Lc 14,16–24; Lc 22,20; Ap 19,9
G1173
Souper, repas du soir ou banquet; dans Lc 14, le grand souper représente le festin préparé auquel les invités sont appelés à participer.
Dans l’univers biblique, le repas est un lieu de relation, d’accueil et de participation. Partager la table peut signifier paix, appartenance, honneur reçu ou communion offerte. L’Ancien Testament connaît les repas d’alliance, les repas de fête, la Pâque, et aussi les images prophétiques d’un banquet préparé par Dieu. Cet arrière-plan éclaire δεῖπνον dans Lc 14. Le souper n’est pas seulement une nourriture disponible; il est une invitation à entrer dans la maison du maître. La table donne une forme concrète à la participation. Le refus des premiers invités prend donc du poids, car refuser le souper revient à refuser l’accueil préparé. En même temps, le récit montre une maison à remplir par d’autres convives : pauvres, infirmes, aveugles, boiteux, puis personnes des chemins et des haies. Le mot s’inscrit ainsi dans un imaginaire biblique du rassemblement autour d’un repas. Il faut toutefois rester dans le passage : δεῖπνον désigne le banquet de la parabole, non toutes les tables bibliques à la fois. Son arrière-plan aide simplement à comprendre que la table est plus qu’un décor : elle représente l’accès réel au festin offert.
δεῖπνον désigne un souper, un repas principal ou un banquet. Le mot appartient au monde concret de la table : nourriture préparée, convives invités, maison ouverte, moment de participation. Dans Lc 14,16–24, il ne s’agit pas d’un repas ordinaire mentionné en passant, mais du centre de la parabole. Le maître prépare un grand souper, envoie appeler les invités, puis élargit l’invitation après leurs refus. La logique du mot est donc relationnelle et narrative : un repas existe pour être partagé. δεῖπνον met en présence un hôte, des invités et une participation possible. Le co-texte précise que le souper est déjà prêt; l’enjeu n’est pas la préparation du repas, mais la réponse à l’invitation. Le mot ne doit pas être isolé pour devenir un symbole vague. Il faut garder sa base concrète : un banquet où l’on entre, où l’on s’assoit, où l’on goûte. Mais dans la parabole, ce repas concret porte la tension entre invitation acceptée et invitation refusée. δεῖπνον sert donc à structurer l’ensemble du passage : appel, excuses, élargissement, maison remplie, exclusion finale des premiers invités.
Pour un lecteur moderne, « souper » peut évoquer un repas familial ou une habitude quotidienne sans grande portée. Dans Lc 14, δεῖπνον doit être lu comme un banquet préparé et organisé autour d’une invitation. Le mot ne désigne pas seulement le moment où l’on mange, mais l’ensemble de la scène : hôte, convives, table, maison, places disponibles, refus et participation. Le contresens serait de réduire la parabole à une histoire d’hospitalité sociale ou à une leçon sur les bonnes manières. Le co-texte part d’une parole sur le Royaume de Dieu et Jésus répond par l’image d’un grand souper. Le repas devient donc le cadre narratif où l’invitation est acceptée ou refusée. Un autre contresens serait de spiritualiser le mot au point d’oublier sa concrétude. δεῖπνον reste un repas : on vient, on entre, on goûte. C’est précisément cette réalité concrète qui donne sa force à l’image. Pour expliquer le mot, il faut donc parler d’un banquet prêt, offert, et destiné à être rempli de convives. Dans la parabole, le souper représente la participation au festin du maître, participation que les premiers invités perdent par leurs excuses.
Le mot active le registre de la table, de l’accueil et du banquet. En Lc 14, il fonctionne dans un cadre social d’invitation, de places disponibles, de convives et de refus. La parabole lui donne aussi une portée théologique, car le souper répond à la parole sur le bonheur de manger dans le Royaume de Dieu.
souper; repas; banquet; festin
Option A : repas du soir concret. Option B : banquet comme image de l’invitation au Royaume. En Lc 14,15–24, le cadre de parabole et la parole initiale sur le Royaume de Dieu orientent vers l’option B, sans supprimer le sens concret de repas. Les indices sont : « grand souper », « venez, car tout est déjà prêt », les invités, la maison à remplir, et la sentence « ne goûtera de mon souper ». Ne pas réduire le mot à un simple dîner privé; dans ce passage, le repas porte la logique de l’invitation et de la participation.