Selon; d’après; suivant; en conformité avec.
La préposition κατά (kata) paraît discrète, mais elle structure la logique : elle indique une référence, une norme, une manière, parfois une répartition, selon le complément. Dans Luc 12,54–56, Jésus décrit un raisonnement quotidien : on voit un nuage, on conclut qu’il va pleuvoir, et cela arrive. Autrement dit, on interprète d’après des indices. Kata soutient cette idée de lecture “selon” un repère. Le reproche de Jésus est une incohérence herméneutique : ils savent lire la nature selon des signes visibles, mais refusent de lire l’histoire selon le temps messianique présent. La pensée grecque consiste à suivre la chaîne : observation → interprétation → conclusion → responsabilité. Kata rappelle que toute conclusion suppose un critère : selon quoi juges-tu ? Le garde-fou est de ne pas négliger les mots-outils : ils sont l’ossature de l’argument. Le texte ne condamne pas l’intelligence; il dénonce un discernement mal orienté. Dans beaucoup de contextes du NT, kata introduit ce qui gouverne : “selon l’Esprit”, “selon la chair”, “selon les Écritures”. Ici, l’arrière-plan est similaire : le peuple choisit une norme (les signes météorologiques) mais refuse la norme plus décisive (la visitation de Dieu). Lire kata avec précision aide donc à entendre l’appel : réorienter la norme de jugement. Interpréter la vie selon Dieu, selon sa parole, selon son temps de grâce. Et agir. Car le passage mène à une exhortation urgente : se réconcilier en chemin avant d’arriver au juge. Ainsi, kata n’est pas seulement un lien grammatical : il met à nu la question du principe directeur. La foi biblique n’abolit pas la raison; elle appelle une raison soumise à Dieu. Ce petit mot fait donc avancer l’argument : vous savez conclure selon des indices; maintenant, concluez selon Dieu et répondez pendant qu’il est temps.
Dans l’arrière-plan biblique, “selon” renvoie à une marche : marcher selon les voies du Seigneur, selon l’alliance, selon la parole. Ce n’est pas neutre : c’est une orientation du cœur. Luc 12 montre un peuple capable de fonctionner selon des repères naturels, mais réticent à se régler selon la visitation de Dieu. Un mot de vie auprès de Dieu, ici, est d’accepter que la vie est toujours “selon” quelque chose. Nous nous conformons à une norme, même si elle n’est pas nommée : tradition, peur, désir, foule. L’AT avertit : vivre selon les nations conduit à l’idolâtrie; vivre selon Dieu conduit à la vie. Jésus reprend cette logique prophétique : le problème n’est pas l’absence de capacité, mais le refus d’obéir à ce que Dieu révèle maintenant. L’image juridique de la fin du passage (se réconcilier avant le juge) rejoint l’appel des prophètes : revenez pendant qu’il est temps. Pour un lecteur occidental moderne, cela éclaire notre relativisme : chacun choisit sa norme. L’Écriture affirme une norme vivante : Dieu parle, Dieu visite, Dieu appelle. Un mot de vie auprès de Dieu est donc : règle ton jugement selon Dieu aujourd’hui, pas demain. La sagesse biblique n’est pas seulement analyser, mais écouter et pratiquer. Kata, entendu dans cette perspective, devient une question d’alliance : selon qui vis-tu ? Selon quoi décides-tu ? Choisir Dieu comme norme produit une cohérence qui conduit à la paix, à la justice, et à la repentance vraie. Ainsi, le petit mot “selon” ouvre un grand appel : vivre selon Dieu.
Le contresens moderne serait de traiter κατά comme un simple détail de traduction. La clarification est que ces petits mots révèlent nos critères : ils indiquent selon quoi nous évaluons, décidons, interprétons. Dans Luc 12, Jésus met en scène une capacité humaine réelle : savoir conclure d’après des signes. Puis il confronte : pourquoi cette capacité ne s’applique-t-elle pas au discernement spirituel ? Pour aujourd’hui, kata devient une question pratique : selon quoi je vis ? Selon l’urgence des notifications, selon la comparaison, selon l’émotion du moment, selon la peur, ou selon Dieu ? Nous sommes experts en analyse (données, tendances), mais parfois pauvres en discernement moral. Jésus n’appelle pas à moins penser, mais à mieux penser : une interprétation selon le Royaume. Un autre contresens moderne serait de croire que la foi est irrationnelle. Le passage montre l’inverse : Jésus valorise l’interprétation, mais il demande qu’elle soit orientée. Kata peut donc soutenir une application concrète : choisir des repères bibliques pour les décisions quotidiennes. Selon quoi je juge un conflit ? Selon quoi je gère mon temps ? Selon quoi j’évalue mes priorités ? Enfin, l’enseignement se termine par l’urgence d’agir : se réconcilier en chemin. Cela corrige notre procrastination : si je reconnais selon Dieu ce qui est juste, je ne peux pas rester immobile. Ainsi, kata devient un mot de cohérence : vivre selon ce que l’on dit croire. Dans un monde instable, cette cohérence apporte une stabilité réelle. Le petit mot “selon” devient une invitation : aligner ses critères sur Dieu, discerner le temps, et répondre pendant qu’il est temps.
Préposition : « selon / d’après / à travers / contre » selon contexte. Très fréquente (p. ex. « selon l’Esprit »).
Dans Marc, κατά se traduit souvent ‘selon/d’après’, à préciser selon le complément.
N/A : mot-outil; la nuance vient du complément et du verbe.
Selon/d’après : marque la norme ou la manière. Dans Lc 12,54–59, la logique est “selon les signes” : conclure d’après des indices visibles, puis refuser de conclure d’après le temps messianique.
contre (selon contexte)
selon; d’après
dia (par) ; en (dans) : autres relations
selon
Lc 12,56
G2596
(préposition)
ka-TA
kata
Préposition flexible. Règle : repérer le complément : ‘selon’ (norme), ‘à travers’ (distribution), ‘le long de’ (spatial). Dans Marc, souvent ‘selon’ (d’après).
Peut indiquer la source d’autorité (‘selon Dieu/Écritures’) ou la manière (‘selon’).
Registre référence/norme : exprime une conformité (‘selon la volonté’, ‘selon les Écritures’) ou une répartition (‘selon…’). Dans Marc, sert de lien grammatical fréquent.