être possédé/opprimé par un démon
δαιμονίζομαι décrit l’état d’être sous emprise/oppression démoniaque (selon contexte), et dans les évangiles le verbe sert à établir une incapacité et un conflit spirituel : la personne ne se libère pas elle-même, et l’autorité de Jésus intervient. La logique narrative est souvent : description de l’état → rencontre avec Jésus → parole d’autorité → restauration. Le verbe fonctionne donc comme diagnostic : il nomme une condition qui explique des symptômes et met en scène un besoin de délivrance. Dans les récits, il sert aussi à souligner la supériorité de Jésus : l’emprise cède devant sa parole. Le terme demande une lecture précise : qui est opprimé, quels effets, et quelle réponse de Jésus.
L’arrière-plan biblique affirme l’existence du combat spirituel et la supériorité du Dieu vivant sur les puissances mauvaises. Les Écritures dénoncent les idoles et les esprits trompeurs, et elles annoncent un temps où Dieu délivre son peuple. Cela éclaire les Évangiles : la délivrance devient un signe que le Royaume de Dieu est là. Dans la pensée hébraïque, la délivrance n’est pas seulement psychologique : elle est aussi spirituelle, et elle restaure la personne dans la paix. Ainsi, daimonizomai résonne comme un langage de libération : Dieu vient reprendre ce qui était lié. Et la scène avec la cananéenne montre que la grâce dépasse les frontières.
Nous pouvons être mal à l’aise avec ce vocabulaire. Dans Mt 15, le texte présente une oppression spirituelle réelle, et une délivrance réelle par Jésus. La clarification utile : il ne faut pas expliquer tous les problèmes par des démons, mais il ne faut pas non plus vider le texte de son sens. Daimonizomai aide à comprendre l’enjeu : Jésus a autorité sur le mal, et il libère. Il faut éviter le sensationnalisme : le récit met surtout en avant la compassion et la foi persévérante. Le mot rappelle : le Royaume apporte une vraie délivrance.
Terme pour une personne “démonisée” : Jésus délivre et libère réellement. (Mt 15,22)
Dans Mt 15,22, la femme cananéenne crie pour sa fille “cruellement démonisée”. Le récit met l’accent sur la foi persévérante et sur la délivrance accordée par Jésus : il libère avec autorité, même à distance.
Ne pas confondre automatiquement tout trouble avec une oppression démoniaque : les textes distinguent cas et causes. Ne pas se focaliser sur le démon : l’accent du récit est la foi et l’autorité de Jésus.
Décrit une oppression démoniaque. Utilisé pour distinguer ce type d’affliction d’autres maladies dans les récits évangéliques.
libéré, délivré
être sous emprise, être opprimé (selon contexte)
δαιμόνιον — démon (nom) ; νοσέω/ἀσθενέω — être malade/faible (autre registre)
être sous emprise
Mt 15,22–28 ; Mt 8,16 ; Mc 5,15
G1139
Origine : voir la section “Origine” sur lueur.org (daimonizomai).
daï-mo-ni-dzo-maï
daimonizomai