Verbe : crier, appeler à haute voix, faire entendre un appel urgent ou solennel.
Dans les évangiles, βοάω (“crier”) décrit un cri fort, public, qui se fait entendre. Le verbe n’est pas simplement “dire plus fort” ; il évoque une intensité et une urgence. La logique du passage le relie souvent à une détresse (on crie pour être secouru), à une proclamation (on crie pour annoncer), ou à une opposition (on crie pour protester). Le contexte contraint donc la nuance : le cri peut être celui d’un pauvre qui implore, celui d’un messager qui annonce, ou celui d’une foule qui s’agite. Exégétiquement, βοάω met en relief l’écart entre silence et cri : le cri surgit quand la situation dépasse l’ordinaire. Il révèle aussi la posture : celui qui crie reconnaît qu’il a besoin d’être entendu, et qu’il ne peut pas résoudre seul. Dans des scènes de guérison, le verbe souligne souvent la persévérance : on crie malgré les obstacles. La nuance utile est donc : pousser un cri, appeler à voix forte. Pour comprendre, il faut suivre : qui crie, vers qui, et pour quoi ? Le passage utilise ce verbe pour rendre la scène plus vraie : la foi, la peur, la colère, ou la proclamation deviennent audibles. Ainsi, βοάω sert à montrer une parole qui n’est plus simplement conversation, mais appel lancé, et cela prépare une réponse : soit la réponse de Jésus, soit la réaction de la foule, selon l’enchaînement du récit.
Dans l’univers biblique de l’Ancien Testament, le cri est un langage majeur : le peuple crie, et Dieu entend. Le repère principal est simple : le cri exprime la détresse, et il devient prière quand il se tourne vers Dieu. L’Exode commence par un cri entendu, et les psaumes sont remplis de cris qui demandent secours, justice, ou délivrance. Ce repère éclaire βοάω : crier, ce n’est pas seulement s’émouvoir ; c’est appeler, mettre sa misère devant Dieu, demander qu’il intervienne. Dans les évangiles, quand quelqu’un crie vers Jésus, cela résonne avec cette mémoire : Dieu écoute le cri du pauvre, et il se montre secourable. Si un écho AT est utile, il reste bref : “j’ai crié à l’Éternel, et il m’a répondu”. L’arrière-plan aide aussi à entendre le cri prophétique : la voix qui crie pour annoncer un chemin, préparer, avertir. Ainsi, βοάω peut être cri de prière ou cri de proclamation, selon la scène. L’exégèse reste sobre : on suit le récit, mais on reconnaît que l’univers biblique donne au cri une dignité spirituelle : Dieu répond au cri, et la foi se manifeste parfois d’abord par un appel fort au milieu de la détresse.
Pour un lecteur moderne, “crier” peut être perçu comme un excès émotionnel, voire une perte de contrôle. Le risque est de juger le cri (“ce n’est pas raisonnable”) au lieu d’écouter ce que le passage montre. La clarification utile est : dans les évangiles, βοάω nomme un appel intense, souvent lié à l’urgence. Le cri est parfois la seule parole possible quand la détresse est réelle. Exégétiquement, cela met en lumière la situation : on ne crie pas sans raison. Le récit montre aussi que le cri peut être un acte de foi : appeler Jésus malgré le bruit, malgré l’interdit, malgré la honte. Cela évite un contresens moderne : réduire la foi à une réflexion intérieure. Ici, la foi se rend audible. Le passage peut aussi utiliser le cri pour montrer la foule : agitation, opposition, ou proclamation publique. Dans tous les cas, le verbe souligne l’intensité du moment. On reste descriptif : qui crie, et quelle réponse suit ? Souvent, le cri est suivi d’une intervention (guérison, secours) ou d’un contraste (certains veulent faire taire). Ainsi, βοάω aide à lire la scène comme un moment de vérité : l’être humain, sans ressources, lance un appel. Et l’évangile montre que cet appel n’est pas ignoré quand il se tourne vers Jésus.
Verbe qui décrit un appel ou une proclamation à haute voix. Dans le NT, il peut marquer l’urgence, la détresse ou la force du témoignage public.
Dans les passages liés à cette fiche, le verbe désigne tantôt le cri proclamateur du messager, tantôt le cri intense d’une souffrance ou d’un appel décisif.
Ne pas réduire le cri à une pure émotion incontrôlée. Le mot peut porter une forte valeur de témoignage, de prière ou de détresse adressée.
Le verbe sert à faire entendre une parole urgente, solennelle ou douloureuse. Il donne une intensité audible à la scène.
se taire ; murmurer ; étouffer la parole
crier ; appeler ; proclamer à haute voix
Un simple parler fort sans enjeu. Ici, le cri marque souvent une proclamation ou une détresse significative.
crier
Mc 1,3 ; Jn 1,23 ; Mc 15,34
G0994
βοάω
bo-a-ô
boao
Option A : pousser un cri de détresse ou d’appel. Option B : proclamer à haute voix dans une fonction publique. Les contextes liés montrent les deux nuances : Marc 1 et Jean 1 portent la proclamation de Jean, tandis que Marc 15 montre le cri de Jésus à l’heure de la croix. Le mot doit donc être lu à partir du sujet, du contenu du cri et de la scène. Il ne faut pas réduire βοάω à un simple volume sonore.
- Mc 1,1–8 / Jn 1,19–28 : le verbe sert à la proclamation de Jean comme voix qui crie dans le désert. Le co-texte fait ressortir une annonce publique et préparatoire. - Mc 15,33–41 : la nuance devient celle du cri de détresse et de solennité à la croix. Le mot rend audible l’intensité ultime du moment. - Ainsi, βοάω peut porter soit la proclamation, soit le cri de souffrance, selon le contenu et la scène.
Le mot active un registre d’appel, de proclamation et de crise. Il appartient à l’univers de la parole qui doit se faire entendre, soit pour annoncer, soit pour supplier, soit pour exprimer une intensité extrême. Le cri rend la scène audible et urgente.