Être accompli / être pleinement réalisé (ou être pleinement convaincu, selon contexte).
Dans le prologue, le mot qualifie les “événements” : il exprime la pleine réalisation, comme quelque chose arrivé et achevé, non hypothétique. La logique est importante : Luc n’écrit pas sur des rumeurs en cours, mais sur des faits accomplis, déjà attestés et transmis. Le grec donne ainsi un ton de solidité : ce que Luc raconte est arrivé “pleinement”. Le verbe sert donc à renforcer l’argument de fiabilité du récit. Il relie aussi implicitement l’histoire de Jésus à l’idée d’accomplissement (Dieu mène ses desseins à terme).
L’arrière-plan biblique comprend l’histoire du salut comme accomplissement des promesses : Dieu dit, puis il fait. Les prophètes annoncent, puis Dieu visite et réalise. Parler d’événements “accomplis” rappelle cette logique d’alliance : Dieu est fidèle et agit dans le temps. Luc ouvre son Évangile sur cette note : ce qui arrive en Jésus n’est pas un accident, mais l’œuvre de Dieu réalisée. Cela résonne avec la pensée de l’AT : Dieu accomplit sa parole au milieu de son peuple.
On pourrait entendre « accomplis » comme un mot vague (“il s’est passé des choses”). Luc veut dire : des faits réels, achevés, vérifiables, qui forment une histoire cohérente. Clarification : l’Évangile raconte des événements accomplis, pas des impressions. Le mot aide aussi à lire l’histoire comme une réalisation du dessein de Dieu. Sans surcharger : ici, l’accent est sur la solidité des faits racontés.
Verbe : accomplir pleinement / rendre pleinement certain (selon contexte).
En Lc 1,1, l’objet est « les événements » : ce sont des faits pleinement réalisés (accomplis) parmi le peuple. Ce n’est pas ici la “pleine conviction” subjective, mais la solidité de ce qui s’est effectivement passé.
Ne pas confondre l’usage “accomplissement de faits” (Lc 1) avec “conviction intérieure” (Rm). Le contexte décide. Ici : faits accomplis parmi nous.
Lc 1,1 : événements accomplis. Rm 4,21; 14,5 : pleine conviction. 2 Tm 4,5.17 : accomplir pleinement / mener à terme.
inachever; interrompre; rester vague; incertain
accomplir; réaliser; mener à son terme; confirmer
Ne pas confondre Lc 1,1 (faits accomplis) avec Rm 4,21 (conviction). Même verbe, registre différent selon l’objet.
être accompli
Lc 1,1; Rm 4,21; Rm 14,5; 2 Tm 4,5; 2 Tm 4,17
G4135
πληροφορέω
plé-ro-fo-RÉ-ô (plerophoreō)
plerophoreo
Le mot a deux usages principaux : (1) événements “accomplis/pleinement réalisés” (Lc 1,1), (2) conviction “pleine” (Rm 4,21; 14,5). Dans Lc 1,1, l’objet est « les événements » : le sens est “ce qui s’est réalisé/ce que Dieu a mené à son terme parmi nous”. Donc ici, ne pas parler d’un sentiment intérieur mais de faits accomplis. Le prologue insiste sur la réalité historique et la fiabilité; le terme appuie cette idée d’accomplissement. Garder ce sens factuel.
- Lc 1,1 : « événements accomplis » = faits que Dieu a effectivement réalisés au milieu du peuple. Indice : “récit des événements… parmi nous”. - Rm 4,21 : “pleine conviction” = certitude intérieure. Le même verbe change de registre selon l’objet.
Registre accomplissement / réalisation : ce qui a été mené à son terme. Ici, cela renvoie aux actes de Dieu dans l’histoire (promesses réalisées, événements advenus) plutôt qu’à une émotion intérieure.