Dans Mt 13,53–58, ἐκπλήσσω décrit un étonnement saisi par la sagesse et les œuvres de Jésus; le terme exprime une réaction forte qui peut aller jusqu’au scandale plutôt qu’à la foi.
Le grec relie l’étonnement à une logique d’inférence: on observe une sagesse et des miracles, donc on pose la question “d’où?”. Ἐκπλήσσω marque un moment de rupture cognitive: ce qu’ils savent de Jésus (origine, famille) ne s’accorde pas avec ce qu’ils voient (autorité, œuvres). La narration grecque fait alors progresser la scène: étonnement → question → scandale; l’émotion sert d’étape logique vers une conclusion mauvaise, parce qu’ils interprètent les données avec une grille fermée. Ainsi le mot fonctionne comme un signal: la surprise n’est pas neutre, elle conduit à une décision selon la manière dont on interprète l’identité de Jésus.
Dans l’arrière-plan biblique, Dieu choisit souvent ce qui est “petit” ou “ordinaire” pour confondre les attentes; l’idée qu’un prophète peut être méprisé “dans sa patrie” rejoint un motif connu. La réaction des habitants illustre une mentalité où l’autorité est mesurée par l’origine sociale, alors que la pensée biblique insiste sur l’appel de Dieu. L’étonnement face à la sagesse de Jésus devient donc un révélateur: le cœur juge selon l’apparence, pas selon la parole de Dieu. Cela aide à lire la scène comme un drame d’incrédulité enracinée, pas comme un simple “étonnement admiratif”.
Un lecteur moderne peut croire que s’étonner est déjà un pas vers la foi; le récit montre que l’étonnement peut se transformer en rejet quand il est gouverné par le mépris ou la familiarité. La clarification utile est de distinguer surprise et confiance: on peut être impressionné par Jésus et pourtant refuser son autorité. Ici, l’étonnement est lié à la question “d’où?” et se referme sur une conclusion sociale (“le charpentier…”) qui bloque la réception. Lire ainsi aide à comprendre pourquoi le texte parle ensuite de peu de miracles “à cause de leur incrédulité”: l’émotion n’a pas suffi, parce que l’interprétation du cœur a fermé la porte.
Verbe de stupeur: être frappé/étonné; dans Mt 13, l’étonnement ouvre sur la question de l’origine et peut déboucher sur le scandale plutôt que la foi.
Dans Mt 13,54, l’étonnement des habitants est immédiatement suivi par “d’où lui viennent…?” puis “ils étaient scandalisés”; il sert donc de seuil où la surprise devient refus.
Piège: prendre l’étonnement comme preuve d’ouverture; dans Mt 13, il débouche sur le scandale. Piège: faire du mot un diagnostic psychologique; le récit l’emploie comme marqueur narratif d’une réaction qui révèle l’incrédulité.
Souvent employé pour décrire la stupeur devant l’autorité, l’enseignement ou les œuvres de Jésus; la réaction peut être positive ou devenir un rejet selon le contexte.
indifférent; blasé; insensible
stupéfait; frappé; saisi d’étonnement
Ne pas confondre “étonnement” avec “foi”: beaucoup peuvent être frappés sans se soumettre. Ne pas confondre non plus avec une peur religieuse; ici, l’accent est sur la surprise et la question de l’origine.
étonné
Mt 13,54
G1605
ἐκπλήσσω
ek-plès-sô (approx.)
ekplesso
Le co-texte associe l’étonnement à une question d’origine (“d’où lui viennent…?”) et se termine par le scandale et l’incrédulité; cela empêche de lire l’étonnement comme une admiration pure. Option A (étonnement = admiration conduisant à la foi) / Option B (étonnement = choc qui déclenche la contestation) : ici, la transition vers “ils étaient scandalisés” montre que l’étonnement sert de seuil où ils trébuchent. Le mot doit donc être lu dans la dynamique: surpris → questionner → refuser.
- Mt 13,54–58 — étonnement qui mène au scandale : Option A (étonnement admiratif ouvrant à la foi) / Option B (stupeur qui déclenche contestation puis incrédulité). Le co-texte “d’où lui viennent…?” puis “ils étaient scandalisés” impose l’option B: le mot marque un seuil narratif où la surprise est interprétée avec une grille fermée, menant au refus.
Registre de perception et de réaction collective: stupeur, choc, étonnement devant un enseignement ou une action. Le mot active l’univers de la surprise qui interroge l’origine (“d’où lui viennent…?”) et expose le cœur.