corrompu; mauvais; pourri (impropre)
σαπρός signifie mauvais, pourri, corrompu, gâté, impropre à produire ce qui est sain. Le mot appartient d’abord au registre concret de la décomposition : un fruit, un arbre ou une matière peut être altéré au point de devenir inutile ou nuisible. Dans la logique grecque du terme, le problème n’est pas seulement l’apparence extérieure, mais la qualité interne qui se manifeste. Ce qui est σαπρός ne produit pas seulement un effet faible; il porte une corruption qui se voit dans le résultat. Pour le prédicateur, le mot aide à distinguer faiblesse et corruption. Une chose faible peut être restaurée; une chose pourrie révèle une source atteinte. Le terme fonctionne souvent en contraste avec καλός ou ἀγαθός : bon, sain, utile. Il met donc en scène une évaluation qualitative. σαπρός enrichit l’exégèse parce qu’il relie source et production. Il ne permet pas de séparer durablement l’arbre et le fruit, le cœur et la parole, la réalité intérieure et l’effet visible. Le mot donne un vocabulaire précis pour parler d’une qualité altérée qui finit par se manifester clairement dans les fruits observables.
Dans l’univers biblique, la corruption n’est pas seulement une question d’apparence extérieure. L’Ancien Testament parle de cœurs corrompus, de voies mauvaises, de sacrifices inacceptables, de fruits décevants et d’un peuple qui peut perdre sa fidélité. Le vocabulaire de la pourriture ou de la mauvaise production sert à montrer qu’un problème intérieur finit par se rendre visible. Cet arrière-plan éclaire σαπρός. Le mot ne décrit pas simplement quelque chose de moins beau; il indique une altération profonde, impropre à produire ce que Dieu attend. La pensée hébraïque associe souvent fruit et fidélité : une vigne plantée par Dieu doit produire un fruit conforme à son soin. Lorsqu’elle produit autre chose, la mauvaise qualité devient un témoignage contre elle. Pour le prédicateur, ce cadre aide à comprendre que σαπρός porte une logique de discernement. Il ne s’agit pas de juger selon une impression superficielle, mais d’observer une production qui révèle une source. La Bible ne sépare pas la racine, la voie, la parole et le fruit. Le mot rappelle que la corruption biblique est une réalité qui travaille de l’intérieur vers l’extérieur.
Le lecteur moderne peut comprendre “mauvais” de manière très générale : désagréable, inefficace, moralement répréhensible ou simplement négatif. σαπρός est plus précis. Il parle de ce qui est gâté, corrompu, pourri, impropre. La clarification utile est de ne pas réduire le mot à “pas bon”. Il indique une qualité altérée qui rend la production malsaine. Pour le prédicateur, cette précision aide à éviter deux contresens. Le premier serait de traiter le mal comme une simple erreur de surface, corrigeable par une meilleure présentation. Le second serait d’évaluer seulement l’apparence extérieure. σαπρός oblige à regarder la source et le fruit ensemble. Ce qui est corrompu intérieurement finit par produire quelque chose de correspondant. Le mot est utile dans les passages qui opposent bon et mauvais, sain et pourri, édifiant et destructeur. Il donne un langage pour expliquer que le discernement biblique ne repose pas sur l’impression immédiate, mais sur la qualité réelle révélée par la production. σαπρός apporte donc une aide exégétique forte : il montre que la corruption n’est pas neutre, et qu’elle se reconnaît par ses effets visibles et durables.
Corrompu / mauvais : qualifie ce qui est gâté, impropre ou malsain, surtout dans l’image du fruit, de l’arbre ou de la parole.
Dans le passage, σαπρός signifie corrompu/mauvais (impropre). Selon le co-texte, décrit un fruit/arbre (qualité morale) ou une parole (parole destructrice).
Ne pas traduire trop abstrait. Garder l’image de ‘gâté/pourri’ quand elle est présente.
Qualifie un arbre, un fruit ou une parole comme gâté ou impropre. Dans Mt 7, il sert au discernement entre source et fruit.
bon, sain, beau, utile, non corrompu
corrompu, pourri, gâté, mauvais, impropre, malsain
κακός : mauvais au sens moral général; πονηρός : mauvais/méchant; καλός : bon, beau, sain.
corrompu
G4550
σαπρός
sa-pros
sapros
Adjectif : pourri/mauvais. L’indice est l’objet qualifié : fruit (moralité/œuvres), parole (parole corrompue), arbre (qualité). Ne pas moraliser au-delà du contexte : suivre l’image (fruit/arbre) ou l’exhortation (parole).
- Mt 7,17–18 — mauvais fruit : image de faux prophètes; indice : arbre/fruits. - Ép 4,29 — parole corrompue : éthique de la parole; indice : édification vs corruption.
Registre qualité/dégradation : quelque chose d’impropre, gâté, qui ne sert plus. Utilisé pour fruit (image morale) et pour parole (éthique).