condamner
κατακρίνω signifie condamner (déclarer coupable), et dans Mt 27 il sert à montrer la mécanique judiciaire qui mène à la crucifixion : question → choix politique → condamnation. Le verbe porte une logique de verdict : une autorité prononce, et ce verdict a des conséquences irréversibles. Le mot fonctionne aussi théologiquement en contraste : dans l’Évangile, le Juste est condamné injustement, ce qui révèle le renversement central (le juge humain condamne le juste, mais Dieu sauve par ce chemin). Le terme met donc en relief l’injustice institutionnelle et la responsabilité. Il invite à distinguer jugement humain et jugement divin : une condamnation peut être légalement prononcée et pourtant moralement perverse. Il cadre ainsi la passion : non seulement souffrance, mais condamnation publique.
L’arrière-plan biblique connaît le thème du juste condamné à tort et du serviteur souffrant. Les psaumes parlent de procès injustes, et Ésaïe décrit un innocent frappé. Cela éclaire la condamnation de Jésus : c’est l’accomplissement du chemin du juste persécuté. La pensée hébraïque insiste aussi : Dieu est le juge ultime, et les verdicts humains peuvent être corrompus. Ainsi, katakrinō résonne comme critique prophétique : la justice humaine peut condamner le juste. Et pourtant, Dieu utilise cette injustice pour accomplir la délivrance. Le mot se tient entre deux réalités : le péché des hommes et la fidélité de Dieu.
Nous voyons un procès et nous pensons seulement à l’histoire. Le mot “condamner” souligne que Jésus a subi un verdict officiel, donc une injustice institutionnelle. La clarification utile : Dieu n’appelle pas cela “bien”, mais il en fait un moyen de salut. Katakrinō aide à tenir ensemble responsabilité humaine et souveraineté divine. Il faut éviter deux contresens : croire que l’injustice est excusée parce que “ça sert”, ou croire que Dieu est absent parce que l’injustice gagne. Le mot rappelle : Jésus a été condamné, et c’est précisément là que la grâce s’est révélée.
Condamner Jésus : verdict injuste, mais Dieu transforme ce mal en salut. (Mt 27,22–26)
Dans Matthieu, Jésus est condamné malgré son innocence. Le verbe souligne l’injustice du procès et la responsabilité humaine. Mais, dans le plan de Dieu, cette condamnation mène au sacrifice qui sauve. Le terme porte donc la gravité du jugement humain et l’ironie du salut accompli.
Ne pas banaliser : condamner Jésus est un acte grave. Ne pas confondre avec une simple “critique”. Dans l’usage théologique, distinguer condamnation (katakrinō) et jugement (krinō).
Condamner au sens juridique/moral. Peut être utilisé aussi théologiquement (condamnation vs justification).
acquitter, justifier
déclarer coupable, prononcer la condamnation
κρίνω — juger (plus général) ; δικαιόω — justifier (opposé)
déclarer coupable
Mt 27,22–26 ; Rm 8,1 ; Es 53,8
G2632
kata- (contre) + krinō (juger) (selon lueur).
ka-ta-kri-no
katakrinō
Dans Mt 27, le sens est contraint par le cadre : débat sur ce que Jésus “a fait”, pressions, puis décision officielle de livrer à la crucifixion. Ici, katakrinō n’est pas une simple opinion (“juger” au sens large), mais une condamnation prononcée. Dans Rm 8,1, le co-texte oppose condamnation et justification : on garde le registre de verdict. Règle : repérer le cadre (procès/sentence) ou le contraste (justification/condamnation) pour fixer le sens.
- Mt 12,7 — “condamner” (G2632) : déclarer coupable à tort par manque de miséricorde. L’indice est la citation “je veux la miséricorde”. - Mt 7,1–2 — Option A (condamner = discerner) / Option B (condamner = juger en se posant en juge) : le co-texte tranche vers B : la mesure employée revient contre soi.
Registre juridique/tribunal : il s’agit d’un verdict de condamnation prononcé contre quelqu’un (déclarer coupable). Dans les récits de procès, le mot relève de procédures, accusations, sentence. Théologiquement, il peut s’étendre au registre “condamnation vs justification”, mais toujours sur fond de verdict.