Apporter; offrir; présenter (à Dieu / à quelqu’un)
Dans Lc 5,14, le verbe est intégré à une chaîne d’actions prescrites : (1) se taire, (2) se montrer au prêtre, (3) offrir l’offrande. La logique est : guérison → conformité au cadre de la Loi → témoignage public. Le grec souligne que Jésus n’agit pas contre la Torah : il réintègre l’homme dans les voies prévues, tout en montrant que la puissance de guérison vient de lui. Prospherō sert donc de pivot entre miracle et reconnaissance officielle : l’acte d’offrir n’est pas la cause de la guérison, mais la réponse ordonnée qui rend la restauration visible et vérifiable. Le mot met en avant une obéissance concrète qui protège le sens du signe : la guérison n’est pas un spectacle, elle vise la restauration d’une personne dans la communauté.
L’arrière-plan est celui des prescriptions de purification (Lévitique) et du rôle du prêtre : discerner, attester, et réintégrer. « Offrir » n’est pas un paiement, mais un geste d’alliance : reconnaître la sainteté de Dieu, confirmer la restauration, et revenir dans la communion du peuple. Dans la pensée biblique, l’offrande est liée à l’accès à Dieu et à la paix, mais elle pointe aussi vers une purification plus profonde que Dieu seul peut donner. Jésus respecte le cadre, tout en montrant qu’il porte l’autorité de restaurer. Ainsi, prospherō résonne avec une logique d’alliance : Dieu purifie, puis la vie cultuelle atteste et célèbre cette purification.
On peut entendre « offrir » comme un geste religieux pour “mériter” quelque chose. Ici, le texte montre l’inverse : l’homme est déjà guéri; l’offrande vient après, comme obéissance et témoignage. Clarification : Jésus ne méprise pas la Loi, il l’ordonne à sa finalité : restaurer une personne et rendre la guérison publique et vérifiable. Il faut éviter un contresens moderne : opposer grâce et cadre. Luc montre une grâce puissante (guérison) qui conduit à une obéissance concrète (se présenter, offrir). Le mot aide donc à lire le récit de manière équilibrée : miracle et réintégration.
Verbe : apporter / présenter / offrir (à quelqu’un ou à Dieu).
Dans Lc 5,14, Jésus renvoie l’homme guéri au prêtre et lui dit d’« offrir » pour sa purification ce que Moïse a prescrit. Le verbe désigne l’acte concret de présenter l’offrande au sanctuaire, non comme mérite, mais comme obéissance et témoignage.
Ne pas réduire le mot à l’argent : il peut aussi signifier « amener » des personnes à Jésus. Dans Lc 5,14, rester sur le registre cultuel (offrande prescrite), sans moraliser comme si l’offrande « gagnait » la purification : elle atteste et confirme publiquement.
(1) Amener/présenter quelqu’un à Jésus; (2) Présenter/ offrir une offrande à Dieu; (3) En Hébreux : Christ s’offre lui-même une fois pour toutes.
retenir; refuser de présenter; éloigner
apporter; présenter; offrir; amener (selon contexte)
Ne pas confondre avec δίδωμι (donner) ni θύω (sacrifier) : ici l’idée est présenter/apporter; le type d’offrande dépend du contexte.
offrir
Lc 5,14; Mt 5,23–24; Hé 9,14
G4374
πρός + φέρω (porter)
prosphero — « pros-fer-o » (approx.)
prosphero
Le verbe peut signifier « amener » (personnes/objets) ou « présenter/offrir » (offrande). Pour choisir, relever l’objet direct et le cadre. Dans Lc 5,14, l’objet est « ce que Moïse a prescrit » et le cadre est « se montrer au sacrificateur » : le sens contraint est cultuel (présenter l’offrande de purification). Dans d’autres passages (ex. Mt 4,24), l’objet est une personne malade : le sens contraint est « amener ». On refuse donc une traduction unique par défaut; c’est l’objet + le cadre qui fixent le sens. Rester explicatif, sans application.
Registre cultuel et relationnel : apporter/présenter une offrande (culte) ou amener quelqu’un à Jésus (démarche de foi). Dans Lc 5,14, le verbe est cultuel : présenter l’offrande prescrite après la purification, comme acte public conforme à la Loi.