🇬🇷

sépulcre — μνῆμα — mnema

Sens (principal)

Nom : sépulcre, tombeau, lieu où l’on dépose un mort ; selon le passage, espace de mort, d’isolement ou repère concret de l’ensevelissement de Jésus.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

μνῆμα est un nom concret. Dans les passages liés ici, il ne flotte pas comme une idée abstraite de mort ; il désigne un lieu repérable. En Lc 8, les tombeaux forment le cadre du démoniaque gérasénien. Le mot sert alors à épaissir la scène : on n’est pas dans un village ordinaire, mais dans un espace de mort, d’impureté et d’isolement. En Lc 23, le même mot entre dans la logique du témoignage. Joseph dépose Jésus dans un tombeau neuf, les femmes voient le lieu et observent comment le corps est placé. Exégétiquement, c’est décisif : μνῆμα soutient l’attestation concrète de l’ensevelissement. Le mot garde donc sa matérialité, mais sa fonction varie selon le contexte. Dans un récit, il peut signaler l’emprise de la mort sur un homme ; dans un autre, il fixe les coordonnées du drame pascal. Cette double fonction montre bien que le sens principal reste stable, tandis que la portée narrative change. Le garde-fou consiste à ne pas spiritualiser trop vite. Avant d’être un symbole, le tombeau est un lieu. Et c’est précisément parce qu’il est un lieu réel qu’il peut servir ensuite de point théologique majeur, surtout dans la passion de Jésus.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’univers biblique, les lieux de sépulture touchent à la mémoire, à la mort, à l’impureté et à l’attente. Le tombeau n’est pas un décor neutre. Il marque la limite de la vie humaine, la réalité du deuil, et la séparation. Cela éclaire μνῆμα dans les passages retenus. En Lc 8, vivre parmi les tombeaux revient à habiter symboliquement le monde de la mort. L’homme n’est pas seulement malade ; il est installé dans un espace qui manifeste sa rupture avec la vie commune. En Lc 23, le tombeau prend une autre densité. Il devient le lieu précis où l’on dépose le corps du Messie. Dans une sensibilité biblique, cela compte énormément, parce que Dieu agit dans des lieux réels, et parce que le salut n’efface pas l’histoire : il la traverse. Le lecteur occidental moderne risque de traiter ces détails comme secondaires. Or la pensée biblique donne du poids aux lieux concrets. Un tombeau observé, identifié, neuf, gardé dans la mémoire des témoins, devient un lieu de vérité narrative. Ainsi, μνῆμα rappelle que la foi biblique passe par la réalité du corps, de la mort et des lieux.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Dans un langage moderne, « tombeau » peut vite devenir une métaphore psychologique : une prison intérieure, une zone sombre, une mémoire morte. Le mot μνῆμα, dans les textes liés ici, oblige à revenir au concret. Il s’agit d’un vrai lieu de sépulture. Cette précision change la lecture. En Lc 8, les tombeaux soulignent l’extrême rupture de l’homme possédé : il habite littéralement dans le domaine des morts. En Lc 23, le tombeau de Jésus n’est pas une image pieuse ; c’est le lieu où le corps est placé, vu, retenu par des témoins. Le lecteur moderne a besoin de cette clarification, parce qu’il a tendance à absorber le vocabulaire biblique dans des lectures symboliques trop rapides. Ici, la symbolique n’est pas absente, mais elle vient après le réel. Le tombeau compte parce qu’il est un lieu concret de mort. Et c’est précisément cette concrétude qui donne à l’espérance chrétienne sa densité : Jésus n’est pas « mort en général », il a été réellement enseveli. μνῆμα protège donc la foi contre une lecture floue. Le mot rattache l’Évangile à des faits observables, localisables, mémorisables.

Courte description — (aide remplissage)

Nom concret pour un tombeau, tantôt lieu d’impureté et de mort, tantôt repère précis de la sépulture de Jésus.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans Lc 8 et Lc 23, μνῆμα désigne un tombeau réel : lieu de mort et d’impureté dans le récit du Gérasénien, puis lieu précis de l’ensevelissement de Jésus.

Pièges lexicaux

Ne pas confondre avec une image vague de mort intérieure. Le mot désigne d’abord un lieu réel, visible et repérable.

Usage biblique (mini)

Le mot sert à ancrer le récit dans un lieu de mort précis, soit pour montrer l’état d’exclusion, soit pour attester un ensevelissement réel.

Antonymes / contrastes (FR)

maison des vivants ; relèvement ; sortie du tombeau

Synonymes / proches (FR)

tombeau ; sépulcre ; tombe

À ne pas confondre avec…

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Narratif (objet / lieu / rôle)
Nature
Nom
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

sépulcre

Versets clés (liste)

Lc 8,27 ; Lc 23,53–55

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G3418

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Prononciation — (aide remplissage)

Translit. — NOYAU

mnema

Vérifiable
Champs sémantiques
NarratifRévélation
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot reste concret dans les passages liés à cette fiche. En Lc 8, il désigne les tombeaux parmi lesquels vit l’homme possédé, ce qui accentue l’impureté et la rupture sociale. En Lc 23, il désigne le tombeau neuf où Jésus est déposé, ce qui sert l’attestation historique de l’ensevelissement. Il ne faut donc ni spiritualiser le mot, ni lui donner partout la même charge symbolique.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Lc 8,26–39 : le mot désigne les tombeaux comme cadre de mort et d’exclusion où vit l’homme possédé. - Lc 23,50–56 : le mot désigne le tombeau neuf où Jésus est déposé ; la nuance devient testimoniale et historique, en vue du récit pascal.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot active un registre funéraire, narratif et parfois impur. Il situe des corps, des morts et des lieux identifiables. Dans la passion, il sert l’attestation du dépôt du corps de Jésus ; dans le récit du Gérasénien, il souligne un monde marqué par la mort et l’exclusion.

✅ Vérification des pensées — Pensée grecque (logique / structure) | Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) | Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots chacune