Abîme / gouffre; séparation infranchissable (image)
χάσμα désigne un gouffre/creux béant. Dans Lc 16,26, le grec ajoute deux éléments qui structurent le sens : il est “grand” et il est “fixé/établi”. La logique est donc double : (1) distance réelle (grand fossé), (2) impossibilité juridique/narrative (fixé, donc non modifiable). Le mot sert à soutenir l’argument du récit : après la mort et le jugement, il n’y a pas de circulation entre les deux états. Le grec évite ainsi une lecture de “seconde chance” dans cette scène : le passage est présenté comme impossible dans les deux sens. La structure rhétorique est : demande d’aide → refus motivé → raison : le chasma fixé. Le terme devient donc un verrou logique dans la parabole : il ferme la possibilité d’un changement de condition à ce stade.
Dans la pensée biblique, la justice de Dieu implique des limites et des séparations : il y a un “dedans/dehors”, un chemin de vie et un chemin de mort. L’AT utilise souvent des images de fossés, de précipices, de “trous” et de “filets” pour parler d’un destin qui se referme sur l’injuste, et d’une séparation entre le juste et le méchant. Même sans imposer une cartographie, l’arrière-plan sémitique aide à entendre l’image : une fois la décision divine prononcée, la limite est fixée. L’abîme exprime donc l’irréversibilité du jugement, et rappelle l’urgence d’écouter la Parole “aujourd’hui”. Dans la logique d’alliance, la repentance est possible dans cette vie; après, l’état est arrêté. L’image dominante est celle d’une frontière que Dieu établit, qui manifeste sa justice.
On peut entendre “abîme” comme une image dramatique ou comme un détail imaginaire sur l’au-delà. Dans Lc 16, le mot sert surtout à exprimer une séparation irréversible : il n’y a pas de passage possible après le jugement dans la scène racontée. Clarification : Jésus ne donne pas ici une description technique, mais une image qui soutient un avertissement moral (écouter la Parole, se repentir, vivre la justice). Le contresens serait de spéculer sur la topographie; le texte insiste plutôt sur la finalité : les choix ont des conséquences, et il y a une limite fixée. Le mot aide donc à saisir la gravité et l’urgence du message : on ne joue pas avec la justice de Dieu.
Nom : abîme/gouffre, ici image d’une séparation fixe et infranchissable (Lc 16,26). Sert à souligner l’irréversibilité d’un état après le jugement.
Dans Lc 16,26, χάσμα décrit un “grand abîme” fixé entre les deux lieux de la parabole, rendant tout passage impossible.
Ne pas sur-détailler la géographie de l’au-delà à partir d’un mot : l’image sert l’argument moral du récit. Ne pas neutraliser le terme : le texte insiste sur l’impossibilité de franchir. Ne pas utiliser le mot pour spéculer sur des “niveaux” : rester sur la séparation fixée et l’irréversibilité du jugement dans la logique de la parabole.
Terme unique en Lc 16,26 : image d’un gouffre fixé, empêchant tout passage après le jugement.
pont; passage; accès; proximité
abîme; gouffre; fossé; séparation
ἄβυσσος (abîme, “abyss”, autre terme) ; βάραθρον (gouffre, rare) ; ὅρος (limite/frontière).
abîme
Lc 16,26
G5490
chasma — « kha-sma » (approx.)
chasma
Registre spatial et judiciaire : un “fossé” ou gouffre qui sépare deux lieux et empêche le passage. Dans Lc 16, le mot fonctionne dans un registre d’après-jugement : il sert d’image pour exprimer une séparation fixée, non négociable, entre deux conditions.