Pierre demande combien de fois il doit pardonner, et Jésus répond : non pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Jésus raconte ensuite la parabole d’un roi qui remet à un serviteur une dette immense. Ce serviteur refuse pourtant de remettre une petite dette à un compagnon et le fait jeter en prison. Le roi le condamne pour sa dureté et rétablit la dette, et Jésus conclut que le Père agira ainsi si l’on ne pardonne pas de tout son cœur.
- Pierre questionne Jésus sur le nombre de pardons à accorder. - Jésus répond « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (hyperbole). - Parabole : un roi règle ses comptes avec ses serviteurs. - Un serviteur doit une somme énorme et demande patience. - Le maître est ému de compassion et remet la dette. - Le serviteur trouve un compagnon qui lui doit peu, le saisit et exige paiement. - Il refuse la même demande de patience et le fait emprisonner. - Les autres serviteurs sont attristés et rapportent au maître. - Le maître le traite de serviteur méchant, rétablit la dette et le livre aux bourreaux. - Conclusion de Jésus : pardonner du cœur, sinon jugement similaire.
Montrer l’étendue du pardon exigé dans le royaume et dévoiler le caractère incohérent d’une miséricorde reçue sans miséricorde donnée. Jésus répond à la question de Pierre en renversant toute limite quantitative : le pardon doit être répété sans se lasser. La parabole met en scène un serviteur dont la dette immense est remise, puis qui refuse de remettre une dette minime à un compagnon. Le maître juge alors sévèrement cette dureté et Jésus conclut que le pardon doit venir du cœur, indiquant que la grâce reçue transforme la relation aux autres.
- Pourquoi la conclusion est-elle si sévère ? Clé : le récit révèle l’incohérence d’un cœur non transformé par la miséricorde reçue. - « 70×7 » est-il littéral ? Clé : expression hyperbolique pour dire sans limite. - La remise est-elle annulée ? Clé : dans la parabole, le jugement montre que la dureté contredit la grâce reçue et entraîne une sentence.
Le problème est la tentation de limiter le pardon et de traiter la faute d’autrui selon une logique de compte, même après avoir reçu une grande miséricorde. Pierre pose la question en termes de seuil, révélant une conception mesurable du pardon. Jésus répond en révélant que la logique du royaume est fondée sur la grâce reçue, et qu’un cœur non transformé peut annuler la cohérence du pardon proclamé. Christocentriquement, la parabole met en lumière la souveraineté du Roi et la nécessité que la miséricorde reçue en relation avec Dieu se traduise en miséricorde envers le prochain.
Le Messie enseigne le pardon du royaume : la miséricorde reçue de Dieu doit produire une miséricorde donnée aux autres.
Mt 6,12–15; Ép 4,32; Col 3,13; Jc 2,13; Ps 103,10–12
- Le maître éprouve une compassion explicite en remettant la dette. - Les autres serviteurs sont explicitement « attristés » en voyant l’injustice. - Le maître exprime une indignation explicite (« serviteur méchant »).
- Contraste : dette immense / petite dette. - Répétition : demander patience (les deux débiteurs). - Contraste : compassion du maître / dureté du serviteur. - Répétition du motif « remettre/pardonner ». - Répétition : « jusqu’à… » (question sur limite vs réponse illimitée). - Motif : prison/bourreaux (conséquence).
- « pardonner » : remettre une dette relationnelle; ici, demandé sans limite. - « compassion » : mouvement du maître qui motive la remise. - « dette » : image de ce qui est dû; sert à comparer l’immense et le minime. - « patience » : demande répétée qui révèle l’incohérence du serviteur. - « du cœur » : pardon intérieur réel, pas seulement formel.
Risque 1 : comprendre la parabole comme achat du pardon par les œuvres; le récit montre la cohérence attendue d’une grâce reçue. Risque 2 : réduire « 70×7 » à un calcul; c’est une image d’illimité. Risque 3 : minimiser la gravité de la conclusion sur le jugement; Jésus la formule explicitement. Risque 4 : isoler la parabole du contexte communautaire (Mt 18); elle vise les relations entre frères.
La tension est entre la miséricorde immense reçue et la difficulté à pardonner une offense plus petite. La visée est d’établir la norme du royaume : pardonner largement parce qu’on a été largement gracié. Christocentriquement, le Roi du royaume remet une dette énorme, et l’appel est à refléter ce caractère dans la communauté; sinon, la dureté expose au jugement.
Question de Pierre → réponse de Jésus qui supprime la limite → parabole illustrative. Dans la parabole : dette énorme → supplication → remise → rencontre avec compagnon → refus de remise → intervention des témoins → jugement du maître. La progression montre une incohérence morale qui déclenche un retournement : la grâce refusée aux autres annule la grâce reçue dans le récit. Jésus conclut en appliquant : le pardon doit venir du cœur.
prison (image)
Mt 18,21–35