Retour dangereux à l’état d’esclavage ou d’idolâtrie après la délivrance.
ὑποστρέφω (hupostrephō) signifie retourner, revenir en arrière, faire demi-tour. Le verbe décrit un mouvement réel : quitter une position pour revenir vers un point de départ ou vers un lieu antérieur. La nuance dépend souvent de ce que le contexte valorise : le retour peut être neutre (revenir à un lieu) ou chargé (retour après un événement, retour qui révèle un choix). Lexicalement, l’idée centrale est le changement de direction : on se détourne d’un trajet en cours pour reprendre une direction précédente. Exégétiquement, le mot devient important quand le récit ou le discours met en contraste deux orientations : avancer ou revenir; persévérer ou retourner. Le garde-fou est de ne pas moraliser automatiquement : le verbe, en lui-même, n’est pas “péché” ou “vertu”. C’est le co-texte qui indique si le retour est une obéissance (revenir vers quelqu’un, revenir annoncer) ou un recul (retourner vers une ancienne situation). Ainsi, hupostrephō sert à décrire une action de retour qui peut signaler soit une simple transition géographique, soit un signe narratif : le personnage choisit de revenir, et ce retour a un sens. Le mot reste concret, mais il peut porter une portée directionnelle selon le passage.
Dans l’arrière-plan biblique, la notion de “retour” est fortement marquée par l’idée de se tourner : retourner vers Dieu (repentance) ou retourner vers l’idolâtrie (rechute). Le repère fréquent est l’appel : “revenez à moi”, qui suppose que l’être humain s’est détourné. Cela montre que le “retour” n’est pas seulement un déplacement : il peut exprimer une orientation du cœur. En même temps, la Bible raconte des retours géographiques (revenir au pays, revenir chez soi) qui prennent parfois une signification spirituelle parce qu’ils manifestent une fidélité ou une désobéissance. Cette toile de fond éclaire hupostrephō : le retour peut être un signe de restauration (revenir vers la parole de Dieu) ou un signe de régression (revenir à des esclavages anciens). Pour un lecteur moderne, ce cadre aide à lire sans simplifier : le mot “retourner” peut être un acte d’humilité (revenir, reconnaître, se placer sous l’autorité de Dieu) ou un acte de résistance (refuser d’avancer). La Bible invite donc à discerner : vers quoi retourne-t-on, et pourquoi ? Le retour devient un langage d’alliance : orientation retrouvée ou infidélité répétée.
Le mot “retourner” peut paraître banal : on revient simplement d’un lieu à un autre. Hupostrephō oblige pourtant à une lecture attentive, car le retour peut marquer une décision. Un contresens moderne serait de traiter tous les “retours” comme neutres, alors que certains textes utilisent le retour pour montrer un recul, une hésitation, ou au contraire une réaction de joie et d’obéissance. La clarification utile est de suivre la question : retourner vers quoi ? Un lieu, une personne, une ancienne situation, une ancienne dépendance ? C’est l’objet du retour qui donne la couleur. Un autre contresens serait de psychologiser : “revenir” = être faible. Le verbe décrit d’abord un mouvement, pas une étiquette. Mais il peut servir de signal narratif : on voit une orientation changer. Pour l’étude lexicale, on retient donc : (1) changement de direction, (2) reprise d’un point antérieur, (3) valeur déterminée par le co-texte. Ainsi, hupostrephō aide à parler avec précision : revenir n’est pas toujours pareil, et le texte dit pourquoi ce retour compte.
Dans ce passage, le terme désigne le danger de retomber dans l’esclavage ou l’idolâtrie après la délivrance.
Dans Lc 17,15, ὑποστρέφω signifie : revenir vers Jésus après avoir constaté la guérison, dans un mouvement qui exprime la reconnaissance (glorifier Dieu, rendre grâces).
Piège 1 : moraliser automatiquement “retourner” (rechute) alors que le texte peut décrire un simple déplacement. Piège 2 : traiter le retour comme un détail, alors qu’il peut marquer un contraste important (aller vs revenir; neuf vs un). Piège 3 : oublier l’objet du retour (vers qui/quoi) : c’est lui qui donne la nuance.
Souvent utilisé dans les récits pour décrire un retour concret (revenir en ville, revenir vers une personne). Dans Lc 17,11–19, il souligne le contraste : un seul “revient” vers Jésus pour glorifier Dieu et rendre grâce, alors que les autres continuent leur route.
avancer; persévérer; demeurer; rester; continuer
revenir; retourner; faire demi-tour; repartir en arrière
Ne pas confondre avec μετανοέω (se repentir) : ici, ὑποστρέφω décrit d’abord un mouvement. Ne pas confondre non plus avec ἀνακάμπτω (revenir/retourner, autre verbe de retour) : le contexte déterminera le verbe exact.
retourner
Lc 17,15; Lc 17,11–19 (retour du Samaritain)
G5290
ὑποστρέφω (de ὑπό + στρέφω)
hu-po-stre-phō (approx.)
hupostrepho
Option A : retour neutre (revenir à un lieu / revenir vers quelqu’un). Option B : retour chargé (recul, retour vers une ancienne situation, ou retour significatif après un événement). Le co-texte tranche par l’objet du retour (vers qui/quoi) et par l’évaluation implicite/explicite du passage (joie, obéissance, reproche, avertissement). Ne pas moraliser automatiquement : le verbe décrit d’abord un mouvement. Mais si le passage oppose avancer/retourner, ou présente le retour comme signe d’un choix, on retient B. Interdiction : ne pas tirer une doctrine de “rechute” si le passage ne parle que d’un déplacement. Le sens retenu doit suivre l’intention narrative ou l’argument du texte.
- Lc 17,11–19 — v.15 : le “retour” (ὑποστρέφω) du Samaritain n’est pas un simple déplacement. Indice de co-texte : il revient « glorifiant Dieu à haute voix » et « rendant grâces » aux pieds de Jésus. La nuance est donc un retour-signature : il manifeste une reconnaissance qui revient vers Dieu et vers Jésus, en contraste explicite avec les neuf autres.
Registre spatial et directionnel : déplacement, changement de trajectoire, demi-tour. Selon le passage, ce mouvement devient aussi un marqueur narratif (retour après une guérison, retour vers une ville, retour vers quelqu’un) qui met en évidence une décision ou une réaction.