se souvenir, faire mémoire
G3415 μνάομαι signifie « se souvenir, faire mémoire, retenir dans l’esprit ». Dans Lc 23,42, le malfaiteur dit : « Souviens-toi de moi lorsque tu seras dans ton royaume ». Le grec utilise ce verbe pour une prière de commémoration, comme dans les Psaumes (Ps 106,4 : « Souviens-toi de moi selon la bonté que tu as pour ton peuple »). La logique narrative montre que le dernier mot du malfaiteur n’est pas une demande de libération, mais une demande de mémoire : il demande à être inclus dans le « mémorial » du Roi.
L’hébreu זָכַר (se souvenir) est un verbe théologique central : Dieu se souvient de son alliance (Gn 9,15), de son peuple (Ex 2,24). Le malfaiteur utilise une formule de prière psalmique (Ps 25,7 ; 106,4). Dans l’AT, « se souvenir » est souvent le début du salut : Dieu se souvient, puis il agit. Le malfaiteur, en demandant à Jésus de se souvenir, exprime une foi radicale : il sait que le « royaume » de Jésus survit à la mort.
Occidentalement, « souviens-toi de moi » est une prière sentimentaliste. Bibliquement, μνάομαι est un acte théologique : entrer dans la mémoire de Dieu, c’est entrer dans son alliance et son salut. Luc montre que la foi du malfaiteur est expressément messianique : il croit que Jésus possède un royaume au-delà de la croix. La clarification : le paradis est la réponse de Jésus à la prière de mémoire.
Rappeler à l’esprit, faire mémoire de quelqu’un/quelque chose; peut être prière (“souviens-toi de…”).
Dans Lc 23,42, le malfaiteur demande à Jésus : “Souviens-toi de moi…” : demande d’être gardé dans la mémoire et la faveur du Roi.
Piège 1 : réduire « souviens-toi » à un souvenir sentimental (“pense à moi”) alors que la scène est une demande au Roi concernant son règne. Piège 2 : tirer une doctrine sur “la mémoire” à partir du mot seul ; ici, le mot sert la logique de la foi du malfaiteur et de la réponse royale de Jésus. Piège 3 : confondre avec un simple “rappeler” (au sens de remémorer un détail) : le co-texte parle d’une personne et d’un avenir dans le royaume.
Souvent employé dans des demandes et des rappels relationnels : « souviens-toi de… » (ne pas oublier, tenir compte). Dans des contextes de prière, la mémoire demandée est une mémoire favorable (être considéré avec grâce).
oublier; ne pas tenir compte; effacer de la mémoire; passer sous silence
se rappeler; faire mémoire; garder en mémoire; ne pas oublier
« rappeler » au sens d’informer quelqu’un (comme si Jésus ignorait quelque chose). À distinguer aussi de « se souvenir » au sens nostalgique (simple émotion) : ici, c’est une requête de faveur dans le cadre du royaume.
se souvenir
Lc 23,42; Lc 23,43; Hé 6,10; 2 Tm 2,8; Ps 106,4
G3415
μνή- (famille de « mémoire » : μνήμη, μνημόσυνον, etc.)
mim-NÈS-ko-maï (approx.)
mimnēskomai
Dans Lc 23,42, l’indice décisif est la tournure adressée à Jésus comme à un roi (« quand tu viendras dans ton royaume ») : « souviens-toi de moi » fonctionne comme une requête de faveur royale, pas comme un simple rappel mental. Option A : « se rappeler / garder en mémoire » (sens relationnel : ne pas oublier quelqu’un). Option B : « mentionner favorablement / faire mémoire devant Dieu » (langage de prière). Le contexte (demande au Roi, promesse immédiate « avec moi », entrée dans le royaume) fait préférer l’option B : une demande d’être retenu dans la faveur du Roi, à la manière des prières des Psaumes.
- Lc 23,42 — « Souviens-toi de moi » : requête de grâce adressée au Roi messianique ; la “mémoire” demandée est une mémoire favorable (être retenu, compté) au moment du royaume. - (Psaumes, usage proche) — « Souviens-toi de moi » : formule de prière, non une demande d’information, mais une demande d’intervention/faveur liée à l’alliance.
Registre relationnel et royal : un condamné s’adresse à Jésus comme au Roi qui va “venir dans son royaume”, et lui demande une mémoire favorable. Le mot active l’univers des requêtes de grâce (être “compté”, “retenu”, “considéré”) plutôt que celui d’un souvenir psychologique.