Jn 1.14; 2 Co 5.17; Ap 21.6
G1096
Devenir, arriver
La Bible raconte une histoire d’événements : Dieu parle, agit, intervient, et des situations arrivent réellement. Cet arrière-plan rend γίνομαι très naturel : devenir/advenir correspond à une vision où l’histoire n’est pas figée. Les récits bibliques sont pleins de passages : nuit → matin, désert → terre, oppression → délivrance, égarement → retour. Dire qu’une chose advient, c’est reconnaître un tournant. On trouve aussi une logique de création : ce qui n’était pas vient à l’existence par l’action de Dieu. Ainsi, γίνομαι s’accorde avec une pensée biblique du temps comme trajet : les réalités se mettent en place, des saisons changent, des promesses se réalisent, des crises surgissent. Pour un lecteur moderne habitué à lire la foi comme un système d’idées, ce verbe rappelle que la Bible pense en termes de devenir : une parole produit un effet, une situation se transforme, une étape est franchie. Le mot reste sobre : il dit qu’un changement ou un événement s’est produit, mais cette sobriété sert une lecture historique et concrète.
γίνομαι (ginomai) signifie « devenir », « advenir », « arriver », « se produire ». Le verbe met l’accent sur l’entrée dans un état ou sur l’apparition d’un événement : ce qui n’était pas ainsi le devient, ou ce qui n’existait pas “arrive” dans le réel. Il se distingue de εἰμί (“être”), qui décrit un état sans indiquer le passage. γίνομαι a donc une logique de transition : il introduit un avant/après. Selon le contexte, il peut exprimer une transformation (“devenir”), une naissance/venue à l’existence, ou une occurrence narrative (“il arriva que…”). Le garde-fou est de ne pas l’aplatir en “être” quand l’idée est celle d’un événement. Même dans les formules fréquentes du récit, le verbe conserve une nuance d’advenue : quelque chose se met en place, une situation se produit. Comprendre γίνομαι, c’est retenir ce dynamisme : changement, survenue, réalisation d’un fait. Le mot aide à lire le mouvement du texte : il ne décrit pas seulement ce qui est, mais ce qui advient.
Dans l’usage moderne, « devenir » évoque souvent le développement personnel, l’évolution d’une identité ou le changement progressif. γίνομαι est plus large et plus sobre. Le verbe signifie devenir, advenir, arriver, se produire ou entrer dans un nouvel état. La clarification principale est de distinguer être et devenir. Être décrit une condition ; devenir décrit un passage, une transformation ou l’apparition d’un fait. Le mot aide donc à lire le mouvement d’un texte. Il indique qu’une situation se met en place, qu’un événement arrive, ou qu’une réalité prend une nouvelle forme. Un contresens moderne serait de psychologiser le verbe comme s’il parlait toujours d’épanouissement personnel. Selon le contexte, γίνομαι peut simplement dire qu’une chose arrive. Pour un prédicateur, le mot est utile parce qu’il attire l’attention sur les transitions : qu’est-ce qui change ? qu’est-ce qui apparaît ? quel état nouveau est produit ? γίνομαι rappelle que la Bible raconte des événements et des transformations réels. Il permet de parler de l’histoire comme d’un lieu où les choses adviennent sous le regard de Dieu.
Devenir/arriver/se produire : exprime l’apparition d’un état ou d’un événement.
Registre événementiel et logique : “il arrive / cela devient / cela se produit”. Dans Lc 12, ce registre sert au discernement : observer ce qui arrive (météo, temps) et tirer une conclusion vraie.
Utiliser Jn 1.14 : « le Verbe est devenu chair » (incarnation).
devenir, arriver, se produire
Option A : “devenir / arriver” (un événement se produit) ; Option B : “se faire / être fait” (passif ou résultat) ; Option C : tournure idiomatique (“qu’il en soit ainsi”, “advienne que pourra”). L’indice est la construction : sujet + verbe (un fait arrive) → A ; forme passive/causative → B ; formule fixe → C. Dans Lc 12,54–59, le co-texte parle d’un signe qui “arrive” (pluie, chaleur) et d’une conclusion (“il en sera ainsi”) : on retient A/C selon la phrase, sans imposer un sens doctrinal hors co-texte.
Traduire uniformément ; ignorer nuance événement vs changement d’état.
poieō (faire) ; gignōskō (connaître)
G1096 peut décrire (1) un événement qui survient (« il arriva que… ») ou (2) un changement d’état (« devenir »). Dans les récits, il sert souvent de charnière narrative. Dans la théologie johannique (Jn 1,14), il marque un basculement unique : la Parole “devient” chair (incarnation).