Sans péché, exempt de faute (ici : sans péché en lien avec l’accusation).
La logique est argumentative : Jésus renverse l’accusation en introduisant une condition pour agir comme juge/exécuteur (« que celui qui est sans péché jette le premier la pierre »). Le mot opère comme un critère de légitimité : si personne ne satisfait la condition, l’accusation s’effondre en pratique. Il met en lumière que la justice exercée par des accusateurs pécheurs devient hypocrisie. Le récit passe ensuite de l’épreuve publique à un face-à-face où Jésus refuse la condamnation tout en appelant à quitter le péché.
Le cadre est celui de la Loi (lapidation, témoignage, justice). L’AT pose des exigences de justice et de vérité (témoins, première pierre). Jésus révèle que l’application de la Loi sans cœur droit devient instrument de piège. La parole « sans péché » touche l’idée biblique de pureté/culpabilité devant Dieu : personne ne peut se tenir comme juge ultime. Cela prépare un déplacement : Dieu seul est juste, et le Messie apporte une miséricorde qui n’annule pas l’appel à la sainteté (« ne pèche plus »).
Un lecteur moderne peut réduire la scène à « ne jugeons jamais ». Le texte montre plutôt une critique de l’accusation hypocrite et une révélation de la miséricorde qui appelle à une rupture réelle avec le péché. « Sans péché » n’est pas un slogan, c’est une condition impossible pour des accusateurs qui veulent piéger Jésus. Le passage articule justice et grâce : la condamnation est retirée, mais l’appel moral reste.
Adjectif : qualifie quelqu’un comme « sans péché / sans faute » dans une situation donnée.
Adjectif : sans péché / exempt de faute. Dans Jn 8,7, il sert de critère qui désarme les accusateurs : seul celui qui est réellement “sans péché” peut jeter la première pierre. Le terme est donc employé dans une situation de jugement pour dévoiler l’hypocrisie et ramener à une justice qui commence par soi.
Ne pas en faire une doctrine générale de « perfection » : dans le récit, il fonctionne comme une parole qui désarme l’hypocrisie accusatrice et expose la culpabilité commune.
Terme rare (hapax dans le NT) : utilisé pour retourner une accusation et dévoiler la culpabilité commune.
coupable; pécheur; fautif
irréprochable (dans ce cadre); exempt de faute; sans culpabilité
ἀναίτιος (innocent juridiquement) : ici la scène vise la culpabilité morale devant Dieu, exposée dans l’acte d’accuser.
sans péché
Jn 8,7
G0361
a-na-mar-tè-tos (approx.)
anamartētos
Règle : ne pas absolutiser en théorie (“personne n’a le droit de juger jamais”) sans suivre le passage. Ici, le terme vise la posture d’accusation hypocrite. Lire l’action (jeter la pierre) et l’effet (retrait) pour cadrer le sens : Jésus dévoile l’incohérence des accusateurs avant d’appeler à ne plus pécher.
- Dans Jn 8, la nuance est rhétorique et judiciaire : condition impossible pour les accusateurs. - Le mot ne nie pas la réalité du péché de la femme, mais il déplace le projecteur sur la position morale des juges. - La narration montre la force du terme : tous se retirent, “accusés par leur conscience”.
Registre juridique/moral : scène d’accusation et de condamnation (lapidation). Le mot sert de critère pour déterminer qui peut légitimement initier l’exécution : seul celui qui est « sans péché » peut jeter la première pierre.