porter dans, faire entrer; introduire
εἰσφέρω signifie porter dans, faire entrer, introduire. Dans Mt 6,13 / Lc 11,4, le verbe sert une logique de direction : on demande à Dieu de ne pas nous faire entrer dans l’épreuve/tentation, c’est-à-dire de ne pas nous y conduire comme dans un chemin où l’on serait exposé au piège. Le mot ne décrit pas une curiosité, mais un passage de seuil : on entre dans une situation. Il structure donc la prière en termes de conduite : Dieu guide le chemin, et le croyant demande une protection dans la trajectoire. εἰσφέρω met en relief que la tentation n’est pas seulement un “moment”, mais un lieu où l’on peut être introduit, d’où l’appel à être gardé et délivré.
L’arrière-plan biblique parle du chemin : Dieu conduit son peuple, et l’épreuve révèle le cœur. La prière demande donc une guidance paternelle : ne pas être mené dans une situation où l’on cède. La pensée sémitique lie épreuve et fidélité : Dieu peut permettre l’épreuve, mais il ne séduit pas au mal. Demander “ne nous fais pas entrer” exprime une dépendance humble : reconnaître sa faiblesse et demander la protection. Cela rejoint aussi la sagesse : éviter les chemins dangereux, chercher la délivrance. Ainsi, eispherō s’inscrit dans une théologie de conduite : Dieu guide, et le disciple demande d’être gardé.
On peut lire “induire” comme un problème théologique (“Dieu induit-il ?”). Clarification : le verbe parle d’entrée dans une situation. La prière demande au Père de protéger et de guider, parce que nous sommes fragiles. Eispherō aide à entendre le ton : ce n’est pas une accusation envers Dieu, mais une dépendance. Le mot rend la demande très concrète : ne pas franchir le seuil vers l’épreuve qui mène à la chute, mais être gardé et délivré.
Faire entrer / introduire. Dans Lc 11,4 : “ne nous induis pas en tentation” = ne nous fais pas entrer dans l’épreuve.
Lc 11,4 : introduire = faire entrer dans une situation d’épreuve; prière de protection et de guidance.
Ne pas conclure que Dieu “tente” au sens de piéger : la Bible distingue l’épreuve et la tentation. Ici, c’est une prière de protection. Garder le co-texte de la paternité de Dieu.
Moins fréquent; sert surtout dans des expressions d’entrée/conduite. Dans le Notre Père, c’est une demande de protection.
garder hors; délivrer (selon contexte)
faire entrer, conduire dans
πειράζω — tenter/éprouver (verbe) ; πειρασμός — épreuve/tentation (nom) ; conduire (idée) ≠ piéger (idée)
introduire
Lc 11,4 ; Mt 6,13 ; Jc 1,13
G1533
èïs-fé-rô
eispherō
Option A : introduire au sens concret (faire entrer quelque chose) ; Option B : introduire dans une situation (faire entrer dans l’épreuve). L’indice est la prière (Lc 11,4) : c’est une demande de protection du chemin. On retient donc B : ne pas être conduit/amené à entrer dans une situation d’épreuve qui mène à la chute.
- Lc 11,4 — “ne nous fais pas entrer” : demande de protection (ne pas entrer dans l’épreuve/tentation).
Registre chemin/épreuve : entrer dans une situation, être conduit. Dans la prière, cela exprime une dépendance : demander au Père de garder les pas.