se mettre en colère
ὀργίζω signifie se mettre en colère, s’irriter ou être provoqué à la colère. Le verbe décrit une réaction intérieure qui peut ensuite orienter des paroles ou des actes. Dans Lc 14,21, le sujet est le maître du souper : après le rapport du serviteur concernant les excuses des invités, il se met en colère. Le co-texte ne présente pas une irritation vague ou capricieuse, mais une réaction au refus répété de l’invitation. La colère est liée à l’honneur du maître et à la gravité des excuses. Il faut donc éviter de généraliser le mot en réflexion abstraite sur la colère humaine. Ici, ὀργίζω sert la progression de la parabole : le refus des premiers invités provoque une décision nouvelle. Le maître ordonne alors d’amener d’autres personnes pour remplir la maison. Le verbe marque donc un tournant narratif. La colère n’est pas le dernier mot de la scène; elle conduit à l’élargissement de l’invitation et à la sentence finale. En contexte, ὀργίζω désigne la réaction du maître face au refus, réaction qui explique ses ordres suivants dans le récit.
Dans l’univers biblique, la colère peut être une réaction juste devant le mépris, l’injustice ou l’infidélité, mais elle peut aussi devenir péché lorsqu’elle vient de l’orgueil humain. Il faut donc toujours regarder le sujet, l’objet et le résultat de la colère. En Lc 14,21, la colère appartient au maître de la parabole. Elle répond au refus des invités qui avaient reçu l’appel au souper. L’arrière-plan biblique de l’hospitalité et de l’honneur de l’hôte aide à comprendre la gravité du refus. Un banquet préparé, une invitation envoyée, puis des excuses successives : la colère du maître s’inscrit dans cette offense narrative. Toutefois, le co-texte montre que cette colère ne ferme pas simplement la maison; elle conduit à chercher d’autres convives. Le maître envoie vers les pauvres, les infirmes, les aveugles et les boiteux. La pensée biblique permet donc d’entendre la colère comme une réaction de justice dans le récit, non comme un emportement incontrôlé. ὀργίζω marque le sérieux du refus et prépare la décision d’élargir l’invitation. Le mot reste lié au cadre du banquet et à l’autorité du maître.
Pour un lecteur moderne, la colère est souvent comprise soit comme une émotion à libérer, soit comme une faute à éviter absolument. Dans Lc 14,21, ὀργίζω doit être lu plus précisément. Le maître se met en colère après avoir entendu les excuses des premiers invités. La colère est donc située : elle répond à un refus concret dans une scène d’invitation. Le contresens serait de psychologiser le maître comme s’il s’agissait d’une susceptibilité personnelle. Un autre contresens serait d’utiliser le mot pour parler de toute colère humaine en général. Ici, le verbe a une fonction narrative : il marque le tournant entre le refus des premiers invités et l’ordre d’amener d’autres personnes. La colère souligne que les excuses ne sont pas neutres. Elles sont comprises comme un vrai refus du souper préparé. Pour expliquer ὀργίζω, il faut donc rattacher le mot à ce qui précède et à ce qui suit. Ce qui précède : les invités se dérobent. Ce qui suit : le maître élargit l’invitation et affirme que les premiers invités ne goûteront pas son souper. Le verbe exprime la gravité du refus dans la logique de la parabole.
La colère du cœur est déjà meurtrière devant Dieu et appelle à la réconciliation. (Mt 5,21–26)
Dans Mt 5,22, Jésus vise une colère nourrie contre “son frère” qui mène au mépris et à la rupture, pas une simple réaction passagère.
Ne pas excuser la colère en disant “c’est normal” : Jésus traite la colère comme un danger spirituel réel (Mt 5,22). Ne pas annuler toute forme d’indignation juste : le passage vise la colère contre le frère qui dégénère en mépris. Ne pas isoler le mot du contexte : Jésus enchaîne colère → insultes → jugement → appel urgent à se réconcilier.
Parle de se mettre en colère. Selon le contexte, peut décrire une indignation ou une colère pécheresse. Dans Mt 5, Jésus vise la colère qui mène au mépris et à la rupture.
patience, douceur, paix
s’irriter, se mettre en colère, s’emporter (selon nuance)
ὀργή — colère (nom) ; θυμός — emportement/colère explosive (autre nuance)
s’irriter
Mt 5,22 ; Ep 4,26–27 ; Jc 1,19–20
G3710
orgē (colère)
or-gi-zo
orgizō
Option A : irritation passagère ; Option B : colère installée qui oriente les paroles et actes. Le co-texte (insultes, rupture, jugement, appel à se réconcilier) montre si la colère devient péché relationnel. Ne pas moraliser sans indice : préciser l’objet de la colère et ce que le passage en fait (interdit, avertit, décrit).
- Mt 5,22 — “se mettre en colère” (G3710) : décrit une irritation qui vise le frère et ouvre à l’insulte/jugement. L’indice est la progression colère → injure → condamnation. - Mt 5,22 — Option A (colère = émotion neutre) / Option B (colère = posture hostile envers l’autre) : le co-texte tranche vers B : elle est associée au mépris (‘Raca’) et à la faute.
Registre relationnel et moral : s’irriter = entrer en colère contre quelqu’un, souvent dans un conflit, une offense, ou une injustice perçue. Dans Matthieu, la colère est traitée comme un enjeu du cœur (elle peut mener à mépris/rupture) et se relie au jugement ou à la réconciliation.