Toponyme : Gomorrhe (sens/étymologie incertaine). Grec : Γόμορρα.
Le toponyme Γόμορρα (« Gomorrhe ») est utilisé dans le NT comme un exemple argumentatif. Dans les paroles de Jésus (Mt 10; Mt 11) et dans certaines épîtres, le nom n’est pas donné pour informer sur une géographie, mais pour produire une comparaison. La logique est rhétorique : si une ville jugée dans l’histoire biblique a reçu un châtiment sévère, alors le rejet d’une révélation plus grande (la présence et la parole de Jésus) rend la responsabilité encore plus grave. Le nom fonctionne donc comme un raccourci narratif : il condense une histoire connue (Gn 19) et il la mobilise comme précédent. Dans cette structure, « Gomorrhe » sert à intensifier l’avertissement, non par excès de mots, mais par puissance de référence. Le lecteur n’a pas besoin qu’on raconte tout le récit de Genèse : le nom suffit à activer la mémoire scripturaire. Ainsi, Γόμορρα est un terme de raisonnement : il fait passer de l’exemple ancien à une conclusion présente. Il faut donc le lire comme un élément de logique comparative et de responsabilité : le mot sert le co-texte, et le co-texte détermine l’accent (avertissement, jugement, gravité du refus).
Dans la mémoire d’Israël, Sodome et Gomorrhe appartiennent aux récits majeurs qui parlent de la justice de Dieu, de la gravité du mal, et de la réalité du jugement. L’arrière-plan de Gn 19 n’est pas un slogan : c’est un récit qui montre que Dieu voit, qu’il juge avec droiture, et qu’il sait aussi délivrer ceux qu’il garde. Cet univers biblique donne au nom « Gomorrhe » une fonction de rappel : il évoque une catastrophe qui n’est pas due au hasard, mais liée à une situation morale et à une décision divine. Quand le NT reprend ce nom, il présuppose cette mémoire et l’emploie comme avertissement. Dans la pensée hébraïque, l’avertissement n’est pas une menace gratuite : il sert à appeler à la repentance et à prendre au sérieux la révélation reçue. « Gomorrhe » rappelle aussi que la responsabilité augmente avec la lumière : plus la parole de Dieu est claire, plus le refus est grave. Ainsi, ces repères de l’univers biblique aident à lire le NT avec sobriété : le nom renvoie à la justice de Dieu, à la réalité du jugement, et à l’appel pressant à écouter. Il s’agit de rester ancré dans le texte, sans projeter des usages culturels modernes sur ce toponyme.
Dans un contexte moderne, « Gomorrhe » est parfois utilisé comme étiquette ou comme slogan pour condamner rapidement. Le NT ne l’emploie pas ainsi. Il l’utilise comme référence biblique précise, au service d’un avertissement déterminé par le passage. La clarification essentielle est donc méthodologique : quand le texte dit « plus supportable pour Sodome et Gomorrhe », il ne demande pas au lecteur de lancer des jugements culturels, mais de comprendre la logique de responsabilité face à la révélation. Le nom sert à rappeler un précédent scripturaire et à mesurer la gravité d’un refus. Un autre contresens serait d’isoler le mot et d’en faire une doctrine complète du jugement. Il faut suivre le co-texte : à qui Jésus parle-t-il, que refusent-ils, et quelle comparaison Jésus établit-il ? L’usage moderne peut aussi oublier la dimension biblique d’appel : l’avertissement vise à conduire à l’écoute, pas à nourrir un goût de condamnation. Lire « Gomorrhe » bibliquement, c’est donc le traiter comme une référence sobre, encadrée par l’argument du passage, et non comme une étiquette. Cela rend la lecture plus juste et plus fidèle au texte.
Nom propre : Gomorrhe (ville associée au jugement de Gn 19).
Gomorrhe est évoquée comme ville de référence (Gn 19) servant d’exemple de jugement; le terme fonctionne comme comparaison/avertissement selon les passages.
Ne pas utiliser le nom comme slogan. Le terme sert une comparaison/avertissement fondé sur Gn 19.
Référence à Gomorrhe comme exemple de jugement (souvent avec Sodome). Sert à comparer la gravité du rejet du message avec un cas connu de l’AT.
repentance / endurcissement (selon passage)
Sodome (souvent associé)
Gomorrhe (référence à Gn 19) vs usages culturels modernes sans lien au texte.
Gomorrhe
Mt 10,15; Mt 11,23–24; 2 P 2,6; Jude 7
G1116
go-mor-re (FR).
Gomorra
Le co-texte (comparaison/avertissement) impose un usage typologique : référence à un précédent biblique de jugement. Ne pas utiliser le nom comme slogan; lire l’argument du passage (responsabilité, rejet, jugement).
Référence-exemple de jugement; sert à intensifier un avertissement sur la responsabilité.
Registre historique et moral : référence à une ville emblématique du jugement divin. Dans le NT, le nom sert souvent d’exemple de gravité du rejet et d’avertissement.