suspendre, pendre
G2910 κρεμάννυμι signifie « suspendre, pendre ». Dans Lc 23,39, l’un des malfaiteurs « suspendus » outrages Jésus. Le grec utilise le participe perfect passif pour décrire l’état permanent de suspension. La logique narrative oppose deux hommes sur le même gibet : l’un méprise, l’autre croit. Luc utilise ce verbe pour montrer que la proximité physique avec la croix ne sauve pas : seule la foi dans le Roi sauve.
L’hébreu תָּלָה (suspendre) apparaît dans Dt 21,23 (malédiction du pendu). Le gibet est signe de malédiction divine. Cependant, le malfaiteur qui se repent est sauvé par celui qui porte la malédiction à sa place (Ga 3,13). L’AT montre aussi Aman pendu à sa potence (Est 7,10), image de la justice retournée. Le suspendu à côté de Jésus partage la malédiction mais reçoit la grâce.
Occidentalement, le pendu est un criminel. Bibliquement, le suspendu est celui qui porte la malédiction. Luc montre que le salut ne vient pas de la proximité avec le gibet, mais de la reconnaissance de Jésus comme Roi. La clarification : le paradis est ouvert non par la croix comme symbole, mais par la foi en Celui qui y est suspendu.
Mettre quelqu’un/quelque chose en suspension (pendre), ou être suspendu (selon la forme).
Dans Lc 23,39, il situe l’état des malfaiteurs “suspendus” pendant la crucifixion.
• Ne pas confondre avec « crucifier » (σταυρόω). κρεμάννυμι décrit l’état de suspension/exposition, alors que σταυρόω désigne l’acte de fixation sur une croix. Le premier est plus général, le second plus spécifique. • Ne pas réduire le mot à « croix » comme symbole. Le terme ne précise pas l’instrument (poteau, croix, gibet). La scène est celle d’un supplice et d’une malédiction (Dt 21,23), pas d’un emblème religieux. • Ne pas tirer une doctrine de la seule définition. Le mot doit être lu dans son co-texte (Lc 23,39 : malfaiteurs suspendus ; Ac 5,30 : acte accusateur).
G2910 n’apparaît que 3× dans le NT : Lc 23,39 (participe perfect passif, état des malfaiteurs) ; Ac 5,30 ; Ac 10,39 (aoriste actif, « faire pendre », dans des discours accusateurs). Dans la LXX, il traduit l’hébreu תָּלָה (Dt 21,22–23 ; Est 7,9–10), toujours dans un contexte de supplice et de malédiction.
détacher, délier, descendre, abaisser, déposer
pendre, accrocher, suspendre, exposer (au gibet), être pendu
• σταυρόω (G4717) : crucifier, fixer sur une croix (acte précis). κρεμάννυμι est plus général : suspendre/pendre sans préciser l’instrument. • ἀνασκολοπίζω (G466) : empaler (forme orientale de supplice). • προσπήγνυμι : clouer, fixer par des clous. • ἀπαγχονίζω (G519) : étrangler. Garde-fou : κρεμάννυμι ne dit pas « croix » comme symbole religieux ; il décrit l’état physique de suspension dans un contexte de malédiction et de justice.
suspendre
• Lc 23,39 — « l’un des malfaiteurs suspendus l’outrageait » (co-texte : crucifixion, proximité du gibet). • Ac 5,30 — « Celui que vous avez fait pendre sur un bois » (discours de Pierre, accusation). • Ac 10,39 — « Ils l’ont fait pendre sur un bois » (récit de la prédication aux païens).
G2910
κρεμάννυμι — forme de base : κρεμάω (kremaō, « suspendre »). Le verbe est rare et poétique ; la forme κρεμάννυμι apparaît chez Homère et dans la tradition classique.
kre-man-ny-mi (κρε-μάν-νυ-μι) — accent tonique sur le deuxième syllabe « man ».
kremannymi
Le co-texte impose un sens physique : il s’agit de malfaiteurs exécutés “avec” Jésus, qui parlent depuis leur état de supplice (Lc 23,39). Option A : “suspendre/pendre” (acte) ; Option B : “être suspendu” (état). L’indice décisif est la scène de crucifixion : ici, on décrit l’état des condamnés (suspendus/exposés). On évite donc (1) un sens figuré (“suspendu à une idée”), et (2) une sur-spécification (“croix” comme définition automatique) : le mot dit “pendu/suspendu”, et le reste vient de la scène.
• Lc 23,39 — participe perfect passif (κρεμάμενοι) : décrit l’état permanent de suspension des malfaiteurs. Le co-texte (crucifixion, outrages, proximité de Jésus) impose le sens d’« être suspendu/exposé ». C’est une description de la scène, pas une accusation. • Ac 5,30 — aoriste actif (ἐκρεμάσατε) : « vous avez fait pendre ». Pierre accuse ses auditeurs de l’acte exécutionnel. Le co-texte (discours de Pierre, accusation directe) active le sens actif : l’acte de mettre à mort par suspension. • Ac 10,39 — aoriste actif (ἐκρέμασαν) : « ils l’ont fait pendre ». Même sens actif que Ac 5,30, mais dans un récit à des païens (Cornélius). Le co-texte élargit l’accusation à « les Juifs » en général, dans un cadre missionnaire.
Registre judiciaire/punitif (exécution, supplice public) et honneur/honte (exposition du condamné). Le mot active l’univers de la peine capitale et de l’humiliation publique, au cœur du récit de la croix.