Temps (durée)
En grec, χρόνος (chronos) désigne le “temps” surtout comme durée ou période : le temps qui s’étend, la longueur d’un intervalle, des époques. Il se distingue de καιρός (kairos) qui insiste davantage sur le moment qualifié/opportun. Dans Ac 1,7, chronos apparaît en couple avec kairos : la structure “temps et moments” couvre l’ensemble du calendrier (périodes + points décisifs). Le grec sert donc à dire : les disciples n’ont pas accès à la maîtrise de ces paramètres; ils ne sont pas chargés d’établir le calendrier. La logique du passage est un recadrage : (1) question sur la restauration, (2) refus de dévoiler les temps, (3) promesse de puissance, (4) mission. Ainsi, chronos fonctionne comme un mot-limite : ce qui relève de la souveraineté du Père (le calendrier) n’est pas confié aux témoins. Le terme ne pousse pas à la spéculation, il ferme la porte à la curiosité et ouvre la porte à l’obéissance. Le fait même de coupler chronos et kairos empêche une échappatoire : ce n’est ni la durée ni le “bon moment” qui est donné à connaître, mais seulement la mission.
Dans la pensée biblique sémitique, Dieu est Seigneur des temps : il “établit” les saisons, relève et abaisse, et accomplit ses promesses à l’heure qu’il décide. L’AT insiste sur la patience et la fidélité : attendre le temps de Dieu n’est pas passivité, c’est confiance dans son alliance. Cet arrière‑plan éclaire Ac 1 : les disciples voudraient un calendrier, mais Jésus renvoie aux temps fixés par le Père — Dieu conduit l’histoire du salut, et le peuple marche par foi. La Bible connaît aussi des “temps” de visitation (grâce/jugement) que Dieu ouvre; mais ces temps restent sous son autorité, non sous contrôle humain. Ainsi, la pensée hébraïque met l’accent sur la souveraineté et la sagesse de Dieu : le temps n’est pas une donnée neutre, il appartient au Dieu d’alliance qui accomplit.
Nous voulons naturellement savoir “quand” (dates, étapes, planning). Ac 1,7 corrige ce réflexe : le calendrier n’est pas la responsabilité des témoins. Clarification : le texte ne méprise pas le temps; il remet la maîtrise du temps à Dieu. Autre contresens : faire de l’eschatologie un échappatoire à la mission; ici, Jésus ferme la spéculation et oriente vers la puissance de l’Esprit et le témoignage. En résumé : chronos ici sert à dire “ce n’est pas à vous de connaître/contrôler le calendrier; recevez la promesse et accomplissez la mission.”
Temps/durée : période mesurable ; à distinguer de kairos (temps opportun).
Temps : durée, période, « temps qui passe ».
Confondre avec kairos ; fixer des calendriers au lieu de veiller.
Désigne le temps comme durée/période (temps qui s’écoule), souvent en contexte d’attente, d’histoire et d’accomplissement. Dans Ac 1,7, il est associé aux “temps et moments” fixés par le Père : le calendrier appartient à Dieu, la mission appartient aux disciples.
instant, opportunité (kairos)
temps, durée
kairos (G2540) déjà présent : moment opportun vs durée
temps
Ac 1,7; Ac 3,21; Dn 2,21
G5550
(nom)
KHRO-noss
chronos
Option A : χρόνος = “temps” au sens de durée/période (le temps qui passe, une longue durée). Option B : “moment” fixé / occasion (souvent plutôt exprimé par kairos, mais certains contextes rapprochent l’idée). Dans Ac 1,7, le co‑texte associe “temps” à “saisons/époques” fixées par le Père : il s’agit de périodes déterminées dans le plan de Dieu (option A), pas d’un simple “instanton”. Règle : vérifier si le texte parle de durée/époques (chronos) ou de moment opportun (kairos).
- Ac 1,7 — durées/périodes fixées par le Père (plan souverain). - Peut s’opposer à kairos : chronos = durée/période, kairos = moment opportun.
Registre de souveraineté et d’histoire : le temps comme durée organisée par Dieu, avec des étapes dans son plan. Dans Ac 1,7, le mot active l’univers de l’attente : le calendrier appartient au Père, et la mission appartient aux disciples.