Vider; rendre vain/inutile; se dépouiller.
κενόω signifie vider, rendre vide, dépouiller, priver de contenu ou d’efficacité. Le verbe peut être concret (vider un récipient) ou figuratif (rendre sans effet, dépouiller). Dans Paul, l’usage le plus connu est christologique : Christ “s’est vidé” (s’est dépouillé), non en cessant d’être ce qu’il est, mais en renonçant à la gloire et aux privilèges visibles pour prendre la condition de serviteur. Logiquement, κενόω exprime une dynamique de renoncement : ce qui était plein de statut est rendu “vide” de prestige. Dans d’autres contextes, le verbe peut signifier “annuler” ou “rendre vain” (rendre la croix vide, par exemple), ce qui met l’accent sur l’efficacité : ce qui devait porter du fruit est vidé de sa force. Ainsi, κενόω sert soit à décrire un dépouillement volontaire, soit un vidage qui annule. En somme, κενόω désigne l’acte de rendre vide : dépouiller, priver, annuler; et dans le NT cela peut éclairer soit l’humilité du Messie, soit le danger de rendre l’Évangile sans force par des ajouts ou des distorsions.
La Bible connaît le thème du dépouillement et de l’abaissement : Dieu abaisse les orgueilleux et élève les humbles. La pensée sémitique comprend que la vraie grandeur est liée à l’humilité et au service. Même si κενόω est un verbe grec, son usage christologique résonne avec cette logique biblique : le serviteur se dépouille, renonce, s’abaisse. Les psaumes et les prophètes décrivent des serviteurs humiliés, et la sagesse appelle à l’humilité. Le thème du “vide” peut aussi évoquer la vanité : ce qui est vide est vain, sans substance. Cela rejoint l’usage figuratif : rendre une chose “vide”, c’est la rendre sans force. Dans le NT, dire que Christ s’est “vidé” s’inscrit dans l’inversion biblique : le Roi sert, le puissant s’abaisse. La pensée sémitique aide donc à entendre κενόω non comme perte d’être, mais comme renoncement au statut et à la gloire visible, pour accomplir le salut. Elle aide aussi à entendre l’autre usage : rendre l’Évangile “vide”, c’est le priver de sa puissance, ce qui est une vanité dangereuse.
Le mot “se vider” peut être mal compris comme une négation de soi ou une perte d’identité. κενόω, surtout en contexte christologique, décrit un dépouillement volontaire : renoncer aux privilèges visibles pour servir. Clarification : ce n’est pas un effacement de la personne, c’est une humilité active. Le terme aide aussi à comprendre une autre nuance : “rendre vain” ou “annuler” l’efficacité. En prédication exégétique, κενόω permet de tenir ensemble humilité et puissance : la voie du salut passe par l’abaissement du Messie. Cela corrige un contresens moderne où la puissance serait seulement domination. Le verbe montre une puissance paradoxale : se dépouiller pour sauver. Et il avertit : on peut “vider” l’Évangile de sa force par des distorsions. Le mot met donc en avant un double enjeu : humilité du Christ et préservation de la puissance du message.
Vider ou priver de force; utilisé aussi pour l’abaissement volontaire de Christ (Ph 2.7).
Soit priver quelque chose de sa puissance (promesse/foi/ croix), soit décrire l’auto-humiliation de Christ.
Ne pas faire dire «cesser d’être Dieu» en Ph 2.7: l’idée est l’abaissement, non une perte d’essence.
Employé pour décrire une «mise à vide» (d’un effet) ou un dépouillement volontaire.
remplir; fortifier; confirmer; établir
vider; dépouiller; annuler; rendre vain
κενός (kenos) = vide (adjectif) qui est la racine; ici l’action.
vider
Rom 4.14; 1 Co 1.17; Ph 2.7
G2758
κενός (kenos)
ken-o’-o
kenoo