Lc 23,35; Ga 6,7
G1592
se moquer, tourner en dérision
L’AT décrit souvent la moquerie comme la posture du “moqueur” qui méprise la sagesse et s’oppose à Dieu (Ps 1 : le siège des moqueurs). Les prophètes montrent aussi la dérision des nations ou des impies face aux actes de Dieu, mais Dieu renverse cette moquerie par son jugement. La scène de la passion, où l’on se moque du Juste, évoque aussi le motif du juste persécuté et raillé (Psaumes) : la dérision devient un signe d’incrédulité et de violence symbolique (honte publique). L’arrière-plan honorifique (honneur/honte) est important : se moquer, c’est tenter de retirer l’honneur et d’écraser publiquement. Pourtant, Dieu justifie le Juste et retourne la honte.
Le préfixe ἐκ- donne l’idée d’une moquerie “au grand jour / ouverte”, et le verbe décrit une réaction qui accompagne l’observation (“ils se moquaient”). Dans la logique narrative, il marque l’opposition entre la situation apparente (faiblesse) et la prétention de jugement des moqueurs. Le grec reste descriptif : il nomme l’acte de dérision comme un élément du tableau public.
La moquerie peut être vue comme “simple sarcasme”. Dans le récit biblique, c’est une violence relationnelle : elle humilie, elle attaque l’honneur, elle cherche à délégitimer. Lire ce mot aide à prendre au sérieux les mécanismes d’humiliation et de mépris, notamment dans la passion. La Bible n’excuse pas la dérision; elle la montre comme un symptôme d’un cœur endurci. Cela protège aussi d’une lecture superficielle : ici, la moquerie vise la personne et l’œuvre de Dieu.
Dans Lc 23,35, il décrit l’attitude des chefs qui se moquent de Jésus (scène de dérision).
Registre social et verbal : raillerie publique, humiliation. Le mot active l’univers de l’honneur/honte (ridiculiser un condamné devant la foule).
se moquer; railler; tourner en dérision
Le sens est fixé par le co-texte de moquerie (paroles de défi, sarcasme). On ne généralise pas en “insulte” vague : le mot décrit une dérision (ridiculisation). À l’inverse, on n’y lit pas une psychologie complexe : le texte décrit un acte de moquerie observé.
Ne pas confondre moquerie et simple humour : ici, il s’agit de mépris/raillerie.
χλευάζω (railler) : proche; ici nuance de dérision méprisante (gestes/paroles).
- Moquerie méprisante, raillerie publique. - Dans les scènes de passion, s’inscrit dans le registre honneur/honte (humilier).