couper; retrancher; ôter
ἐκκόπτω signifie couper, retrancher, abattre en coupant. Le mot associe l’action de couper à l’idée d’enlever de son lieu ou de sa source. Il ne décrit pas seulement une taille légère, mais une séparation décisive. Sa logique est celle du jugement ou de la suppression : ce qui ne doit plus rester est coupé. Pour le prédicateur, ἐκκόπτω aide à distinguer correction, émondage et retranchement. Le contexte doit dire si l’action vise un arbre, une branche, une personne ou une réalité symbolique. Lorsque le mot est lié au fruit, il devient particulièrement fort : ce qui ne produit pas selon l’attente peut être retranché. Le verbe ne parle pas d’un simple constat, mais d’une intervention. Quelqu’un coupe. Il y a donc une autorité qui évalue et agit. ἐκκόπτω enrichit l’exégèse parce qu’il relie absence de fruit, décision et séparation. Il donne un vocabulaire précis pour parler d’un verdict visible : ce qui était debout ou attaché ne le demeure plus. Le mot porte ainsi une gravité que le prédicateur doit conserver sans l’amplifier artificiellement dans l’explication sobre du texte biblique.
Dans l’Ancien Testament, couper ou retrancher appartient au langage de l’alliance, du jugement et de la purification. Un arbre peut être abattu, un peuple peut être retranché, une branche peut être coupée, une réalité impure peut être ôtée du milieu du peuple. Cet arrière-plan donne à ἐκκόπτω une gravité particulière. Le geste n’est pas seulement technique; il marque une décision sur ce qui ne doit plus demeurer. La pensée hébraïque relie souvent le fruit attendu au jugement de ce qui demeure stérile ou corrompu. Dieu plante, visite, cherche du fruit et peut retrancher ce qui refuse la vie. Pour le prédicateur, cette toile de fond aide à comprendre que couper n’est pas un symbole vague de difficulté. C’est une action de séparation. Elle peut exprimer le sérieux de la sainteté de Dieu, la nécessité d’ôter ce qui détruit, ou le verdict sur une apparence sans fruit. L’image reste concrète : ce qui est coupé perd sa place et sa continuité. Le mot rappelle que l’alliance biblique comporte une responsabilité réelle devant celui qui évalue la source et le fruit avec justice.
Un lecteur moderne peut entendre “couper” comme une métaphore de rupture, de sanction ou de mise à distance. ἐκκόπτω est plus précis : il décrit une action de retranchement. Ce qui est coupé est séparé de sa position, de sa source ou de sa continuité visible. La clarification utile est de ne pas affaiblir le mot en le réduisant à une simple correction. Dans plusieurs contextes, il parle d’un geste décisif. Pour le prédicateur, il faut demander : qu’est-ce qui est coupé ? pourquoi ? par quelle autorité ? et que révèle ce retranchement ? Le contresens serait de rendre le mot purement émotionnel, comme s’il décrivait seulement une relation brisée. Le terme est concret et judiciaire dans sa force : une évaluation aboutit à une séparation. Il ne faut pas non plus l’utiliser pour créer une dureté que le contexte ne porte pas. ἐκκόπτω apporte une aide exégétique parce qu’il montre que certains textes ne se contentent pas de diagnostiquer; ils annoncent une intervention. Le mot relie donc fruit, verdict et conséquence. Il aide à garder la gravité du passage sans perdre la précision de l’image.
Verbe : couper / retrancher (souvent dans un registre agricole), pouvant porter une portée d’exclusion/jugement si le passage l’indique.
Dans Mt 7,19, ἐκκόπτω désigne l’action de couper l’arbre qui ne produit pas de bon fruit; le co-texte donne une portée de jugement.
Ne pas confondre avec entrer ou demeurer. Partir de l’image concrète de la coupe; la portée de jugement vient du co-texte, notamment arbre, fruit, feu ou retranchement.
Verbe de coupe ou de retranchement, souvent dans des images agricoles où l’absence de fruit conduit à une intervention décisive.
planter, laisser pousser, conserver, greffer
couper, retrancher, abattre, ôter, supprimer
κόπτω : couper/frapper; αἴρω : enlever/ôter; κλαίω : pleurer, sans lien malgré proximité sonore en français.
couper
(à compléter selon l’occurrence du chapitre)
G1581
ἐκκόπτω (ekkoptō)
ek-kop-to
ekkopto
Le verbe doit être lu avec son objet : “couper quoi ?” et dans quel cadre (arbre, fruit, jugement, agriculture). Option A : couper au sens littéral (abattre un arbre/branche) ; Option B : retrancher au sens figuré (exclusion/jugement) si le passage fait explicitement l’analogie. L’indice décisif est le vocabulaire agricole (arbre, fruit, couper) et la conséquence (jeté au feu, retranché). Ne pas passer directement au symbolique : partir de l’image concrète donnée par le passage.
- Mt 7,19 — Le co-texte parle d’arbre sans bon fruit et de feu. La nuance est couper/abattre comme verdict sur une production mauvaise. - Lc 13,7-9 — Dans l’image du figuier, couper est d’abord l’abattage agricole. L’indice est le vocabulaire de la terre, du fruit et du temps accordé; la portée figurée vient de la parabole.
Registre agricole et judiciaire : le verbe décrit l’action de couper ou retrancher ce qui ne doit plus rester. Dans les images d’arbre et de fruit, il active l’univers de l’évaluation, du verdict et de la séparation. Le geste reste concret avant de recevoir une portée de jugement par le contexte.