🇬🇷

regarder — ἐμβλέπω — emblepo

Sens (principal)

Verbe : regarder fixement, poser un regard dirigé et significatif sur quelqu’un.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

Dans Lc 22,61, ἐμβλέπω décrit le regard de Jésus vers Pierre : non pas un simple “voir”, mais un regard dirigé, marqué, qui fait basculer la scène. La logique du récit est construite comme une montée : Pierre suit de loin, se place au feu, renie trois fois. Le chant du coq marque l’instant exact annoncé. Puis, Jésus se retourne et “regarde” Pierre : ἐμβλέπω devient le pivot. Le grec souligne ainsi que l’épreuve n’est pas seulement sociale (accusations, foule), elle est relationnelle : Pierre est soudain placé face au Seigneur. Ce regard n’est pas commenté par Luc (pas de psychologie), mais il est décrit par ses effets : Pierre se souvient de la parole du Seigneur et pleure. ἐμβλέπω sert donc à relier deux choses : la parole annoncée et la conscience du disciple. Le regard met la parole en mémoire. La structure est : reniement → signe → regard → souvenir → larmes. Ainsi, ἐμβλέπω n’est pas un détail visuel; il est un acte narratif qui relie Jésus et Pierre au moment de la chute. Le garde-fou est de ne pas inventer une “émotion” de Jésus à partir du verbe seul. Luc ne dit pas “colère” ou “tendresse”. Ce que le texte dit, c’est que le regard déclenche le souvenir, donc la vérité. ἐμβλέπω porte alors une densité de jugement et de grâce : jugement parce que la réalité est exposée, grâce parce que le disciple est ramené à la parole au lieu d’être laissé dans le mensonge. Le verbe souligne aussi la souveraineté de Jésus : même lié, même conduit, Jésus garde la maîtrise de la scène par un simple regard. Ce regard n’empêche pas la Passion, mais il garde un disciple en train de tomber. ἐμβλέπω met donc en évidence une logique christocentrique : Jésus n’est pas seulement l’objet du procès, il est le Seigneur qui voit et qui rappelle sa parole. Le lecteur comprend que le reniement n’a pas le dernier mot : la vérité rejoint Pierre. La restauration commencera par ce retour à la parole. Ainsi, ἐμβλέπω dans Lc 22,61 est le geste minimal mais décisif qui fait sortir Pierre de la spirale du déni : il ne renie plus, il se souvient. Et cette mémoire ouvre la repentance. Le mot permet de lire la scène comme un moment de révélation : la lumière du Seigneur atteint le disciple dans la nuit.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’univers biblique, le regard n’est pas neutre : Dieu voit, Dieu connaît, et le fait d’être “vu” par Dieu met en lumière le cœur. Les Psaumes parlent de l’œil du Seigneur sur les humains, non comme surveillance froide, mais comme vérité qui juge et qui garde. Le regard de Jésus vers Pierre, en Lc 22, s’inscrit dans cette logique : il n’est pas un “effet dramatique” seulement, il est une visitation. Un mot de vie auprès de Dieu, ici, est de comprendre que la restauration commence quand le cœur cesse de se cacher. Pierre est en train de se protéger par le reniement; le regard du Seigneur le ramène à la parole. La pensée hébraïque relie souvent vérité et retour : Dieu rappelle, Dieu reprend, afin que le peuple revienne. Ici, Jésus ne prononce pas une condamnation; il regarde. Ce regard est suffisant pour réveiller la mémoire. Ainsi, il fonctionne comme un rappel d’alliance : la parole de Dieu revient, et le disciple retrouve la vérité. La Bible connaît aussi la pédagogie de la lumière : ce qui est caché sera révélé. Lc 22 montre cette lumière de façon très personnelle : le Seigneur voit Pierre. Ce “voir” n’est pas seulement connaissance; c’est un moment où l’homme se sait connu. Et cette connaissance fait tomber le masque. Un mot de vie auprès de Dieu est donc : accepter d’être vu par le Seigneur. Ce n’est pas d’abord humiliant; c’est salvateur. Car le regard de Dieu ne laisse pas le disciple s’installer dans le mensonge. Il expose, mais pour ramener. Le texte reste christocentrique : Jésus, en chemin vers l’injustice, demeure le Seigneur qui voit. Cette seigneurie n’est pas domination; elle est fidélité. Le regard devient le lieu où la parole annoncée se vérifie et où le cœur revient. Les larmes de Pierre sont alors un signe biblique : un cœur contrit qui cesse de nier. Ainsi, ἐμβλέπω éclaire une vérité d’alliance : Dieu connaît la chute, et Dieu peut ramener par un simple rappel. Le regard du Seigneur met en lumière, et cette lumière ouvre la repentance. C’est un mot de vie auprès de Dieu : la vérité est douloureuse, mais elle guérit. Et être vu par le Seigneur, c’est être appelé à revenir.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Un contresens moderne est de traiter le “regard de Jésus” comme une simple scène émotionnelle, qu’on remplit avec nos suppositions : Jésus serait “furieux” ou “déçu”. Luc ne décrit pas l’émotion; il décrit l’effet : Pierre se souvient et pleure. La clarification est donc : le regard, dans le texte, est un dispositif narratif de vérité. Il relie Pierre à la parole de Jésus. Un autre contresens occidental est de croire que la repentance viendrait d’un discours intérieur (“Pierre se raisonne”). Luc montre autre chose : un signe extérieur (coq) et une présence (regard) réveillent la mémoire de la parole. Donc, le changement n’est pas produit par une simple introspection; il est produit par une confrontation à la vérité. Le garde-fou est de ne pas spiritualiser le regard comme une “force” magique. Le texte montre une logique simple : Jésus avait annoncé; l’annonce se réalise; le regard rappelle l’annonce; Pierre reconnaît la vérité et pleure. Pour un lecteur moderne, cela corrige une idée : on peut sortir d’une spirale de déni non pas par auto-justification, mais par retour à une parole vraie. Pierre renie trois fois, puis cesse. Pourquoi ? Parce qu’il est ramené à la parole du Seigneur. Le regard n’est donc pas une manipulation, mais une lumière. Dans notre culture, être “regardé” peut être vécu comme jugement social (honte). Luc montre un autre jugement : être regardé par le Seigneur, c’est être ramené à la vérité. Cela fait mal, mais cela sauve. La correction biblique est donc : ne confonds pas honte et repentance. La honte pousse à cacher; la repentance, ici, pousse à sortir et pleurer. Le regard du Seigneur produit un déplacement : Pierre sort du cercle du feu, donc de l’espace de pression. Clarification : la restauration commence souvent par ce déplacement hors du mensonge. Ainsi, ἐμβλέπω devient un mot pédagogique : un regard peut suffire pour faire tomber un masque quand il renvoie à une parole vraie. Pour le lecteur occidental moderne, cela invite à lire la scène sans sentimentalisme : ce qui compte, ce n’est pas l’émotion qu’on imagine chez Jésus, mais la vérité de sa parole qui rejoint Pierre. Le regard est vérité et grâce à la fois : vérité, parce que Pierre est démasqué; grâce, parce que Pierre est ramené. Et cela ouvre une issue : la chute n’est pas la fin, parce que le Seigneur voit et rappelle sa parole.

