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laisser / permettre — ἀφίημι — aphiēmi

Péricopes (par chapitre) — occurrences complètes
Sens (principal)

Laisser; pardonner; permettre; envoyer (laisser partir).

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

Le verbe ἀφίημι a une amplitude sémantique large, mais son noyau logique est clair : laisser aller, relâcher, envoyer, et, dans certains contextes, remettre une dette, donc pardonner. La structure du passage décide la nuance, et c’est justement ce qui rend le mot important : il oblige le lecteur à regarder l’objet du verbe. Quand l’objet est une personne ou une chose, ἀφίημι signifie souvent « laisser » ou « abandonner » (par exemple, laisser des filets, quitter une activité). Quand l’objet est une faute ou des « péchés », le verbe prend une valeur juridique et relationnelle : remettre, libérer, effacer une dette. Dans Marc, cette nuance devient structurante en Mc 2 : le pardon des péchés déclenche une controverse et révèle l’autorité de Jésus. Le mot organise alors un raisonnement : si Jésus peut « remettre » les péchés, cela implique une autorité divine. Dans l’enseignement de Mc 11, ἀφίημι devient aussi une logique de cohérence : le pardon reçu et le pardon donné sont liés. Ainsi, le verbe structure des scènes en opposant retenir et relâcher, garder et remettre. Il contribue à la progression narrative et théologique : laisser pour suivre, et remettre pour restaurer. Le co-texte est donc le garde-fou décisif pour ne pas traduire de manière uniforme.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’univers biblique de l’Ancien Testament, l’idée de « remise » est profondément liée à l’alliance. On pense aux thèmes du pardon, de la purification, et de la libération : Dieu remet la faute, il efface, il restaure, et il libère son peuple. Il existe aussi un arrière-plan de remise de dettes et de relâchement (année sabbatique, jubilé) qui fait comprendre le pardon non comme une émotion, mais comme une libération réelle. Cela éclaire ἀφίημι quand il signifie « pardonner » : remettre un péché revient à relâcher une dette, à libérer de la culpabilité, et à rétablir une relation. L’AT montre aussi que pardonner appartient d’abord à Dieu : il est le juge et le sauveur, et sa miséricorde n’annule pas sa justice. Quand Marc présente Jésus qui « remet » les péchés, il s’inscrit dans cette attente biblique : la restauration promise s’approche, et Dieu agit. L’arrière-plan biblique éclaire aussi l’usage plus simple « laisser » : quitter pour suivre Dieu (Abraham, exode) est un motif fréquent. Ainsi, ἀφίημι se comprend dans une logique d’alliance : laisser ce qui retient, et être libéré de ce qui accuse. Cela rend la lecture plus cohérente et plus proche de la dynamique biblique de délivrance.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Dans une lecture moderne, on peut facilement aplatir ἀφίημι en un seul sens (« laisser ») ou au contraire le traduire toujours par « pardonner ». Le texte demande plus de précision. La clarification utile est simple : regarder ce qui est relâché. Si ce sont des filets, un lieu, une personne, c’est le sens concret « laisser ». Si ce sont des péchés, c’est le sens de « remise » et donc de pardon. Cela évite de perdre un point central de l’Évangile : le pardon biblique n’est pas seulement « passer l’éponge » psychologiquement; c’est une libération réelle, une dette remise, une relation restaurée. Un autre contresens moderne serait de réduire le pardon à un travail intérieur séparé de la justice. Marc 2 montre que le pardon est un acte d’autorité qui provoque débat : qui peut remettre les péchés ? Le mot met donc en jeu la christologie et la grâce. Enfin, ἀφίημι aide aussi à comprendre la logique relationnelle : Marc 11 relie le pardon à la prière et à la paix. Le verbe devient alors un garde-fou contre une foi qui parle de grâce sans la vivre dans les relations. Ainsi, lire ἀφίημι correctement, c’est tenir ensemble la précision du co-texte et la profondeur du geste : laisser et remettre, quitter et libérer.

Courte description — (aide remplissage)

Ici, ἀφίημι exprime le fait de laisser ou relâcher, et lorsqu’il s’applique à une faute, il indique le pardon : la remise d’une dette.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans Marc, ἀφίημι signifie laisser/relâcher et, dans les contextes de faute, remettre/pardonner (libérer d’une dette).

Pièges lexicaux

Traduire toujours “pardonner” : parfois c’est juste “laisser”. L’objet et le contexte tranchent.

Usage biblique (mini)

Dans Marc, peut signifier pardonner les péchés (autorité de Jésus) et pardonner aux autres (prière).

Antonymes / contrastes (FR)

Synonymes / proches (FR)

laisser; permettre; remettre; pardonner

À ne pas confondre avec…

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Nature
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

laisser / permettre

Versets clés (liste)

Mc 2,5-10; Mc 11,25

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G5621

Prononciation — (aide remplissage)

Translit. — NOYAU

aphiēmi

Vérifiable
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Très polyvalent : distinguer “laisser” (permission) de “pardonner” (péchés). Dans Marc 2,5 : pardon; dans Marc 11,25 : pardonner. Règle : vérifier l’objet (péché vs personne).

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

“Pardonner” = remettre une dette; lié à la prière et au Royaume.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre libération/relâche : laisser partir, relâcher; au sens spirituel, relâcher la dette (pardonner). Dans Marc, central pour la grâce et les relations.

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