Hébreu : Śāṭān = « adversaire ». Grec : Σατανᾶς (Satanas).
Le nom Satanas signifie “adversaire”, et le récit l’emploie comme un acteur personnel opposé à Dieu. Dans Mt 4, la logique de la tentation est structurée : offrir un raccourci (pain, spectacle, pouvoir) pour éviter la voie de l’obéissance. Le grec met en scène un combat de paroles : Satan propose, Jésus répond par l’Écriture, et l’enjeu est l’adoration et la fidélité. Le nom sert donc à identifier la source de la contradiction : une opposition spirituelle qui cherche à détourner. Il aide aussi à comprendre que la tentation vise souvent des choses légitimes détournées hors de la volonté de Dieu. Le mot cadre la lecture : ce qui est en jeu, c’est la seigneurie de Dieu et l’obéissance du Messie.
Dans la Bible, “adversaire” renvoie à celui qui accuse, qui oppose et qui cherche à faire tomber. La pensée hébraïque voit l’ennemi comme réel, mais toujours inférieur au Dieu souverain : l’ennemi ne règne pas, il tente. L’arrière-plan du désert est aussi biblique : lieu d’épreuve, où le cœur est testé et où la fidélité à Dieu est mise en lumière. Cela donne une profondeur : la victoire de Jésus dans le désert reflète la fidélité que le peuple n’a pas toujours eue. La mentalité biblique souligne aussi l’importance de l’adoration : se prosterner devant un autre que Dieu est une rupture d’alliance. Le nom “Satan” devient donc un repère : l’ennemi vise l’alliance et la fidélité, pas seulement le comportement.
En Occident, on peut tomber dans deux extrêmes : attribuer tout problème à Satan, ou réduire Satan à un symbole du mal. Le NT parle d’un adversaire réel, mais il ne nourrit pas la peur : il montre la supériorité de la parole de Dieu et l’obéissance de Jésus. Les récits soulignent que la tentation vise l’orientation du cœur (adoration, confiance, obéissance). Il faut donc lire le mot avec sobriété : reconnaître l’opposition spirituelle sans fascination. La clarification utile : la victoire sur la tentation ne vient pas d’une technique, mais d’une fidélité à Dieu et d’une confiance simple dans sa parole.
Jésus rejette Satan : l’adoration appartient à Dieu seul. (Mt 4,10)
Nom propre (toponyme) : désigne un lieu/région précis(e) dans le récit. La “définition réelle” est donc narrative : le terme sert de repère géographique/historique pour situer l’action (d’où viennent les personnes, où se déroule un événement, quel territoire est concerné). Le sens à retenir pour le passage : un point de localisation qui éclaire l’arrière-plan et la progression du récit.
Ne pas utiliser le mot pour justifier une obsession du diable : le texte met l’accent sur l’obéissance de Jésus. Ne pas réduire “Satan” à une métaphore : dans Mt 4, le récit le présente comme un adversaire personnel. Rester sobre : ne pas inventer des détails au-delà du passage.
Nom de l’adversaire. Dans les Évangiles, oppose ses séductions au Royaume de Dieu. Le NT le relie aussi à l’accusation et à la tromperie.
(pas d’antonyme direct pour un nom propre; contraste possible : autre lieu / autre région selon le passage)
adversaire, accusateur (selon contexte)
διάβολος — diable (accusateur; terme proche) ; δαιμόνιον — démon (esprit impur, différent)
adversaire
Mt 4,10 ; Mt 16,23 ; Ap 12,9
G4567
—
sa-ta-nas
Satanas
Option A : personnage personnel (tentateur) ; Option B : qualification d’opposition (quelqu’un agit comme adversaire) selon le passage. Le co-texte (tentation, propositions, citations, reproche « arrière de moi ») précise. Ne pas confondre avec simple « ennemi humain » : relever l’indice textuel d’une opposition à la volonté de Dieu (détourner de la croix, contester la Parole).
- Mt 8,28–34 — “Satan” (G4567) apparaît en arrière-plan via l’oppression démoniaque : la scène met en évidence une puissance hostile qui rend des personnes ingérables, puis se manifeste par la sortie des démons vers les pourceaux. Le co-texte (crainte des habitants, destruction du troupeau) montre une opposition destructrice. - Mt 16,1–4 / Mt 6,16–24 — Quand le nom est utilisé comme accusation (“arrière de moi…”) ou comme logique d’opposition, la nuance est celle d’un adversaire qui cherche à détourner le chemin de Jésus (ex. détourner de la croix) plutôt que d’un simple symbole du mal.
Registre d’opposition et d’accusation : Satan = adversaire qui s’oppose au dessein de Dieu, tente, accuse ou détourne. Dans Matthieu, il apparaît dans la tentation et comme titre d’opposition (« arrière de moi, Satan ») qui signale un obstacle spirituel/idéologique.