Rencontrer
ἀπαντάω signifie rencontrer, aller à la rencontre, et le verbe porte souvent une nuance de face-à-face : deux trajectoires se croisent et une interaction commence. Dans les évangiles, il sert à structurer des scènes de confrontation ou de reconnaissance : quelqu’un vient vers Jésus, ou Jésus arrive et la rencontre déclenche un dialogue, une demande, parfois une crise. En Mt 8,28, les démonisés “rencontrent” Jésus : la rencontre n’est pas neutre, elle révèle immédiatement une opposition spirituelle et pose la question d’autorité. En Jn 11,20, Marthe va à la rencontre de Jésus : le verbe organise la scène en initiative, parole adressée, puis révélation (“Je suis la résurrection et la vie”). Le mot sert donc à marquer un seuil : avant la rencontre, on est dans l’attente ou la peur; après la rencontre, tout se reconfigure. ἀπαντάω donne une logique narrative : mouvement → rencontre → parole → décision, et rend lisible l’initiative humaine dans l’histoire du salut.
La Bible met souvent en scène la rencontre comme moment d’alliance : Dieu “vient” vers, appelle, et la personne répond. La pensée sémitique associe le face-à-face à la révélation du cœur : on rencontre Dieu et l’on est mis en vérité. Les récits de rencontre (patriarches, prophètes) montrent que la rencontre produit souvent une parole de promesse ou de correction. Ainsi, aller à la rencontre de Jésus dans Jean 11 se situe dans une logique de lamentation et de foi : la rencontre devient un lieu où la douleur est dite et où Dieu se révèle. Même les rencontres conflictuelles (Mt 8) s’inscrivent dans un schéma biblique : la présence de Dieu confronte l’impur et annonce la délivrance. Le mot peut donc évoquer un motif biblique : la visitation de Dieu et la réponse humaine.
On peut lire “rencontrer” comme un simple hasard narratif. Dans les évangiles, la rencontre est souvent chargée : elle expose un besoin, une opposition, ou une foi, et elle devient le lieu de la parole décisive. Clarification : la rencontre n’est pas automatiquement “positive”; Mt 8 montre une rencontre qui provoque une crise parce que Jésus est Seigneur. Dans Jn 11, la rencontre ne supprime pas la douleur, mais elle ouvre un espace de vérité et de révélation. Pour une préparation de prédication, le mot aide à suivre la logique du texte : qui prend l’initiative, quel dialogue s’ouvre, quel déplacement de compréhension se produit. On reste dans l’exégèse : la rencontre sert de charnière narrative pour faire émerger l’identité de Jésus et la nature du problème (peur, mort, oppression).
Rencontrer : aller à la rencontre, rencontrer. Souvent dans les récits (aller au-devant).
Rencontrer/aller au-devant : croiser, accueillir en allant à la rencontre.
Aplatir en « voir » ; ici l’idée de rencontre est importante.
Rencontres sur la route ; accueil ; scènes narratives.
éviter
rencontrer, aller au-devant
hypantaō : proche ; apantaō = rencontrer/aller au-devant
rencontrer
Mt 8.28; Jn 11.20; Ac 25.16
G0528
ἀπαντάω
a-pan-TA-ô
apantaō
Option A : rencontre fortuite (croiser quelqu’un). Option B : aller au-devant / accueillir en allant vers (rencontre intentionnelle). Le co-texte tranche par les verbes voisins (sortir, aller, venir), par l’initiative (qui se déplace vers qui) et par le but (accueillir, intercepter, répondre). Interdiction : ne pas réduire à “voir” ou “être là” : le verbe indique une rencontre réelle. On retient donc le sens qui correspond à l’initiative narrative (accueil intentionnel ou simple croisement).
- Lc 17,11–19 — v.12 : ἀπαντάω décrit la rencontre entre Jésus et les dix lépreux à l’entrée du bourg. Indice de co-texte : ils se tiennent à distance et élèvent la voix; la “rencontre” ouvre une scène de supplication et de réponse.
Registre narratif de déplacement et d’accueil : aller à la rencontre, croiser sur la route, accueillir quelqu’un en allant au-devant. Le verbe met en scène l’initiative d’une rencontre et structure la scène (qui va vers qui).