Courte description — (aide remplissage)

Verbe de regard dirigé, marquant une attention particulière ou un moment de vérité.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans les passages liés à cette fiche, ἐμβλέπω désigne un regard dirigé qui révèle, appelle ou met une personne devant la vérité.

Pièges lexicaux

Ne pas réduire le verbe à un simple coup d’œil. Le texte met souvent en avant un regard chargé de sens.

Usage biblique (mini)

Le mot sert à montrer qu’un regard peut devenir lieu de révélation, de rappel ou d’appel.

Antonymes / contrastes (FR)

ignorer ; détourner les yeux ; passer sans voir

Synonymes / proches (FR)

regarder fixement ; poser les yeux sur ; considérer

À ne pas confondre avec…

Un simple verbe visuel neutre. Ici, le regard porte un poids narratif et relationnel.

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Salut / grâce / foi
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

regarder

Versets clés (liste)

(selon occurrences du passage où il apparaît)

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G1689

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Prononciation — (aide remplissage)

em-blé-pô

Translit. — NOYAU

emblepo

Vérifiable
Champs sémantiques
GrâceRévélation
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot ne signifie pas simplement voir. Il désigne un regard orienté vers une personne ou une réalité, souvent chargé de vérité, d’attention ou de discernement.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Lc 22,54–62 : le regard de Jésus vers Pierre déclenche le souvenir, la vérité et les larmes. - Jn 1,35–39 : le regard de Jésus ouvre la scène du premier discipulat et révèle ce que cherchent les disciples.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot active un registre relationnel et révélateur. Un regard peut faire basculer une scène, rappeler une parole ou ouvrir un chemin de vérité.

✅ Vérification des pensées — Pensée grecque (logique / structure) | Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) | Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots chacune