vengeance / justice rendue (rétribution; vindication)
Sans indications de sens déjà renseignées, une approche grecque sérieuse passe par la méthode : établir la valeur du terme à partir de ses occurrences, de sa morphologie et de son rôle dans le discours. La pensée grecque est attentive à la structure logique : quel type d’entité est visée (action, qualité, relation) et comment le mot s’insère dans l’argumentation (cause/effet, opposition, but, conséquence). Pour atteindre une profondeur utile, il faut relier le Strong à ses contextes (péricopes/versets), puis expliciter la nuance : registre rhétorique (exhortation, narration), registre conceptuel (éthique, relationnel, cultuel), et éventuels contrastes internes au passage. Sans ces éléments, produire un long texte serait artificiel; la profondeur grecque commence par la précision contextuelle. Une fois les occurrences identifiées, on peut rédiger une “pensée grecque” dense : (1) formulation du sens en contexte, (2) rôle dans la phrase et dans l’argument, (3) contraste avec d’autres termes voisins, (4) implication logique (ce que le texte fait conclure).
Dans une perspective sémitique, la profondeur vient de l’univers d’images et de l’alliance : les mots se comprennent dans un réseau de récits, de motifs (chemin, cœur, maison, sainteté, justice) et de réponses (Dieu parle/agît → le peuple répond). Sans contexte défini, la meilleure contribution est d’indiquer ce cadre : on cherchera comment le terme résonne avec l’AT (mots parallèles, usages dans la Loi, les Psaumes, les Prophètes) et quelles images concrètes il active. L’approche hébraïque évite l’abstraction : elle privilégie le concret, le relationnel et le communautaire. Quand les occurrences seront liées, on pourra enrichir en : (1) repérant les images récurrentes, (2) montrant l’enjeu d’alliance (fidélité/infidélité, bénédiction/jugement), (3) reliant le mot à la mémoire biblique (sortie, exil/retour, temple, sagesse).
Clarification moderne : tant que la fiche ne contient pas (au minimum) un “sens en contexte” fiable et des occurrences, il est impossible de produire une profondeur authentique sans risquer l’invention. La bonne pratique est donc : (1) retrouver les péricopes/versets (relations), (2) compléter “définition réelle en contexte” + “usage biblique”, (3) seulement ensuite écrire les trois pensées avec 2–3 paragraphes structurés chacune. La profondeur moderne = pertinence + prudence : expliquer clairement au lecteur contemporain ce que le terme fait dans le passage, sans anachronisme. Dès que le contexte sera disponible, on pourra donner : une clarification de vocabulaire (ce que le terme ne veut pas dire), un exemple d’application (lecture pastorale), et une mise en garde contre les contresens courants.
Nom : vengeance/justice rétributive — action de rendre justice, de réparer un tort (rétribution).
ἐκδίκησις = action de rendre justice (rétribution), réparation d’un tort. Peut viser la justice de Dieu (qui fait droit) ou une rétribution/jugement selon le passage.
Ne pas traduire automatiquement par “vengeance” au sens impulsif. Garder l’idée de justice rendue (droit rétabli).
Souvent dans un registre de justice/jugement : Dieu rend justice aux opprimés, rétribue le mal, et rétablit le droit. Peut aussi apparaître pour parler d’une ‘vengeance’ humaine à éviter ou à laisser à Dieu.
impunité; injustice; laisser-faire
justice rendue; rétribution; vindication; châtiment (selon contexte)
θυμός/ὀργή (colère) : émotion; ἐκδίκησις : acte de justice/rétribution.
vengeance
Lc 18,7-8; Rm 12,19; 2 Th 1,8
G1557
ἐκδίκησις
ekdikesis
Souvent il s’agit de “faire justice” (rendre droit), pas de vengeance personnelle. Le co-texte tranche : Dieu rend justice; l’humain ne doit pas se venger.
- Ce n’est pas d’abord ‘colère personnelle’, mais justice/vindication. - Le co-texte précise : justice pour les victimes, jugement des oppresseurs, ou appel à laisser Dieu agir.
Registre juridique/jugement : rendre justice, prononcer une sentence, réparer un tort. Dans le NT, le mot peut porter l’espérance que Dieu fera droit et mettra fin à l’injustice.