On conduit Jésus avec deux malfaiteurs pour être exécuté. Arrivé au lieu appelé le Crâne, on le crucifie, et Jésus prie : « Père, pardonne-leur ». Les soldats se partagent ses vêtements et se moquent, disant qu’il sauve lui-même s’il est le Christ. Une inscription est placée au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs ». La royauté de Jésus est proclamée dans l’humiliation.
- On conduit Jésus avec deux malfaiteurs pour être exécuté (v. 32). - Arrivé au lieu appelé le Crâne (Golgotha en hébreu, v. 33), on le crucifie entre les deux. - Jésus dit : « Père, pardonne-leur » (v. 34), parole unique de pardon en plein supplice. - Les soldats se partagent ses vêtements en tirant au sort (v. 34b). - Le peuple et les chefs se moquent : « Il a sauvé les autres, qu’il se sauve lui-même » (v. 35). - Les soldats se moquent aussi et lui offrent du vinaigre (v. 36–37). - L’inscription « Celui-ci est le roi des Juifs » est placée au-dessus de lui (v. 38).
L’angle de cette péricope est de montrer l’amour pardonnant de Jésus au cœur même de la croix, alors qu’il prie pour ses bourreaux. Elle met en évidence la contradiction apparente entre l’abaissement extrême et la royauté réelle proclamée par l’inscription de Pilate. Le texte révèle que le Messie règne précisément en donnant sa vie, et que sa première parole sur la croix est un pardon qui annonce le salut. La visée est christocentrique : Jésus accomplit l’Écriture et assume le titre royal dans l’humiliation.
Question : Jésus pardonne-t-il automatiquement sans repentance ? Clé : il demande au Père de « ne pas tenir compte » (v. 34), montrant l’amour, mais le texte ne dit pas que la repentance est inutile ; il révèle le cœur du Messie avant la réponse humaine. Question : pourquoi Luc ne mentionne-t-il pas la couronne d’épines ni les gifles ? Clé : Luc centre le récit sur la prière, les moqueries et l’inscription, mettant en avant la royauté et le pardon plutôt que la violence physique.
Le problème est que Jésus est rejeté par tous (chefs, peuple, soldats) comme un imposteur royal et un malfaiteur. La question est : qui est-il vraiment ? Luc répond par l’inscription de Pilate et la prière de Jésus : c’est le Roi qui pardonne.
Le Messie règne par la croix : Jésus pardonne, accomplit l’Écriture et assume le titre royal dans l’abaissement.
Ps 22,19; Es 53,12; Mt 27,33–38; Mc 15,22–28; Jn 19,19–24
- Jésus : aucune émotion nommée, mais une prière de pardon qui révèle un cœur en paix. - Les chefs : moquerie, sarcasme (« sauve-toi »). - Les soldats : moquerie, mépris (offrande de vinaigre, inscription ironique). - Le peuple : curiosité mêlée de reproche (v. 35). - Les malfaiteurs : présents mais silencieux dans ce passage.
Avant : Jésus est emmené sur le chemin de la croix, accompagné de Simon de Cyrène qui porte la croix derrière lui, et des femmes de Jérusalem qui se lamentent, auxquelles il annonce le jugement à venir (Lc 23,26–31). Cette péricope se situe immédiatement après cet avertissement prophétique. Après : l’un des deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus se repent et lui demande d’être avec lui dans son royaume, tandis que l’autre continue de l’insulter ; Jésus promet la présence immédiate dans le paradis (Lc 23,39–43). Luc structure ainsi le récit de la croix autour de la prière, des moqueries et de la royauté.
- « Roi des Juifs » répété dans l’inscription et les moqueries (v. 35, 37, 38). - « Sauve-toi » / « sauve » : refrain ironique des soldats et du peuple (v. 35, 37). - « Père… pardonne-leur » : unique parole de Jésus sur la croix dans ce passage, révélant son cœur avant sa mort. - « Partagent ses vêtements » / « tirèrent au sort » : accomplissement prophétique de Ps 22. - « Cet homme » / « lui » : désignation de Jésus par le centurion, contrastant avec « Roi des Juifs ».
Pardonne-leur : Jésus demande au Père de ne pas tenir compte de l’ignorance de ceux qui le crucifient. Partager : les soldats divisent ses vêtements, signe d’humiliation et d’accomplissement des Psaumes. Roi des Juifs : titre placé par Pilate, proclamé contre l’intention des accusateurs mais vrai pour Luc. Sauve-toi : moquerie qui révèle l’incompréhension : le salut de Jésus passe par la croix, pas par l’évitement. Crucifier : supplice romain réservé aux esclaves et rebelles, ici appliqué au Fils de Dieu.
Risque 1 : interpréter « Père, pardonne-leur » comme un pardon automatique sans repentance, alors que le texte montre l’amour de Jésus mais ne dit pas que le repentir est inutile. Risque 2 : lire l’inscription « Roi des Juifs » comme une moquerie sans voir que Luc la présente comme une vérité proclamée contre l’intention des accusateurs. Risque 3 : réduire la crucifixion à un événement historique sans voir qu’elle accomplit l’Écriture (partage des vêtements, Ps 22).
La tension est entre l’abaissement apparent (crucifié, moqué, spolié) et la royauté réelle proclamée par l’inscription. La visée est de montrer que le Messie règne précisément en donnant sa vie, et que son premier mot sur la croix est un pardon qui annonce le salut.
Conduite vers le lieu d’exécution avec les malfaiteurs → crucifixion au lieu du Crâne → première parole de Jésus : pardon → partage des vêtements → moqueries du peuple et des chefs (argument ironique : sauve-toi) → moqueries des soldats (vinaigre, couronne) → inscription royale affichée par Pilate.
lieu du Crâne (Golgotha)
Lc 23,32–38