Dans Mt 27,5, ἀπάγχω décrit l’acte de Judas qui met fin à ses jours en s’étranglant; le récit l’inscrit dans une séquence de remords, d’isolement et de rupture finale.
Dans la logique du récit, ἀπάγχω est le point final d’une progression: remords → restitution impossible → retrait → mort; le verbe porte la charge d’irréversibilité. Le grec narratif enchaîne des verbes courts qui accélèrent le mouvement, ce qui donne à l’action un caractère brusque et sans retour. Le lecteur est conduit à comprendre que la culpabilité n’est pas résolue par un geste religieux (jeter l’argent) ni par une reconnaissance verbale; la scène se ferme sur un acte terminal. Ainsi le mot sert moins à “définir” le suicide qu’à faire sentir la gravité et la rupture totale au cœur de la passion.
La pensée biblique relie souvent le péché, la honte et la mort sans réduire l’un à l’autre; la narration de Judas montre un “prix du sang” et une conscience qui accuse, dans un cadre où la vie est un don de Dieu. Sans faire de spéculation, le récit place la mort de Judas en contraste avec l’innocence confessée de Jésus (“sang innocent”) et avec la souveraineté de Dieu qui fait avancer la passion. L’arrière-plan sapiential sait aussi que la culpabilité peut conduire à l’impasse si elle n’est pas portée devant Dieu: Matthieu ne développe pas ce point, mais la séquence narrative le suggère par le retrait et la fin tragique. L’image implicite est celle d’une rupture d’alliance et d’une “sortie” hors du peuple, marquée par la mort.
Un lecteur moderne peut vouloir expliquer Judas par une psychologie complète; le texte reste sobre et montre une trajectoire d’isolement: il se retire, puis il met fin à ses jours. La clarification utile est de respecter cette sobriété: le verbe décrit l’acte, et le contexte décrit l’enchaînement qui y mène, sans détailler toutes les causes. Le récit met aussi en évidence une incohérence religieuse: on refuse l’argent “prix du sang”, mais on ne se remet pas en question; cela encadre la scène et évite de faire de Judas le seul problème. Lire ainsi garde le mot à sa place: un marqueur narratif tragique au cœur de la passion.
Verbe concret de strangulation; dans Matthieu, décrit l’acte final de Judas après le rejet et l’impasse de sa restitution.
Dans Mt 27,5 (OST: “il s’étrangla”), le verbe décrit l’acte de Judas, placé après “il se retira”, marquant une rupture et une fin tragique au sein du récit de la passion.
Piège: moraliser le mot en oubliant que le texte rapporte d’abord une action factuelle; le verbe décrit un geste de mort, pas un état intérieur. Piège: tirer une doctrine complète du mot seul; ici il sert à clôturer l’épisode de Judas et à préparer la suite du procès de Jésus.
Terme rare et très concret, employé pour décrire une mort par strangulation; dans Matthieu il marque une fin brutale et tragique.
vivre; être sauvé; être secouru
se pendre; s’étrangler; suicide
Ne pas confondre l’acte décrit avec une “repentance” au sens complet: le récit rapporte un remords et une confession de faute, puis une issue tragique. Ne pas confondre non plus le vocabulaire de la mort ici avec un enseignement systématique; c’est un fait narratif dans la passion.
s'étrangla
Mt 27,5
G0519
ἀπάγχω
a-pang-kho-maï (approx.)
apagchomai
Le co-texte contraint le sens par une chaîne d’actions: Judas jette l’argent dans le temple, se retire, puis “il s’étrangla”; le verbe ne peut pas être lu comme simple “tristesse” mais comme acte concret. Option A (verbe = se pendre / se stranguler pour mourir) / Option B (verbe = étouffer/étrangler quelqu’un) : la forme et la narration (sujet = Judas, action sur lui-même) imposent l’option A. Le texte ne commente pas psychologiquement; il montre une issue tragique après un aveu de faute et un refus de prise en charge par les chefs.
- Mt 27,5 — “il s’étrangla” : Option A (acte auto-infligé: se pendre/se stranguler) / Option B (étrangler quelqu’un). Le sujet (Judas) et la séquence narrative “se retira… s’étrangla” imposent l’option A. La nuance importante est la fonction narrative: marque une rupture finale après remords et restitution rejetée, sans commentaire psychologique.
Registre narratif de mort violente et de désespoir: le verbe décrit un geste physique irréversible. Dans la péricope, il s’articule au registre moral (“j’ai péché… sang innocent”) et au registre cultuel (argent jeté dans le temple).