Sion est appelée à se réveiller, car elle a bu de la main de l’Éternel la coupe de sa colère jusqu’à l’ivresse. Elle est affaiblie et désolée, sans personne pour la guider parmi ses fils. Deux calamités l’ont frappée : dévastation et destruction, famine et épée. Dieu annonce pourtant un retournement : il retire la coupe de la colère de la main de Sion. Cette coupe sera donnée à ceux qui l’ont humiliée et qui lui ont dit de se coucher pour être piétinée. Le passage promet ainsi la fin du jugement sur Sion et le transfert du châtiment sur ses oppresseurs.
Le texte interprète l’humiliation de Sion comme conséquence du jugement de Dieu (« coupe de colère »). L’absence de guide souligne la profondeur de la détresse : la ville est sans force et sans défense. Mais Dieu se présente comme celui qui a le droit de juger et aussi le pouvoir de relever : il retire la coupe et renverse la situation. La péricope vise à annoncer la restauration de Sion par une intervention souveraine de Dieu qui met fin à l’oppression et rétablit la justice.
Le motif de la coupe de la colère prépare la compréhension du NT où Jésus évoque la « coupe » dans sa souffrance (Lc 22,42). En Christ, Dieu traite le jugement et ouvre la voie à la consolation : la colère n’a pas le dernier mot sur le peuple racheté.
Jr 25,15–17; Za 12,2; Ap 14,10; Lc 22,42
Ce passage suit la promesse que Dieu libérera le captif et consolera son peuple (51,9–16). Il appelle Jérusalem à se réveiller, car elle a bu la coupe de la colère de l’Éternel (51,17). Il décrit l’absence de guide et de consolateur parmi ses fils (51,18). Il énumère les calamités : dévastation, destruction, famine et épée (51,19). Il décrit les fils de Sion gisant, remplis de la fureur de Dieu (51,20). Il annonce ensuite un renversement : Dieu ôte la coupe et la mettra dans la main des oppresseurs (51,21–23). Le passage suivant (52,1–15) appelle Sion à se revêtir, annonce la libération, et introduit l’élévation du Serviteur.
- Impératif : réveille-toi (v.17). - Motif de la coupe : coupe, calice, boire (v.17,22). - Répétition de l’absence d’aide : aucun pour guider/consoler (v.18–19). - Énumération des malheurs : dévastation, famine, épée (v.19). - Image du filet : pris comme une gazelle (v.20). - Renversement : ôter la coupe ↔ la donner aux oppresseurs (v.22–23).
- « Coupe » : image du jugement subi (v.17,22). - « Colère » : jugement de Dieu (v.17). - « Consolation » : ce qui manque puis revient par Dieu (v.19,22). - « Oppresseurs » : ceux qui recevront la coupe (v.23).
- Lire la coupe comme simple malchance : le texte l’attribue à la main de l’Éternel (v.17). - Penser que Dieu reste contre Sion : il annonce qu’il ôte la coupe (v.22). - Oublier la suite : cela prépare la proclamation du salut et du Serviteur (52–53).
La tension est entre une Jérusalem écrasée par la coupe de la colère et l’annonce que Dieu la retirera. La visée est de passer du jugement à l’espérance : Dieu mettra la coupe dans la main des oppresseurs. Le texte prépare la restauration et l’annonce du salut.
1) Appel : se réveiller, se lever; Sion a bu la coupe de colère (v.17). 2) Constat : absence de guide; enfants étendus; double malheur (v.18–20). 3) Tournant : “écoute” — Dieu prend la coupe et promet la fin de l’humiliation (v.21–22). 4) Renversement : la coupe passe aux oppresseurs (v.23).
1) Que représente l’image de la “coupe” dans le passage (v.17,22) ? 2) Qu’est-ce qui souligne l’impuissance de Sion (v.18–20) ? 3) Que change le fait que Dieu “prend la coupe” et la donne aux oppresseurs (v.22–23) ?
Le passage décrit Sion humiliée comme quelqu’un qui a bu une coupe de colère jusqu’à l’étourdissement. Il insiste sur l’impuissance : personne pour guider, les fils sont abattus. Puis Dieu parle : il prend la coupe des mains de Sion et promet que cette humiliation ne durera pas. Le jugement se renverse : la coupe est donnée aux oppresseurs. L’idée centrale : Dieu met une limite à la discipline et intervient pour sauver, en renversant l’oppression. Le texte prépare l’appel suivant : “réveille-toi… sors” (52).