κόπος désigne un effort pénible ou une peine qui fatigue; dans Mt 26,10 il qualifie la peine infligée à la femme par les reproches des disciples (“pourquoi lui faites-vous de la peine?”).
Le grec utilise κόπος pour donner un poids concret à l’objection: ce n’est pas seulement une discussion, c’est une charge imposée à une personne. La question de Jésus (“pourquoi…?”) fait apparaître une logique: reproche → affliction → correction; le terme sert à requalifier l’indignation des disciples comme une injustice relationnelle. En nommant la “peine”, Jésus déplace le centre: du calcul (valeur du parfum) vers la réalité du geste (bonne œuvre) et vers la manière dont on traite la personne. Ainsi le mot agit comme un pivot qui transforme le débat en discernement moral.
La pensée biblique sémitique valorise souvent l’acte qui honore Dieu et prend au sérieux la dignité de la personne; humilier ou écraser par des paroles est un mal réel, même si l’on se croit “juste”. Dans ce cadre, “faire de la peine” rejoint le thème de ne pas briser le roseau froissé et de ne pas accabler le faible; Jésus protège la femme contre une accusation qui la met au rang d’un “problème”. L’arrière-plan cultuel est aussi présent: un geste d’honneur rendu au Messie est interprété, et la parole peut soit bénir soit accabler. Cela donne une profondeur: la justice biblique ne se limite pas à l’argent; elle inclut la miséricorde et la justesse de jugement.
Un lecteur moderne peut réduire la scène à un débat “budget vs pauvres”; κόπος rappelle que la discussion devient une pression personnelle et une humiliation. La clarification utile est de voir que Jésus ne nie pas l’existence des pauvres, mais il refuse que l’on écrase une personne au nom d’un argument utilitariste. Le mot aide donc à comprendre l’enjeu: comment juger un acte et comment traiter quelqu’un qui fait un acte de dévotion. Lire ainsi enrichit la compréhension moderne: une parole peut produire une peine réelle, même quand elle se présente comme “raisonnable”.
Terme de peine/lourdeur: peut désigner le labeur ou la peine infligée; dans Mt 26,10, il décrit la peine causée à la femme par des reproches injustes.
Dans Mt 26,10, “faire de la peine” signifie importuner et affliger la femme par une indignation accusatrice; Jésus requalifie ainsi la critique comme une charge injuste contre elle.
Piège: lire le reproche des disciples comme un débat économique seulement; le mot souligne la souffrance relationnelle et la dureté de leur jugement. Piège: appliquer le sens “travail” ici; le passage parle d’une peine infligée, pas d’un effort fourni.
Peut désigner le labeur et la fatigue, ou le fait d’imposer une peine à quelqu’un; le contexte décide si l’accent est sur le travail ou sur l’affliction provoquée.
joie; soulagement; repos
peine; chagrin; ennui; importunité
Ne pas confondre “faire de la peine” avec une simple remarque neutre: ici, le mot accuse une pression injuste qui écrase la femme. Ne pas confondre non plus la “peine” de ce verset avec le “travail” au sens d’activité productive, même si le même mot peut couvrir les deux.
peine
Mt 26,10
G2873
κόπος
ko-pos (approx.)
kopos
Le co-texte est un reproche: les disciples s’indignent et parlent de gaspillage, et Jésus répond en défendant la femme; la question “pourquoi faites-vous de la peine…?” contraint κόπος à l’idée d’imposer un chagrin/une lourdeur par des paroles et une attitude. Option A (peine = fatigue/travail) / Option B (peine = chagrin/ennui infligé) : ici la scène relationnelle et la défense de Jésus imposent l’option B. Le sens doit donc rester pastoral et narratif, pas “professionnel”.
- Mt 26,10 — “faire de la peine” à la femme : Option A (κόπος = travail/fatigue) / Option B (κόπος = peine/ennui infligé). Le co-texte relationnel (reproches, défense de Jésus) impose l’option B: le mot désigne une charge émotionnelle et sociale imposée par un jugement injuste. La nuance importante est le déplacement du débat: du calcul à la dignité de la personne et à la valeur du geste.
Registre relationnel et affectif: causer de la peine, importuner, rendre un acte lourd pour quelqu’un. Le mot active aussi, ailleurs, le registre du travail/labeur; dans ce passage précis, il sert à nommer une souffrance provoquée par la critique.