). Ainsi, “importer” touche au thème du soin de Dieu : Dieu se soucie de son peuple, même quand il semble dormir.
Le verbe “importer” met en lumière la question émotionnelle : “est-ce que tu t’en soucies ?”. Dans les récits, il révèle la peur et les attentes envers Jésus/Dieu. Lire ce mot aide à prendre au sérieux l’angoisse des disciples, mais aussi à voir la pédagogie : Jésus conduit à une foi plus profonde. Le mot invite aussi à discerner la flatterie (Mc 12) : dire “tu ne te soucies de personne” peut être un piège. Le contexte est déterminant.
Dans Marc 4, 38, μέλει désigne ce qui importe ou préoccupe les disciples, soulignant la nécessité d’y prêter attention.
Dans Marc, μέλει exprime ce qui “importe” ou “préoccupe” (reproche ou constat), selon la scène.
Traduire comme “aimer” ou “croire” : c’est plutôt la notion de préoccupation/importance. Bien garder l’impersonnel.
Exprime le souci ou l’importance accordée à une situation (“cela ne te fait rien ?”).
importer; concerner; se soucier; prendre souci
se soucier
Mc 4,38; Mc 12,14
G3199
melei
Le verbe est impersonnel : “il importe à …”. Règle : repérer le destinataire (à toi/à vous) et le ton (reproche, compassion). Dans Marc 4,38 : reproche “cela ne te fait rien…?”.
Mc 4,38 : reproche des disciples en pleine tempête. Mc 12,14 : flatterie “tu ne te mets pas en peine de personne”.
Registre souci/attention : ce qui compte, ce qui préoccupe. Dans Marc, peut exprimer un reproche de manque d’attention ou une interrogation sur la priorité accordée à une situation.