Royal, appartenant au roi ou digne du roi.
Le mot κρίσις désigne le jugement, la décision ou l’évaluation qui tranche une situation. Sa logique grecque vient de l’idée de distinguer, séparer, discerner. Il ne s’agit pas seulement d’une condamnation automatique. Le mot peut désigner l’acte de juger, le résultat du jugement, ou le cadre dans lequel une décision est rendue. Pour l’expliquer correctement, il faut observer qui juge, selon quel critère, et avec quel effet. κρίσις peut être judiciaire, moral, spirituel ou communautaire. La nuance dépend donc du co-texte. Le mot est fort parce qu’il implique une distinction : une chose est reconnue comme juste ou injuste, vraie ou fausse, recevable ou condamnable. Il ne faut pas le réduire à une opinion personnelle. Dans le grec biblique, le jugement engage souvent une autorité et une responsabilité. Il peut révéler ce qui était caché dans une attitude ou une situation. κρίσις invite donc à lire attentivement les critères du passage. Le mot ne dit pas seulement qu’une décision est prise ; il montre qu’une réalité est évaluée et séparée selon une norme.
Dans l’univers biblique, le jugement est lié à la justice de Dieu. L’Ancien Testament ne présente pas le jugement seulement comme une punition ; il peut aussi signifier établir le droit, défendre l’opprimé, dévoiler le mensonge et remettre les choses à leur place. Cette sensibilité éclaire κρίσις. Le mot ne doit pas être compris uniquement comme condamnation, même si la condamnation peut en faire partie. Juger, dans la Bible, c’est discerner selon une norme juste. Le jugement révèle ce qui est vrai devant Dieu. Pour un lecteur moderne, le mot « jugement » évoque souvent une attitude négative, moralisatrice ou oppressive. La pensée biblique est plus large : sans jugement juste, l’injustice reste masquée et les victimes ne sont pas reconnues. κρίσις peut donc porter une dimension de vérité. Il faut toutefois regarder le co-texte pour savoir si le mot insiste sur discernement, condamnation, décision ou restauration du droit. La pensée hébraïque rappelle que le jugement appartient ultimement à Dieu, même lorsqu’il passe par des médiations humaines. Le mot appelle donc une lecture sobre : il nomme une décision selon la vérité, non une simple réaction personnelle.
Le mot κρίσις est difficile pour un lecteur moderne, car « jugement » est souvent entendu comme condamnation dure ou manque de tolérance. Cette réaction peut empêcher de voir la nuance du mot. κρίσις signifie d’abord une décision qui discerne et tranche. Il peut aboutir à une condamnation, mais il n’est pas réductible à une attitude de rejet. La clarification principale est de distinguer jugement juste et jugement arbitraire. Le mot demande toujours : quel critère est utilisé ? qui juge ? qu’est-ce qui est distingué ? Dans une culture qui valorise l’opinion individuelle, κρίσις rappelle que tout jugement biblique n’est pas une préférence personnelle. Il renvoie à une norme, une vérité ou une autorité. Il faut aussi éviter l’excès inverse : employer le mot pour justifier toute sévérité. Le co-texte doit décider si le jugement est divin, humain, communautaire, moral ou eschatologique. Le mot invite à une lecture précise. Il ne signifie pas « critiquer » au sens vague, mais évaluer et trancher selon ce qui est juste. Pour comprendre κρίσις, il faut donc chercher la distinction que le texte opère, plutôt que projeter nos peurs modernes du jugement.
Adjectif qui qualifie ce qui relève de la royauté ou porte son autorité.
Aimer son prochain accomplit la loi royale et exclut le favoritisme.
Ne pas lire comme luxe ou privilège social.
Désigne ce qui appartient au roi, au royaume ou à une autorité royale.
commun, servile, inférieur
royal, souverain, du royaume
Aristocratique, mondain, prestigieux.
royal
Jc 2,4 ; Jc 2,12–13
G0937
κρίνω / κρίσις
kri-SIS
basilikos
Option A : jugement ou tribunal humain. Option B : discernement de valeur devant Dieu. Dans Jc 2,1–13, le co-texte des préférences envers le riche et le pauvre fait préférer une nuance de jugement discriminant et coupable. Le mot ne désigne pas seulement une décision neutre ; il révèle une manière de juger contraire à la miséricorde et à la loi royale.
- Jc 2,1–13 — Jc 2,4 : Option A : jugement discriminant entre les personnes ; Option B : simple évaluation pratique. Le contraste riche/pauvre et l’expression de pensées mauvaises font préférer l’Option A. La nuance est morale : la communauté devient juge selon des critères contraires à la foi au Seigneur de gloire.
Domaine éthique et théologique. L’amour du prochain est présenté comme norme du royaume.