Rendre ferme; établir; affermir (stabiliser ce qui vacille).
στηρίζω signifie rendre ferme, stabiliser, établir solidement. Dans Lc 22,32, le verbe vient comme contrepoint direct au “criblage” : Satan veut secouer et disperser, Jésus prie pour que la foi ne défaille pas, et après le retour, Pierre doit affermir ses frères. Exégétiquement, la logique est en trois temps : épreuve qui ébranle → intercession qui garde la foi → mission qui stabilise la communauté. Le verbe ne désigne pas seulement un encouragement général : il implique une consolidation réelle, comme rendre stable ce qui vacille. Le co-texte précise aussi la condition : “quand tu seras revenu” — la capacité d’affermir découle d’un retour, donc d’un passage par l’épreuve et par la restauration. Ainsi, στηρίζω structure la finalité de la scène : l’épreuve n’est pas la fin, elle débouche sur une communauté rendue plus ferme, non par autosuffisance, mais par la prière du Messie et par une mission de soutien.
La pensée biblique connaît la “fermeté” comme image du cœur établi : un cœur ferme n’est pas un cœur dur, mais un cœur stable, fidèle à l’alliance. Dans l’AT, la fidélité se vit comme une marche droite et un cœur affermi dans la confiance. Luc 22 place cette fermeté après une nuit de secousse : le criblage vise à faire tomber, mais Dieu garde et restaure. Affermir les frères rejoint alors un registre d’alliance : soutenir le peuple pour qu’il tienne dans la fidélité, après l’épreuve. La scène rappelle aussi le rôle du berger/chef qui fortifie le troupeau après l’attaque. Ainsi, στηρίζω, lu sémitiquement, exprime une restauration communautaire : la fidélité de Dieu relève, puis il envoie un frère restauré pour stabiliser les autres dans la même fidélité.
“Affermir” peut être entendu comme “donner confiance” ou “motiver”. Dans Luc 22, le mot est plus structurant : il vise à stabiliser la foi de frères secoués par une épreuve réelle (dispersion, peur, reniement). Clarification : Jésus ne promet pas une absence de criblage; il promet une intercession qui garde la foi, et il ordonne une mission qui consolide la communauté après la chute. Le verbe montre que la restauration n’est pas seulement individuelle : elle devient service communautaire. En prédication exégétique, στηρίζω aide à lire la finalité de la scène : l’épreuve secoue, mais le but n’est pas la destruction; le but est une communauté rendue plus ferme par la grâce, et un disciple restauré qui soutient les autres.
Donner de la stabilité intérieure; rendre ferme dans la foi et la fidélité.
Dans Lc 22,32, “affermir” signifie rendre les frères fermes/stables après la secousse : soutenir leur foi et leur fidélité afin qu’ils ne vacillent pas sous la pression.
Ne pas réduire à “encourager” (moral). Dans Lc 22,32, il s’agit de stabiliser des frères secoués par l’épreuve, dans la logique : intercession de Jésus → retour → consolidation communautaire. Ne pas confondre avec une “fermeté” dure : c’est une stabilité fidèle, pas un endurcissement.
Dans Luc 22, après l’épreuve et le retour, Pierre reçoit la mission de rendre ses frères fermes.
ébranler; cribler; faire tomber
affermir; établir; fortifier; stabiliser
βεβαιόω : confirmer/attester (souvent plus “validation”). ἐνισχύω : renforcer (accent sur force). στηρίζω : stabiliser/affermir ce qui vacille, souvent après une épreuve.
affermir
Lc 22,32
G4741
στηρίζω (racine liée à l’idée de rendre stable/ferme; apparenté à ἑδραιόω / “établir” dans l’idée générale de stabilité)
sté-RI-zo (stērizō)
stērizō
Option A : affermir au sens de “rendre ferme/stable” (consolider). Option B : “confirmer/établir” au sens plus institutionnel. Dans Lc 22,32, l’objet est “tes frères” et le contexte est le criblage + le retour (“quand tu seras revenu”) : l’indice impose l’idée de stabiliser/soutenir des disciples fragilisés par l’épreuve, plus qu’un acte administratif.
- Lc 22,32 — “affermis tes frères” : le verbe vient après “quand tu seras revenu”, donc la consolidation est liée à une restauration. La nuance est communautaire : stabiliser des disciples fragilisés, en continuité avec l’intercession de Jésus pour la foi de Pierre. - Rm 1,8–17 — “vous affermir” : le verbe s’inscrit dans le désir de Paul de communiquer un don spirituel afin d’établir les croyants; l’indice est le but explicite d’édification/solidité de l’Église. - 1 Th 3,1–5 — “affermir et exhorter” : la nuance est pastorale dans la tribulation; l’indice est le contexte d’épreuves et l’envoi de Timothée pour stabiliser la foi. - 2 Th 3,1–5 — “le Seigneur… vous affermira” : nuance de stabilité donnée par le Seigneur; l’indice est le contraste entre infidélité humaine et fidélité du Seigneur. - Jc 5,7–11 — “affermissez vos cœurs” : nuance intérieure (cœur rendu ferme) en lien avec la patience et la venue du Seigneur; l’indice est l’appel à ne pas murmurer et à tenir. - 2 Pi 1,12–15 — “ferme établissement” : nuance d’enracinement dans la vérité présente; l’indice est le rappel/mémoire et la volonté d’établir durablement les destinataires dans la vérité.
Registre stabilité/solidité (image de base : rendre ferme). Dans Lc 22, le mot s’inscrit dans un registre relationnel et communautaire : après l’épreuve, Pierre doit soutenir et stabiliser ses frères.