bord; frange (d’un vêtement)
κράσπεδον désigne le bord, l’ourlet ou la frange d’un vêtement. Dans Lc 8 / Mt 9, le récit met ce mot au service d’une action discrète : la femme ne saisit pas Jésus, elle touche seulement “le bord” de son vêtement, au milieu de la foule. Le grec souligne ainsi la modestie du geste et son réalisme : un contact minimal, possible sans interrompre le mouvement. La logique narrative est : approche cachée → contact au “bord” → guérison immédiate → révélation publique par Jésus. Le mot aide à distinguer l’objet (un ourlet) de l’essentiel : la personne de Jésus et la foi. Il empêche de lire la scène comme une recherche de spectacle : la foi commence petit, mais elle s’accroche réellement à Jésus.
Dans l’arrière-plan biblique, les franges du vêtement peuvent évoquer l’identité du peuple et le rappel de la Loi (marque visible, mémoire de l’alliance). Sans surcharger, cela donne une profondeur : toucher le “bord” du vêtement de Jésus peut se lire comme s’approcher de celui qui accomplit l’alliance et qui porte la sainteté de Dieu. La scène renverse aussi une logique de contagion : au lieu que l’impureté se transmette par contact, la pureté/restauration vient de Jésus. Le bord du vêtement devient ainsi un lieu symbolique discret : l’allié de Dieu est accessible, et sa sainteté restaure. L’image dominante est la proximité de Dieu qui guérit et réintègre.
Contresens fréquent : penser que le “bord du vêtement” serait un objet magique. Clarification : le mot décrit un détail concret (ourlet/frange) qui rend possible un geste discret de foi; Jésus recentre tout sur la foi et sur sa parole. À l’inverse, il ne faut pas minimiser le mot : le récit insiste sur ce point de contact pour montrer comment la foi s’approche humblement. Le texte montre une rencontre réelle : un geste petit, une puissance réelle, puis une parole de paix et de dignité. Le “bord” sert donc à raconter une foi incarnée, pas une technique.
Bord / frange : extrémité d’un vêtement (franges juives). (Mt 9,20)
Dans Mt 9, toucher le bord du vêtement exprime une foi humble mais déterminée : elle croit que Jésus peut guérir, même sans attirer l’attention.
Peut être juste un détail concret, mais dans les récits de guérison il devient point de contact de foi. Dans Mt 23, il sert aussi à dénoncer l’ostentation religieuse.
Mt 9,20; Lc 8,44 : femme touche le bord du vêtement de Jésus. Mt 23,5 : longues franges des pharisiens. Mc 6,56 : toucher le bord pour être guéri.
centre (du vêtement)
bord; frange; ourlet; extrémité
ἱμάτιον (vêtement/manteau) : l’ensemble; στολή (robe) : autre terme; ici c’est la frange/bord.
bord
Mt 9,20; Mc 6,56; Mt 23,5
G2899
dérivation incertaine (selon lueur)
kras’-ped-on
kraspedon
Registre vestimentaire et, en arrière-plan, cultuel : le “bord/frange” d’un vêtement (ourlet, franges). Dans les Évangiles, ce détail concret devient le point de contact d’une démarche de foi (toucher le bord du vêtement de Jésus) et peut rappeler les franges associées à l’identité religieuse.