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se souvenir — ὑπομιμνῄσκω — hupomimnesko

Sens (principal)

Rappeler; faire souvenir; se remémorer

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

Dans Lc 22, la mémoire est un mécanisme narratif majeur : après le chant du coq et le regard du Seigneur, Pierre se souvient de la parole. ὑπομιμνῄσκω, “rappeler / remettre en mémoire”, aide à décrire cette dynamique : le disciple n’est pas ramené d’abord par une argumentation, mais par un rappel. Le grec fait sentir que la repentance naît d’une rencontre entre événement et parole : le signe (coq) et le regard déclenchent le souvenir de ce que Jésus avait dit. La logique est donc : parole annoncée → chute → rappel → retour. Cela signifie que la mémoire n’est pas seulement un “stock d’informations” : elle devient un lieu de vérité. ὑπομιμνῄσκω, quand il s’applique à cette scène, met l’accent sur l’action de “faire remonter” la parole au cœur. Le regard de Jésus agit comme un rappel silencieux. Le verbe souligne aussi une pédagogie : Jésus avait averti, donc le rappel n’est pas une surprise, mais une confirmation. Et cette confirmation brise l’auto-justification. Le garde-fou est de ne pas réduire ce verbe à un effort mental (“Pierre se concentre et se souvient”). Le récit montre un rappel provoqué par des signes. La mémoire est suscitée. Ainsi, ὑπομιμνῄσκω sert une logique de restauration : un disciple peut tomber, mais être ramené par la parole du Seigneur rappelée au bon moment. Le verbe met aussi en lumière l’importance de la parole dans l’épreuve : sans parole rappelée, l’épreuve devient absurde ou seulement honteuse. Avec la parole rappelée, l’épreuve devient un lieu de vérité et donc un lieu de repentance. Le récit insiste sur la suite immédiate : Pierre sort et pleure amèrement. Le rappel ne produit pas seulement une idée; il produit un déplacement. Il fait sortir Pierre du cercle du feu et de la pression sociale. Le rappel devient donc une rupture de l’engrenage : il stoppe les reniements. En ce sens, ὑπομιμνῄσκω est un verbe de bascule : il marque le moment où la parole du Seigneur reprend la main sur la peur. Le lecteur comprend : la parole rappelée est un moyen de grâce. Elle juge la chute, mais elle ouvre aussi la voie du retour. La logique grecque du récit associe donc mémoire et repentance : se souvenir, c’est revenir à la vérité, et ce retour commence quand le Seigneur rappelle sa parole.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans la pensée biblique, “se souvenir” est un verbe d’alliance. Dieu demande souvent : “souviens-toi” de ce qu’il a fait et de ce qu’il a dit. L’oubli mène à l’infidélité; le souvenir mène au retour. Lc 22 s’inscrit dans cette dynamique : Pierre a renié, puis il est ramené à la parole du Seigneur par un rappel. Un mot de vie auprès de Dieu, ici, est de comprendre que Dieu utilise la mémoire comme moyen de restauration. Le rappel n’est pas une simple nostalgie; il est un acte de vérité. Le regard de Jésus rappelle la parole, et la parole rappelée met Pierre en lumière. Cela ressemble à la reprise prophétique : Dieu rappelle sa parole pour dénoncer et pour ramener. La pensée hébraïque aide aussi à comprendre que la repentance naît souvent de ce retour à la parole : reconnaître “Dieu avait dit vrai”, donc reconnaître son propre mensonge. Les pleurs de Pierre ressemblent alors aux larmes de la confession : un cœur qui cesse de se défendre. Ce rappel est aussi un signe de la fidélité de Jésus : il n’abandonne pas son disciple à son reniement. Il le regarde, donc il le rappelle. Un mot de vie auprès de Dieu est de voir ici une grâce qui ne contourne pas la vérité. Le rappel ne minimise pas la chute; il la révèle. Mais c’est précisément cette révélation qui ouvre un chemin. Dans l’AT, la mémoire est liée au mémorial : Dieu donne des signes (Pâque, pierres, fêtes) pour empêcher l’oubli. Ici, le coq et le regard jouent un rôle analogue : un signe qui ramène à la parole. Pour un lecteur occidental moderne, cela corrige l’idée que la transformation serait seulement psychologique. La Bible dit : le retour se fait par la parole rappelée. Le mot de vie auprès de Dieu est donc : laisse la parole te rappeler. Quand tu tombes, le danger est de fuir la vérité ou de te justifier. Le rappel biblique te ramène à Dieu. Et ce rappel n’est pas un accident : c’est une fidélité de Dieu. Ainsi, ὑπομιμνῄσκω, dans l’horizon biblique, rejoint un appel simple : souviens-toi de la parole du Seigneur, car elle peut te ramener dans la nuit. Et ce retour commence souvent par une mémoire réveillée qui conduit à la repentance.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Un contresens moderne est de réduire “se souvenir” à un exercice mental : “je me rappelle, donc ça va.” Dans Luc 22, le souvenir est un tournant moral et spirituel. La clarification est que la mémoire, ici, est un rappel de la parole du Seigneur, rendu vivant par un signe (coq) et par un regard. Ce rappel produit une repentance : Pierre sort et pleure. Donc, se souvenir n’est pas neutre. C’est être ramené à la vérité. Un autre contresens occidental est de croire que la repentance viendrait d’abord d’une analyse de soi. Le texte montre plutôt un rappel : Pierre est ramené à une parole annoncée. Cela change la perspective : la parole du Christ interprète l’épreuve et casse l’auto-justification. Le garde-fou est de ne pas transformer ce rappel en simple culpabilisation. Luc montre que le rappel est une grâce : il empêche Pierre de continuer à renier. Il met fin à l’engrenage. Pour un lecteur moderne, cela est très concret : on peut être pris dans une spirale de décisions mauvaises, et ce qui brise la spirale, c’est souvent un rappel de la vérité au bon moment. Dans notre culture, on pense parfois que la mémoire est juste un “stock” d’informations. Luc 22 montre une mémoire qui agit : la parole rappelée change la trajectoire. La correction biblique est donc : garder la parole n’est pas inutile; elle peut te retrouver. Et la mémoire, quand elle est réveillée, peut conduire à la repentance plutôt qu’à la honte stérile. Le texte montre aussi que ce rappel est lié à Jésus : le regard du Seigneur. Cela corrige une lecture où Pierre se sauverait par sa force intérieure. Il est ramené par une présence et par une parole. Pour un lecteur occidental moderne, la clarification est que l’on ne se relève pas seulement par “volonté”, mais par retour à la vérité. Et ce retour est souvent déclenché par un rappel : une parole qu’on avait entendue, un avertissement oublié, une promesse. Luc insiste : Jésus avait annoncé. Quand le rappel arrive, Pierre reconnaît la vérité de Jésus et sa propre chute. Cela produit les larmes. Clarification : les larmes ne sont pas l’objectif; elles sont le signe qu’un rappel a touché le cœur. Ainsi, ὑπομιμνῄσκω aide à expliquer la scène : le disciple tombe, mais la parole du Seigneur revient, et ce retour ouvre une restauration. Pour le lecteur moderne, c’est une clé : ne méprise pas la mémoire de la parole. Elle peut devenir, dans une nuit, le chemin vers la repentance.

