Dominer; exercer un pouvoir sur; être maître de (personnes/choses).
κυριεύω signifie dominer, exercer une seigneurie sur, être maître de. Dans Lc 22,25, le verbe décrit le style des nations : la domination comme mode normal de gouvernance; il sert de toile de fond au “pas ainsi parmi vous”. Logiquement, κυριεύω exprime une relation asymétrique : l’un impose, l’autre subit. Dans Rm 6,14, le verbe est utilisé autrement : le péché ne dominera pas sur vous; il sert alors à décrire un pouvoir qui tient une personne captive. Le mot oblige donc à préciser l’objet : dominer des personnes (politique), ou dominer une personne (péché). Dans Luc 22, il éclaire la dispute des disciples : ils risquent d’importer dans la communauté la logique de domination et de titres. Jésus réoriente en opposant deux règnes : le règne des nations (domination) et le règne du Messie (service). κυριεύω devient ainsi un mot-clé pour comprendre ce que Jésus refuse : une autorité qui s’exerce comme possession et contrôle, au lieu d’une autorité qui sert.
La Bible décrit la domination comme un effet du péché : royaumes oppressifs, esclavage, et “maîtres” qui exploitent. L’arrière-plan de l’Exode est important : Dieu délivre de la domination de Pharaon, puis forme un peuple dont la loi limite l’oppression. Dans ce cadre, κυριεύω (dominer) peut être entendu comme ce que Dieu refuse pour son peuple : reproduire les schémas des nations. Paul reprend le mot pour parler du péché qui domine comme un maître : c’est un langage d’esclavage. La pensée sémitique voit donc la domination comme un règne concurrent, qu’il soit politique ou spirituel. Luc 22 place cette domination en contraste avec le règne messianique : Jésus refuse que ses disciples s’organisent comme des seigneurs. Le mot éclaire la logique d’alliance : le peuple libéré ne doit pas redevenir oppresseur, car l’autorité du Royaume est une autorité de service.
Le verbe “dominer / maîtriser” peut être compris comme n’importe quelle forme d’autorité, ou même comme une compétence (“maîtriser un sujet”). Dans Luc 22, le contexte fixe le sens : Jésus décrit un style d’autorité des nations où l’on exerce un pouvoir “sur” les autres, en cherchant reconnaissance et titres, puis il dit : “pas ainsi parmi vous”. Clarification : le texte ne supprime pas toute autorité (il promet même une participation au Royaume), mais il refuse une autorité vécue comme possession et contrôle. Pour la prédication exégétique, κυριεύω aide à suivre la structure : portrait des nations (dominer) → interdiction “pas ainsi” → redéfinition par le service → exemple de Jésus “au milieu”. Cela garde l’auditeur dans le texte et évite un glissement vers un débat moderne sur “autorité oui/non” : l’enjeu lucanien est la forme de l’autorité et son intention. Le verbe sert donc à dévoiler une logique de domination que Jésus juge incompatible avec le Royaume, et à mettre en relief la logique inverse : autorité comme service et charge assumée pour les autres. Point important : la critique n’est pas dirigée vers l’exercice de responsabilités, mais vers l’usage du pouvoir pour se faire servir et se faire nommer. Le passage donne lui-même le test : Jésus, qui est véritablement Seigneur, se met comme serviteur; donc la “seigneurie” du Royaume s’exprime autrement.
Verbe : dominer / avoir pouvoir. Peut décrire une domination politique (Lc 22,25), la domination du péché ou de la mort (Rm 6), ou l’autorité du Christ (Rm 14,9).
En Lc 22,25, le verbe décrit la domination des rois des nations (“ils dominent/maîtrisent”). Jésus s’en sert pour contraster avec l’autorité-servante parmi ses disciples : grandeur = service.
Ne pas confondre avec “régner” (basileuō) : ici accent sur domination/maîtrise. Dans Rm 6,14, ne pas transformer en fatalisme : c’est une promesse liée à la grâce.
Décrit la domination (pouvoir) et sert à dire que le péché/la mort ne doivent plus ‘dominer’ sur le croyant (Rm 6).
βασιλεύω (régner) : royauté; κατακυριεύω (dominer tyranniquement) : domination plus oppressive; ici “avoir pouvoir”.
maîtriser
Lc 22,25; Rm 6,9.14; Rm 7,1; 2 Co 1,24
G2961
kurieuō — « ku-ri-eu-ô » (approx.)
kurieuo
Identifier le sujet qui domine (rois, péché, mort, loi, Christ) et l’objet dominé. Traduire ensuite : dominer / avoir pouvoir. Garder la nuance morale/spirituelle quand le sujet est une “force”.
- Lc 22,25 — “maîtriser/dominer” : nuance d’exercice de pouvoir “à la manière des nations”, qui s’impose par le haut. - Indice de co-texte : contraste immédiat “pas ainsi parmi vous… mais…” (v.26) → le mot est présenté comme modèle à ne pas reproduire, pas comme simple leadership.
Registre pouvoir/maîtrise : autorité qui gouverne ou contrôle. Dans Paul, registre spirituel/éthique : qui ‘règne’ sur la vie (péché, mort, loi, Christ).