Cesser, s’éteindre, venir à manquer — ici : que la foi de Pierre ne s’arrête pas/ ne s’effondre pas totalement au moment de l’épreuve.
Le cœur de ἐκλείπω, c’est l’idée de “manquer / cesser” (quelque chose s’interrompt au point de ne plus être là). Appliqué à « la foi », le mot ne vise pas une foi “moins intense”, mais une foi qui pourrait faire défaut — c’est-à-dire ne plus tenir sa place au moment décisif. Dans la phrase « afin que ta foi ne défaille pas », l’enjeu est donc la non-interruption : que la foi ne “s’éteigne” pas, qu’elle ne se retire pas du champ au point de laisser Pierre sans attachement réel au Messie. Le verbe suggère une limite : il ne promet pas l’absence de chute ou d’incohérence, mais il vise la frontière critique où la foi cesse (rupture) plutôt que de demeurer (continuité). Autrement dit, la formulation porte sur la survie de la foi (elle ne disparaît pas), plus que sur son “niveau”. La phrase fait comprendre que la foi peut passer par une crise, sans “s’éclipser” totalement.
Dans une pensée biblique sémitique, “foi” n’est pas seulement un sentiment intérieur : c’est un attachement, une confiance qui “tient” (fermeté) ou qui “lâche” (rupture). Dire que la foi “défaille” revient à dire qu’elle fait défaut : l’appui manque au moment où il devrait porter, comme une main qui lâche, une lampe qui s’éteint, ou un soutien qui cède. L’idée profonde n’est donc pas “faiblesse” mais discontinuité : la relation de confiance pourrait se rompre au point de ne plus être réellement là. La prière de Jésus vise cette ligne rouge : que Pierre, même en chutant, ne perde pas l’attachement fondamental qui permet le retour. Le sens biblique qui en ressort : la foi peut être éprouvée et humiliée, mais elle ne doit pas “sortir” de l’alliance au sens où elle cesse d’être confiance/adhésion. Ainsi, « ne défaille pas » décrit la foi comme quelque chose qui doit demeurer (ne pas cesser) pour que la restauration soit possible.
En français, “défaillir” peut être entendu comme “se sentir faible”, “avoir un coup de mou”, ou simplement “douter”. Mais dans le verset, l’enjeu est plus radical : que la foi ne cesse pas, qu’elle ne fasse pas défaut au point de s’éteindre. Le texte n’oppose pas “fort” vs “faible”, mais “continuité” vs “rupture”. Pierre n’est pas présenté comme quelqu’un qui ne tombera pas (le reniement est annoncé), mais comme quelqu’un dont la foi ne sera pas anéantie : elle traversera la crise sans disparaître. La phrase éclaire donc le sens de l’épreuve : elle peut produire une chute visible, sans produire l’extinction de la foi. Et elle éclaire le sens de l’intercession de Jésus : elle vise précisément la non-rupture, pour rendre possible un retour réel et un ministère d’affermissement.
Verbe : “cesser / venir à manquer”. Dans Lc 22,32 : prière de Jésus pour que la foi de Pierre ne s’éteigne pas malgré le criblage.
Dans Lc 22,32, “ne défaille pas” signifie : ne pas cesser de croire, ne pas s’éteindre complètement, même si Pierre tombe (reniement).
Réduire le mot à un sentiment (“je ne me sens plus croyant”) au lieu de la dynamique du texte (épreuve + intercession). Confondre “ne pas défaillir” avec “ne pas tomber” : Pierre tombera (reniement), mais sa foi ne s’éteint pas définitivement. Faire du mot une doctrine isolée : ici il sert une promesse pastorale concrète (Jésus prie et garde).
Le verbe peut désigner l’arrêt/cessation (ou l’absence) ; dans Lc 22,32 il est employé de manière figurée pour parler d’une foi menacée de “s’éteindre” sous l’épreuve.
persévérer; tenir ferme; demeurer; rester; être affermi
faillir; manquer; s’éteindre; cesser
Ne pas confondre avec un simple “doute” ou une foi “plus faible” : ici l’idée est l’arrêt/effondrement (cesser), pas seulement une oscillation.
défaillir
Lc 22,32
G1587
ἐκ- + λείπω (idée : “laisser / manquer” → “cesser, venir à manquer”).
ek-LAY-pō (ekleipō)
ekleipō
Dans le co-texte, Jésus annonce une épreuve violente (“Satan a demandé à vous cribler comme le froment”) puis dit explicitement : “j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas”. Le sens n’est donc pas “être moins fort”, mais “cesser/être interrompu” : la foi est menacée de s’éteindre sous l’épreuve. Option A : “manquer / faire défaut” (la foi ne tient plus) ; Option B : “cesser / s’éteindre” (comme une lumière). L’indice qui fait pencher : l’opposition entre le criblage demandé par Satan et l’intercession de Jésus vise la survie/continuité de la foi, malgré la chute annoncée (reniement). Le mot sert ici la logique : épreuve → intercession → foi préservée → mission d’affermir les frères.
- Lc 22,32 — “afin que ta foi ne défaille pas” : Option A “manquer” / Option B “cesser / s’éteindre”. Le co-texte (“cribler comme le froment” + annonce du reniement) indique un risque d’effondrement, pas seulement une baisse d’intensité. L’intercession de Jésus vise la continuité de la foi à travers la chute, afin que Pierre puisse “revenir” et affermir les frères.
Registre d’épreuve et de persévérance : la foi est présentée comme quelque chose qui peut “tenir” ou “cesser” sous la pression. Le mot active l’image d’un “effondrement/arrêt” (comme une lumière qui s’éteint) face au criblage, et met en avant l’intercession de Jésus comme soutien.