dormir; être endormi; (par extension) être non vigilant
καθεύδω signifie dormir, s’endormir. Dans Lc 22,45, le verbe décrit les disciples trouvés endormis quand Jésus revient de prier. Luc ajoute une cause : “de tristesse”. Exégétiquement, le sommeil devient un signe de faiblesse dans l’épreuve, et il sert de contraste avec la vigilance de Jésus. La logique du passage est encadrée par l’exhortation “priez, afin de ne pas entrer en tentation” (v.40 et v.46). Le sommeil apparaît donc comme l’opposé immédiat de la prière vigilante : au lieu de veiller, ils dorment. Le verbe n’a pas besoin d’être spiritualisé : il décrit une réalité physique, mais le récit lui donne une portée : il manifeste une incapacité à tenir dans l’heure. Ainsi, καθεύδω joue un rôle narratif : il prépare la scène suivante (arrestation) en montrant que les disciples ne sont pas prêts. Il souligne aussi l’isolement de Jésus : il porte l’agonie seul. Le mot sert donc la théologie de l’épreuve : sans prière, la faiblesse prend le dessus. Luc ne dit pas qu’ils sont endormis “par paresse”, mais “de tristesse”, ce qui nuance l’interprétation tout en gardant l’appel à la vigilance.
La Bible associe parfois le sommeil à la négligence, mais elle connaît aussi le sommeil comme effet de l’accablement. Les Psaumes décrivent le poids de la détresse, la lassitude qui ferme les yeux, et la tentation de s’éteindre au lieu de veiller. Dans un registre plus large, les récits de veille ratée (sentinelles, gardes) montrent que l’absence de vigilance peut exposer à un danger. Dans Luc 22, les disciples dorment dans une heure d’épreuve, et Jésus les appelle à prier : la pensée sémitique entend ici une leçon d’alliance, où le peuple doit veiller devant Dieu. Le contraste est fort : Jésus, le fidèle, lutte en prière; les disciples fléchissent. Cela rappelle que, dans l’histoire biblique, la fidélité se joue souvent dans la veille et l’écoute de Dieu, surtout la nuit. Ainsi, καθεύδω, dans cette scène, exprime non seulement un état corporel mais aussi une fragilité du peuple, qui aura besoin d’être relevé par la grâce du Messie.
Le sommeil des disciples est parfois lu comme simple paresse ou comme preuve qu’ils ne “se soucient pas”. Luc nuance : ils sont endormis de tristesse. Clarification : le texte reconnaît un accablement réel tout en montrant que cet accablement rend vulnérable à la tentation, d’où l’ordre répété de prier. Pour la prédication exégétique, καθεύδω aide à suivre la scène : exhortation à prier → prière de Jésus → retour → disciples endormis → exhortation à prier. Le sommeil devient le point où le récit expose la faiblesse humaine au moment critique. On reste dans le texte : le but n’est pas de psychologiser les disciples, mais de comprendre le contraste narratif et la raison de l’appel à la vigilance.
Dans les récits (ex. Gethsémané), καθεύδω décrit le sommeil des disciples. Dans les exhortations, il peut désigner une attitude de non-vigilance vis-à-vis du Royaume.
Ne pas confondre avec κοιμάω (dormir, parfois ‘mourir’). Ici, καθεύδω est plus ‘dormir/être assoupi’.
dormir
G2518
katheudō
Option A : sommeil physique (nuit, fatigue). Option B : sommeil figuré = manque de vigilance spirituelle (exhortations : ‘veillez’). L’indice est le genre : récit (Gethsémané) vs exhortation (1 Th 5). Ne pas moraliser un sommeil physique si le texte souligne la faiblesse humaine; mais ne pas neutraliser si le passage vise l’endurdissement.
- Mc 14,37–41 (thème proche) — sommeil physique des disciples : faiblesse face à l’épreuve; indice : “l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible”. - 1 Th 5,6–7 — sommeil figuré : vivre comme ceux qui ne veillent pas; contraste avec ‘veiller et être sobres’.
Registre corps/vigilance : dormir, perdre la vigilance. Dans les passages d’exhortation, devient un registre moral : être ‘endormi’ = vivre sans attention au Royaume et à la venue du Seigneur.