Nom : plaie ouverte, ulcère, lésion visible du corps ; dans Lc 16, marque concrète de misère et de vulnérabilité.
Dans Lc 16, ἕλκος sert à rendre la scène immédiatement concrète. Lazare n’est pas seulement pauvre ; il est couvert d’ulcères. Exégétiquement, le mot fait plus que décrire un état médical. Il porte la logique du contraste. D’un côté, un homme riche vit dans le luxe ; de l’autre, un homme étendu à la porte souffre jusque dans sa chair. Le récit ne laisse pas la misère de Lazare au niveau d’une abstraction sociale. ἕλκος l’inscrit sur le corps. Cette précision est décisive, car elle retire toute excuse à l’indifférence du riche. La pauvreté est visible, la blessure est visible, la proximité est visible. Ainsi, le mot participe à la force polémique de la parabole. Le riche ne manque pas d’information ; il manque de compassion. ἕλκος sert donc la démonstration narrative : la misère du pauvre n’est ni cachée ni lointaine. Elle est exposée, répétée, presque insupportable, jusque dans le geste des chiens qui lèchent les plaies. Le mot a ainsi une fonction éthique indirecte par sa matérialité même : il révèle la dureté de cœur en rendant le besoin impossible à nier.
Dans l’univers biblique, le corps souffrant n’est pas un détail sans importance. La plaie visible expose une détresse humaine totale : pauvreté, faiblesse, honte et vulnérabilité. Cela éclaire bien ἕλκος dans la parabole du riche et de Lazare. Lazare est couché à la porte, couvert d’ulcères. Sa misère n’est pas seulement économique ; elle touche sa chair. L’arrière-plan biblique rappelle que Dieu voit précisément ce que les puissants préfèrent ne pas regarder. La Bible revient souvent sur le pauvre, l’affligé, le sans-défense. Ici, la plaie visible rend cette condition impossible à spiritualiser. Le lecteur biblique comprend alors que l’épreuve du pauvre se situe au plus bas de l’échelle humaine : dépendance, dégradation, exposition publique. Le mot de vie tient dans ce dévoilement. Là où l’humain détourne les yeux, Dieu regarde et juge. Pour un lecteur moderne, ἕλκος rappelle que la souffrance concrète a un poids théologique. On ne peut pas parler de justice biblique en oubliant les corps réels, les blessures visibles et l’abandon concret.
Aujourd’hui, on peut facilement lire la parabole du riche et de Lazare comme une opposition abstraite entre richesse et pauvreté. ἕλκος empêche cette lecture trop générale. Le mot force le regard sur la chair blessée. Lazare n’est pas seulement défavorisé ; il porte des ulcères visibles. Cette précision change tout. Elle montre que la misère se présente au riche sous une forme concrète, presque impossible à ignorer. Le contresens moderne serait de lisser la scène en une réflexion morale désincarnée. Or Jésus raconte une pauvreté qui fait mal, qui se voit, qui sent le dénuement. Le mot sert aussi à corriger une lecture sentimentale : la compassion n’est pas une idée vague, elle se joue face à une souffrance réelle. Pour le lecteur contemporain, ἕλκος rappelle donc que l’Évangile ne parle pas seulement de grands principes, mais de corps humiliés, de besoins exposés, de détresses placées juste à la porte. Le mot enlève toute possibilité de détourner le récit vers une simple symbolique. Il maintient la parabole au niveau du visible et du concret, là où l’indifférence devient réellement coupable.
Nom concret pour une plaie ou un ulcère, utilisé ici pour rendre visible la misère extrême de Lazare.
Dans Lc 16,20, ἕλκος désigne les ulcères visibles de Lazare, signe corporel de sa misère extrême.
Ne pas remplacer ce mot par une souffrance vague. Le récit insiste sur une atteinte corporelle visible qui rend l’indifférence du riche plus grave encore.
Le mot sert à rendre la souffrance concrète et indéniable d’un corps humilié devant les yeux des autres.
santé ; peau intacte ; intégrité corporelle
plaie ; ulcère ; lésion
φθόνος (envie) : accent sur envie; ζῆλος peut inclure émulation/jalousie plus large.
ulcère
Lc 16,20
G1668
helkos
Le mot doit être compris dans le cadre du riche et de Lazare. Le co-texte de la porte, de la faim, des chiens et du corps de Lazare impose une plaie réelle, visible et humiliante. Il ne s’agit ni de zèle ni d’une figure morale abstraite. ἕλκος sert ici à matérialiser la détresse du pauvre.
- Lc 16,19–31 : le mot garde une nuance très concrète. Les ulcères de Lazare rendent sa souffrance visible et aggravent la culpabilité de l’indifférence du riche.
Le mot active un registre de souffrance corporelle, de pauvreté visible et d’humiliation sociale. Il fait entrer le lecteur dans une scène où la misère de Lazare ne peut être ni cachée ni ignorée.