Renvoyer / expulser / chasser (faire partir par contrainte ou décision).
ἀπελαύνω est un verbe de déplacement forcé : il signifie chasser, conduire loin, expulser, renvoyer. La racine -ελαύνω est liée à l’idée de “pousser / faire avancer” (comme pousser un attelage), et le préfixe ἀπ- (“loin de”) intensifie la séparation. La logique grecque est donc directionnelle et coercitive : on ne “part” pas, on est “conduit au loin”. Ce verbe encode une relation de pouvoir : quelqu’un envoie, quelqu’un est renvoyé. Dans la narration, il sert à marquer une rupture nette : exclusion d’un lieu, séparation imposée, expulsion. Pour enrichir la compréhension, noter que le grec distingue plusieurs façons de “renvoyer” : renvoyer poliment, laisser partir, expulser. ἀπελαύνω se situe dans un registre plus dur : on éloigne. Le verbe porte donc un poids social : perte de place, rejet, contrainte. Il invite à regarder l’agent (qui expulse) et le contexte (justice, foule, décision). Linguistiquement, c’est un bon exemple de verbes préfixés qui décrivent finement la trajectoire et l’intention : ici, l’intention est de mettre à distance. Comprendre ἀπελαύνω donne un vocabulaire précis pour nommer l’exclusion comme acte, pas seulement comme sentiment ou opinion.
L’Ancien Testament connaît l’expulsion et le renvoi : chasser d’un lieu, bannir, éloigner quelqu’un de la communauté. Ces gestes ont une portée sociale et cultuelle : être renvoyé peut signifier perdre accès, protection, appartenance. Un verbe comme ἀπελαύνω s’entend donc dans cette réalité biblique : l’exclusion est un acte de pouvoir. L’arrière‑plan biblique rappelle aussi que Dieu peut “chasser” en jugement (exil), mais qu’il peut aussi “ramener” en grâce. Cela donne un cadre : l’éloignement n’est jamais neutre; il peut être discipline, injustice, ou conséquence. Le repère le plus utile est la justice de Dieu : il voit l’injustice des expulsions humaines et il ne confond pas pouvoir et vérité. La sagesse biblique enseigne aussi la protection de l’étranger et du faible, ceux qui peuvent être facilement “renvoyés”. Ainsi, ce verbe met en lumière une réalité sociale : des personnes peuvent être mises à distance par décision d’autrui. Sans expliquer une scène, le mot enrichit la compréhension de la fragilité humaine : l’appartenance peut être retirée par les puissants. Et il rappelle l’espérance biblique : Dieu, lui, sait rassembler et donner un refuge, même quand les hommes repoussent. Le vocabulaire d’expulsion devient un rappel de la valeur de la justice et de l’accueil dans l’alliance.
Nous traduisons parfois “renvoyer” de manière trop douce, comme si c’était un simple “dire au revoir”. ἀπελαύνω corrige : c’est un renvoi qui met à distance, souvent contraint. Le contresens moderne serait de minimiser la violence sociale du geste. L’autre contresens serait d’en faire automatiquement une persécution extrême. La clarification utile : le verbe décrit une exclusion, une expulsion, un éloignement imposé. Cela aide un prédicateur à mieux saisir la dimension relationnelle : être “renvoyé” peut signifier perdre accès à un lieu, à une protection, à un travail. Comprendre ce mot enrichit le vocabulaire pastoral sans faire d’application : il permet de nommer le phénomène de mise à l’écart. Il rappelle aussi que certains conflits ne sont pas de simples débats, mais des actes qui déplacent des personnes. Sur le plan de la lecture, ἀπελαύνω enseigne la précision : le texte choisit un verbe fort, donc il faut rendre la force. Enfin, il invite à distinguer plusieurs verbes proches : “laisser partir” n’est pas “expulser”. Cette nuance évite des contresens dans l’interprétation. Le mot offre un langage clair pour parler de l’autorité et de ses abus possibles, tout en restant descriptif : quelqu’un a été poussé au loin.
Action d’autorité : éloigner quelqu’un d’un lieu (conflit, ordre, tribunal).
Actes 18,16 : Gallion les fait expulser du tribunal; le verbe décrit un renvoi autoritaire qui met fin à l’affaire.
Ne pas spiritualiser (“rejet intérieur”) ; préciser qui expulse qui, et pourquoi, selon la scène.
Actes : décrit une expulsion/éloignement concret dans une situation de conflit ou d’autorité.
accueillir; garder; retenir (selon contexte)
expulser, chasser, renvoyer, faire sortir, éloigner
ἐκβάλλω (chasser/jeter dehors) : plus “expulser violemment” ; ἀπολύω (renvoyer/libérer) : relâcher ; ἐξάγω (emmener/dehors) : conduire hors de.
renvoya
Ac 18,16
G556
—
a-pe-lau-nô (approx.)
apelauno
Le co-texte doit préciser qui renvoie qui et pourquoi (refuser, expulser, écarter). Ne pas spiritualiser en “rejet intérieur” si le passage décrit une expulsion réelle. Règle : identifier l’autorité qui agit, la cible, et l’effet immédiat (sortir, être éloigné) pour fixer la nuance.
- Ac 18,16 — “renvoyer” : le co-texte (tribunal, Gallion) impose une expulsion/renvoi administratif : chasser hors du tribunal. - Nuance : action d’écarter quelqu’un d’un lieu/instance d’autorité, pas seulement “laisser partir” amicalement.
Registre autorité/expulsion : “renvoyer/chasser” décrit une action concrète d’éloignement (faire partir, expulser) exercée par une autorité ou une foule. Dans Actes, cela peut apparaître dans des scènes de conflit, de tribunal ou de maintien de l’ordre.