Agonie; angoisse intense; lutte intérieure (Lc 22,44).
ἀδικος (adikos) / ἄδικος (forme accentuée) signifie « injuste », « non juste ». L’adjectif qualifie une personne ou une réalité comme contraire à la justice. Sa logique est évaluative : il existe un standard du juste, et ce qui est ἄδικος s’en écarte. Le garde-fou est de ne pas réduire le mot à “pas sympa” ou à un simple défaut. ἄδικος indique une violation de justice : tort, partialité, fraude, oppression, selon le contexte. Il se distingue d’un malheur : l’injustice est liée à la conduite et à la responsabilité. Comprendre ἄδικος, c’est donc comprendre une qualification forte : non droit, non droiture. Le mot est souvent opposé à δίκαιος (juste). Lexicalement, il rend visible une frontière : juste / injuste. Selon l’usage, il peut désigner celui qui commet l’injustice ou ce qui est injuste en soi. Ainsi, ἄδικος est un mot de jugement moral : il nomme le non-juste comme réalité concrète, pas comme impression.
Dans l’Ancien Testament, l’injuste est celui qui tord la justice : il opprime, trompe, pervertit le jugement. Les prophètes dénoncent les injustes parce qu’ils détruisent la vie du prochain : ils utilisent la force ou l’argent pour prendre le droit. Cet arrière-plan éclaire ἄδικος : “injuste” est une catégorie grave, car elle concerne la fidélité à l’alliance. La justice biblique est concrète : rendre un jugement droit, protéger le pauvre, parler vrai. L’injustice est donc visible : balances fausses, corruption, violence. La sagesse oppose la voie droite et la voie tordue : l’injuste marche dans une voie courbée. Pour un lecteur moderne, cet horizon corrige une moralité relativiste : la norme de justice est liée au caractère de Dieu. La Bible affirme aussi que Dieu se tient du côté des victimes et qu’il juge l’injustice. Ainsi, traiter quelqu’un d’injuste, c’est signaler une rupture réelle : absence de droiture, tort commis. ἄδικος, dans ce cadre, renvoie à une personne ou une conduite qui viole l’équité demandée par Dieu et qui produit du dommage, souvent envers les plus faibles.
Le lecteur occidental moderne utilise “injuste” pour des situations sociales ou pour des actes personnels. ἄδικος correspond : non juste. La clarification est que le mot désigne une violation de justice, pas une simple insatisfaction. Un contresens fréquent est d’édulcorer : “un peu injuste”. Lexicalement, ἄδικος marque une opposition nette : juste / injuste. Un autre contresens est de le réduire à la seule dimension émotionnelle (“je trouve ça injuste”). Le terme vise un non-droit objectif : une équité est violée. Pour un lecteur moderne, ἄδικος aide à lire les textes bibliques avec rigueur : l’injustice est mesurable par ses effets et par la norme du juste. Le mot invite à regarder les actes, les relations, les victimes possibles. Comprendre ἄδικos, c’est donc comprendre un adjectif de jugement moral : personne injuste, acte injuste, situation injuste. Il rappelle que la justice biblique n’est pas seulement un idéal, mais un cadre concret de droiture. Le passage précisera la forme, mais le noyau reste : non juste.
Nom : agonie (au sens de lutte/angoisse extrême). En Lc 22,44, décrit l’intensité de la lutte intérieure de Jésus à Gethsémané, qui se traduit par une prière plus pressante.
Ne pas réduire à une simple “tristesse” : le mot exprime une intensité de combat intérieur. Ne pas spéculer sur les détails physiologiques : garder l’accent du texte (prier plus instamment).
Lc 22 : décrit une détresse extrême dans la prière, au moment décisif de l’obéissance.
θλῖψις (tribulation/pression) : autre nuance; φόβος (peur) : autre registre; ici “lutte/détresse”.
agonie
Lc 22,44
G0074
agonia — « a-go-nî-a » (approx.)
agonia
Le mot peut signifier “lutte” ou “angoisse”. À Lc 22, le co-texte (prier plus instamment, sueur) oriente vers l’angoisse/lutte intérieure intense. Rester sur ce que le passage montre : intensification de la prière et de la détresse, pas une analyse psychologique exhaustive.
Registre du combat et de l’épreuve : la tension d’une lutte (image sportive/compétition) transposée à une lutte intérieure. À Gethsémané, c’est le registre spirituel de la prière sous pression et de l’obéissance dans la détresse.