Courte description — (aide remplissage)

Verbe : rappeler, remettre en mémoire. Souligne l’action d’aider quelqu’un à se souvenir (enseignement, exhortation) ou de se remémorer, selon le co-texte.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans le mouvement de Lc 22, le champ lexical renvoie au fait d’être ramené à la mémoire de la parole du Seigneur (souvenir déclenché par le regard et le chant du coq).

Pièges lexicaux

Toujours préciser “quoi” est rappelé (parole de Jésus, commandement, promesse, etc.). Ne pas réduire à un simple effort mental : dans Jn 14, c’est l’Esprit qui rappelle les paroles de Jésus. Ne pas transformer en exhortation vague : rester descriptif et lié au texte.

Usage biblique (mini)

Souvent utilisé pour “remettre en mémoire” un enseignement (épîtres) et, en Jn 14, pour l’action de l’Esprit qui rappelle les paroles de Jésus.

Antonymes / contrastes (FR)

oublier; négliger

Synonymes / proches (FR)

rappeler; remémorer; faire souvenir; remettre en mémoire

À ne pas confondre avec…

μνημονεύω (se souvenir, plus direct) ; ἀναμιμνῄσκω (rappeler aussi) ; λανθάνω (oublier/échapper).

Chapitres (suivi de lecture) occurrences complètes
Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Sagesse / cœur
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

se souvenir

Versets clés (liste)

Jn 14,26; 2 Pi 1,12; 2 Tm 2,14

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G5279

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Prononciation — (aide remplissage)

hupomimnēskō — « hu-po-mim-né-sko » (approx.)

Translit. — NOYAU

hupomimnesko

Vérifiable
Fiches contexte — chapitres occurrences complètes
Champs sémantiques
Alliance
Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Rappel pédagogique (épîtres) : remettre un enseignement en mémoire. - Dans un récit : se souvenir / être rappelé à une parole déterminante.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre pédagogique et de transmission : remettre en mémoire, rappeler un enseignement, raviver un souvenir. Dans les épîtres et les récits, ce verbe sert souvent à stabiliser la foi : se rappeler ce qui a été reçu, pour rester fidèle dans la pratique.

✅ Vérification des pensées — Pensée grecque (logique / structure) | Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) | Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots chacune